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En Italie

Contre le Covid et la Confindustria la mobilisation continue

26 mars 2020 Article Monde

Devant la gravité de l’épidémie, et surtout sous la pression des travailleurs, car les grèves continuaient malgré le protocole signé le 14 mars avec les confédérations syndicales (voir article précédent), le gouvernement a pris, le 22 mars, un décret ordonnant l’arrêt des activités jugées non indispensables.

La Confindustria (le Medef italien) a aussitôt réagi en demandant des dérogations concernant la liste des activités prévues par ce décret. « Si l’on ferme 70 % des activités, cela veut dire que nous perdons 150 milliards tous les mois » s’est lamenté Vincenzo Boccia, président de la Confindustria, en faisant mine d’oublier que le gouvernement s’est d’ores et déjà engagé à « aider les entreprises » en compensant une grande partie de ces pertes.

Au final, bien des activités absolument non « essentielles », comme les call-centers, le BTP et de nombreuses entreprises industrielles ne sont pas concernées par le décret. « Cela n’a pas été un ajustement mais un bouleversement » a déclaré Landini, secrétaire générale de la CGIL.

Mais encore une fois, la réaction des syndicats confédérés : CGIL, CISL et UIL a été des plus timorée, bien en deçà de la combativité manifestée par beaucoup de leurs adhérents dans les entreprises. Ils se sont contentés de demander une réunion d’urgence avec le gouvernement, en le menaçant d’une grève, le 29 mars s’ils n’avaient pas satisfaction.

Mercredi 25 mars, des syndicats « de base », dont le plus important l’USB, ont appelé à une grève générale. Tandis que la CGIL, la CISL et l’UIL appelaient les métallurgistes à faire grève ce même jour en Lombardie et dans le Lazio (régions de Milan et de Rome). D’autres secteurs d’activité étaient également dans la grève, comme les pompistes qui ont fermé les stations services sur les autoroutes.

TÉMOIGNAGE de Massimo, délégué FIOM chez Piaggio à Pontedera, près de Pise (2500 salariés, dont 1600 à la production), à propos de la fermeture de cette entreprise, le 22 mars, suite au décret, et après plus d’une semaine de grève :

« Ce nest pas une victoire, il y a déjà eu trop de morts, la peur demeure, et beaucoup d’autres seront encore contraints de travailler. Mais pour nous, la nouvelle de la fermeture de la production a supprimé un peu de la tension accumulée ces derniers jours. Cela ne nous était jamais arrivé de déclencher une grève sans pouvoir se parler et se regarder dans les yeux, sans faire une assemblée, former un cortège, avoir un lieu pour se retrouver, devant les grilles ou à la cantine. Parce que nous, travailleurs, connaissons bien la valeur physique des idées, nous n’avons jamais connu le travail à domicile, le télétravail. Cette nouvelle de la fermeture de l’entreprise a aussi diminué notre colère envers tous ceux qui ont démontré, plus que jamais, leur ignoble et inutile servilisme.

Ces derniers jours nous ont enseigné combien est importante notre unité de travailleurs. »

Thierry FLAMAND


Un système de santé délabré

Le problème n’est pas seulement de ne pas « attraper » le coronavirus. C’est aussi de ne pas en mourir. On pouvait lire dans un rapport parlementaire sur « l’état de la santé en Italie », daté du 2 décembre 2019 : « Ces dernières années on a assisté, en relation avec les politiques de consolidation budgétaire, à un désinvestissement significatif dans la santé publique qui s’est manifesté par des carences, surtout sur la dotation en personnel. »

De fait, au cours des dix dernières années, en Italie, le budget de la santé a subi une perte de 37 milliards d’euros, et environ 70 000 lits d’hôpitaux ont été supprimés.

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