Hollande et Gattaz, unis pour la vie
27 janvier 2014 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Avec « le pacte de responsabilité », voilà Hollande qui assume complètement sa relation avec le patronat et affiche sa fidélité.
Une relation qui ne date pas d’hier : 20 milliards d’euros de « Crédit d’impôt-compétitivité-emploi » en guise de cadeaux de fiançailles. Pour mieux consommer le mariage, le président de la République entend remplacer cette mesure par la suppression des 35 milliards d’euros de cotisations familiales d’ici 2017, jusqu’ici financées par le patronat. Soit 15 milliards d’euros supplémentaires dans la poche des patrons.
Dans l’immédiat, Hollande prétend que les allocations familiales seront prises en charge par l’État. Mais une fois le patronat exonéré de ces charges, qu’est ce qui empêchera Hollande de prétexter, comme pour le chômage et les retraites, que les caisses sont vides pour purement et simplement réduire les allocations ?
Au bon peuple de payer l’offrande
Comment financer cette politique ? En faisant de nouvelles coupes budgétaires ! Hollande a annoncé 50 milliards d’économies d’ici 2017.
Premiers dans le viseur, les hôpitaux publics, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales.
Côté santé : parmi les pistes du gouvernement, le déremboursement de nouveaux médicaments et soins, l’augmentation de sorties d’hôpitaux le jour même de la pratique de l’acte chirurgical, comme la poursuite des suppressions de postes.
Côté budgets régionaux et locaux : les associations, déjà prises à la gorge, qui jouent pourtant un rôle essentiel dans la solidarité sociale et les activités culturelles, risquent de voir purement et simplement la fin des subventions.
Et tout ce que les services publics ou les associations ne pourront plus assurer, ce sera aux travailleurs de le financer en passant par des entreprises privées ou des mutuelles. De quoi appauvrir encore plus la majorité de la population.
Hollande, reprenant la même démagogie mensongère que Sarkozy, y est même allé de son couplet sur les « abus » du système de protection sociale. C’est oublier un peu vite que la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés et qu’une bonne partie des plus pauvres ne touchent pas ce qui leur est dû, tellement les démarches pour faire valoir ses droits sont compliquées. Car là encore, le « choc de simplification » dont se vante Hollande, c’est pour les patrons, pas pour les exploités, pas pour les licenciés. L’assistanat en grand, et la facilité des démarches, c’est pour les barons du CAC 40.
Le patronat en redemande
Le patronat ne tarit ainsi pas d’éloges sur ce pacte de responsabilité. Hollande voudrait que le patronat s’engage, en échange, à créer un million d’emplois. Mais le président du Medef, Pierre Gattaz, annonce qu’il ne promet rien afin d’éviter que « ce pacte ne se transforme en contrainte ». Aux patrons l’assistance et la liberté de licencier. Aux travailleurs les contraintes, les bas salaires et le chômage : « Ne le répétez pas, mais le président Hollande est à la solde du Medef » a confié à la presse un des responsables du Medef qui a ajouté : :il « est beaucoup plus facile de réformer sous un gouvernement de gauche que sous un gouvernement de droite, il y a moins de freins. »
En effet, d’autant que les directions des centrales syndicales préfèrent s’empêtrer dans le prétendu « dialogue social » qu’organiser une réelle mobilisation des travailleurs.
A quand la riposte ?
En tout cas, si les vœux de Hollande ont réjoui le patronat, ils n’ont rencontré que l’écœurement de l’opinion ouvrière. Reste à passer aux actes. Hollande et Gattaz nous cherchent ? Il faudra bien qu’ils nous trouvent.

