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Accueil > Éditos de bulletins > 2014 > février > 3

Face aux vents mauvais

De drôles d’effluves empuantissent l’Europe. Nous avons pu le constater en France la semaine dernière avec la rumeur selon laquelle une prétendue « théorie du genre » serait enseignée dans les écoles. Les abrutis qui en sont à l’origine, proches de l’extrême droite, n’ont pas hésité à inonder des parents d’élèves, via SMS et réseaux sociaux, d’affirmations aussi mensongères qu’absurdes expliquant par exemple que les enseignants apprenaient aux petits garçons à devenir des filles. Ils invitaient alors les parents à retirer leurs enfants de l’école un jour par mois.

Désinformation, propagation de la haine et inepties d’un autre temps.

Obscurantistes issus de groupuscules d’extrême droite, catholiques intégristes, partisans de Dieudonné, d’Alain Soral ou de Le Pen, nostalgiques des manifestations contre le mariage pour tous, ils s’étaient donné rendez-vous pour manifester ces deux derniers dimanches, à Paris et à Lyon. Leurs slogans les plus rétrogrades sur l’éducation, le mariage ou la famille côtoyaient un florilège de propos antisémites, racistes ou homophobes.

Une partie des initiateurs tentent de se présenter comme la seule opposition à François Hollande dont ils réclament la démission. Comme si le problème qu’on a avec la politique de Hollande ce n’était pas les licenciements, l’austérité, les milliards accordés aux patrons, y compris en dispensant ceux-ci de verser leur part de cotisation aux allocations familiales.

Mais nos prétendus « défenseurs de la famille » se moquent de la baisse du niveau de vie des familles ouvrières et de la flambée du chômage. Leurs rassemblements n’ont pour objectif que d’opposer une communauté à une autre, de désigner des boucs émissaires pour tenter de diviser les travailleurs entre eux.

A l’heure où la priorité serait de s’unir contre l’offensive du patronat et du gouvernement qui nous font les poches, ces défilés des pires préjugés sont un poison.

Succès des manifestations pour le droit à l’avortement, en Espagne comme en France

Heureusement, les réactions contre cette vague obscurantiste ne se font pas attendre. Elles étaient au rendez-vous samedi dernier de l’autre côté des Pyrénées. Le gouvernement espagnol vient en effet d’adopter un projet de loi visant à supprimer le droit à l’avortement. C’est le même gouvernement qui impose une austérité draconienne à la population. Alors, à Madrid, des milliers de femmes et d’hommes se sont rassemblés pour dire leur refus de cette attaque, digne de la dictature franquiste, contre le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur vie.

Des manifestations de soutien aux protestataires espagnols ont également eu lieu en Angleterre et en France. 40 000 personnes ont battu le pavé dans une trentaine de villes françaises pour affirmer leur attachement à cette liberté fondamentale. D’autant plus que si, en France, le droit à l’avortement n’est pas menacé dans les textes, il l’est dans la pratique : 130 centres d’IVG ont été fermés depuis une dizaine d’années et les Plannings Familiaux, qui assistent des milliers de femmes chaque année dans leurs démarches pour avorter, reçoivent de moins en moins de subventions. Ce combat, qui rejoint la lutte contre le démantèlement des hôpitaux, reste donc à mener !

Oui, il s’agit de se mobiliser collectivement contre tous les obscurantismes.
Il est de notre intérêt à nous, travailleurs, de défendre une conception de la société fondée sur la liberté et la dignité de toutes et tous. Contre les réactionnaires de tout poil.

C’est de notre avenir qu’il s’agit.

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