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Guadeloupe : cinquième jour de grève illimitée

19 novembre 2021 Article Politique

À l’appel d’un collectif d’organisations syndicales et citoyennes, la Guadeloupe entame aujourd’hui son cinquième jour de grève illimitée contre l’obligation vaccinale et le passe sanitaire. Une mobilisation, qui concerne aussi la Martinique, et qui touche en priorité les soignants et les pompiers, mais aussi les enseignants, les pompistes, les salariés de l’hôtellerie et de la restauration, les territoriaux, etc. Elle ne se résume pas à une question de santé publique car, en réalité, c’est tout un ensemble de problèmes sociaux et économiques qui secouent l’île.

Le scandale du chlordécone

« Dans ce quartier, il n’y a pas d’électricité ni d’éclairage public depuis six mois. Depuis des années, il y a des coupures d’eau pendant parfois une semaine. Il y a aussi le problème du ramassage des ordures : les gens vivent dans la saleté », dénonce un habitant d’un quartier populaire de Pointe-à-Pitre interviewé par France Info. À cela s’ajoute un taux de chômage deux fois plus élevé qu’en métropole, une misère généralisée et une méfiance à l’égard de l’État qui, pendant des décennies, a nié la toxicité du chlordécone, un pesticide ultra-toxique utilisé dans les bananeraies jusqu’en 1993 alors qu’il avait été classé « cancérigène possible » par l’Organisation mondiale de la santé dès 1979. Aujourd’hui ce produit empoisonne les sols et on en trouve des traces dans le sang de plus de 90 % de la population, que l’État refuse d’indemniser. On comprend dans ces conditions que cette dernière se méfie des bienfaits de la politique sanitaire mise en place par les pouvoirs publics.

Bien sûr, comme partout, fleurissent les théories complotistes, les fake news et le recours aux médecines douces ou traditionnelles. Autant de choses qu’il faut dénoncer, mais qui sont bien insuffisantes pour expliquer la méfiance, voire l’hostilité ouverte d’une partie notable de la population antillaise à l’égard des Macron, Véran, Darmanin et de leurs représentants locaux.

Le soutien des révolutionnaires à la grève

Voici ce qu’écrivent sur place dans leur journal les révolutionnaires antillais du groupe Combat ouvrier :

« En dépit du fait que nous sommes favorables au vaccin nous refusons l’obligation vaccinale et le passe sanitaire assortis de sanctions. Nous dénonçons la loi du 5 août 2021 [1] car il s’agit d’une loi anti-ouvrière qui n’a absolument rien à voir avec la santé publique mais qui est une mesure de mise au pas des travailleurs à qui l’on veut faire baisser la tête et reprendre le travail la matraque et le fusil dans le dos. Si le gouvernement et l’administration locale poursuivent cette politique, ils trouveront en face d’eux… des travailleurs prêts à répondre coup pour coup aux attaques des gendarmes. Une telle situation n’est pas sans rappeler les pires méthodes colonialistes.

Combat ouvrier apporte son soutien à tous les grévistes et les encourage à poursuivre la lutte jusqu’à la victoire… Il exige l’arrêt immédiat des poursuites contre tous les militants syndicalistes, exige le droit pour tous les travailleurs, passe sanitaire ou pas, quel que soit le lieu de travail, d’avoir accès librement à leurs locaux professionnels, exige qu’aucun salaire ne soit suspendu, appelle à la solidarité active de l’ensemble des travailleurs des Antilles-Guyane, appelle à un grand mouvement d’ensemble de tous les travailleurs des Antilles-Guyane contre la politique anti-ouvrière et colonialiste du gouvernement Macron et de ses représentants locaux. »

Solidarité avec les travailleurs antillais !

 

Jean Liévin


[1qui prévoit l’extension du passe sanitaire et vaccination obligatoire pour les soignants.

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