Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 73, janvier-février 2011 > DOSSIER : L’Europe de la crise : Mêmes attaques, mêmes colères

DOSSIER : L’Europe de la crise : Mêmes attaques, mêmes colères

Grèce : Grèves en 2010, annonce de grèves pour 2011

Mis en ligne le 29 janvier 2011 Convergences Monde

La semaine du 13 au 20 décembre a été marquée par une succession de journées de grève, à l’appel des syndicats du privé (GSEE) et du public (ADEDY), contre l’avalanche de mesures qui devraient être appliquées dès le mois de février 2011. Prétendument nécessaires pour que la Grèce reçoive en mars la quatrième tranche des 110 milliards d’euros prêtés par le FMI à des taux de 5,5 %. L’année 2010 finissait comme elle avait commencé, par de nouvelles attaques contre les salaires, les retraites, l’emploi. Symbole de la ruine de la ruine : l’Acropole étant souvent sans surveillance, certains s’accaparent des morceaux de marbre du Parthénon !

Des salariés appauvris

En 2010, les mesures d’austérité avaient déjà considérablement appauvri le monde du travail. Entre les coupes salariales, la suppression de primes, la hausse de la TVA, les salaires ont brutalement chuté. La perte annuelle de revenus pour un couple de fonctionnaires est estimée à 11 000 euros (20 %), pour un couple d’ouvriers dans le privé à 5 %. Officiellement, le taux de chômage atteint 12 %, soit 4 points de plus qu’il y a un an. Mais dans les anciennes régions industrialisées du nord, il est beaucoup plus important. Il atteint 25 % à Thessalonique, la deuxième ville du pays et entre 30 et 50 % dans certaines villes comme Kozani, Kastoria, Serrès ou Naoussa. Le nouveau plan d’austérité devrait s’abattre par là-dessus.

Des petits commerçants ruinés

Pour maintenir la consommation face à l’appauvrissement de la population, le ministre du développement, Michalis Chryssohoidis, a aidé les grandes entreprises en leur permettant de baisser le prix de près de 700 produits. La chose est bien plus difficile pour les petits commerçants. Plus de 400 petits magasins ferment chaque mois dans le pays. Mais de grandes enseignes mettent également la clé sous la porte, comme la FNAC pourtant fraîchement installée en Grèce, ou la chaîne de supermarchés Aldi, avec 700 travailleuses et travailleurs à la rue.

Des syndicats pas à la hauteur

Face à la brutalité des répercussions, les directions syndicales ont appelé en 2010 à des journées de grève. Sept journées au total, mais des appels sans autre perspective, bref des lâchers de vapeur jouant sur l’essoufflement du mouvement. Pas question pour les directions syndicales du public et du privé d’aller vers une accélération des rythmes de mobilisation afin que la colère des travailleurs grecs débouche sur une riposte générale de tous les secteurs. Les revendications également sont restées floues et molles. Pas question de retrait de toutes les mesures d’austérité entamées depuis plus d’un an.

Stathis Anestis, secrétaire général adjoint du principal syndicat du pays, la GSEE du privé, commentait ainsi le mouvement de décembre : « Il y a une forte participation à cette grève. Je pense que cela va faire pression sur le gouvernement » (…) « Nous voulons que le gouvernement retire la dernière loi sur le travail, qui va nuire aux droits des travailleurs ». Illusoire pression sur le gouvernement du socialiste Papandréou. Par ailleurs, en geste de « bonne volonté » vis-à-vis des petits commerçants en difficulté, les syndicats ont reporté la grève du 24 décembre… mais c’était davantage un geste en faveur des grandes surfaces qui réalisent à cette date une grande partie de leurs bénéfices. Quant au troisième syndicat le plus important et le plus radical en paroles, PAME, très lié au parti communiste grec KKE, il n’organise que ses propres manifestations et refuse toute mobilisation commune avec les autres confédérations.

Le malaise est pourtant profond. Même les pharmaciens (dont le secteur sera « libéralisé » et ouvert à la concurrence sous pression du FMI) ont annoncé des grèves illimitées pour janvier. Idem et pour les mêmes raisons pour les routiers, mais aussi… les avocats et les notaires !

Arthur KLEIN

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article