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Éditorial de Speak Out Now, 20 avril 2021

Un verdict qui ne rend pas justice à George Floyd !

22 avril 2021 Article Monde

Le 20 avril, un jury de Minneapolis a rendu son verdict dans le procès de Derek Chauvin, le policier qui a assassiné George Floyd en s’agenouillant sur son cou pendant neuf minutes et vingt-neuf secondes. Le jury a déclaré Chauvin coupable des trois chefs d’accusation : meurtre, homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort.

Un verdict… sous la pression populaire

Le soulagement ressenti par des millions de personnes dans tout le pays ne justifie en rien ce système où la justice n’en a que le nom. Le verdict véritable a été posé par les dizaines de millions de personnes qui ont manifesté. Leur indignation contre ce meurtre raciste a été portée dans la salle d’audience par un jury de douze personnes.

Le fait d’avoir pu mettre en cause la culpabilité de ce policier en dit long. Combien de fois les vidéos du meurtre de Floyd ont-elles été visionnées ? Combien de fois le jury et ceux qui ont regardé le procès à la télévision les ont-ils regardées et ont-ils écouté les détails horribles de ce meurtre brutal ? Il n’y avait aucun doute à avoir.

Le procès était une réponse à la colère. Le procureur du comté avait monté le faible dossier habituel contre un policier tueur, avant que le procureur général du Minnesota, Keith Ellison, prenne rapidement le relais. Impossible de se permettre le procès fantoche habituellement destiné aux flics. Les enjeux étaient bien trop importants.

La justice véritable se trouvera ailleurs que dans les cours de justice américaines !

Mais pas question d’assimiler ce qui s’est passé dans cette salle d’audience avec de la justice. Ce n’en était pas ! Certes, pour la famille de George Floyd et pour des millions d’autres personnes, en particulier les Noirs, la condamnation de Chauvin revient à reconnaître clairement que George Floyd est un être humain. Et que les vies noires comptent vraiment (Black lives DO matter). Mais la réalité de ce pays ne reflète pas cela.

Depuis la mort de Floyd, en mai 2020, trois Américains par jour, en moyenne, ont été tués par la police ! Ces meurtres policiers ont lieu en grande partie dans les quartiers pauvres et affectent de manière disproportionnée des personnes de couleur, et surtout des Afro-Américains. Rien que pendant le procès, Daunte Wright, un homme noir de vingt ans a été abattu par un policier à Brooklyn City, Minnesota, à vingt kilomètres du procès de Derek Chauvin. Adam Toledo, un jeune Latino de treize ans, a été abattu, les mains en l’air, par un policier à Chicago. Quelques minutes avant le verdict de Chauvin, Makiyah Bryant, une jeune fille noire de quinze ans, a été abattue de quatre balles par un policier appelé pour régler une altercation.

Cela se répète année après année – l’an dernier 1 127 morts, et plus de 1 000 chaque année depuis 2013. Parmi les personnes tuées, près d’un quart sont des Noirs, alors qu’ils ne représentent que 13 % de la population et qu’ils sont plus fréquemment désarmés que les Blancs lorsqu’ils sont tués.

Les fondements de la terreur policière

Le meurtre de George Floyd par Chauvin s’inscrit dans ce schéma de terreur policière. Depuis ses origines, en tant que force de frappe dans le Sud pour capturer les esclaves fugitifs ou pour discipliner et brutaliser les esclaves salariés travaillant dans les usines du Nord, les forces de police ont servi et protégé les intérêts, la propriété et la cupidité organisée de ceux qui détiennent la richesse et le pouvoir. La police est l’exécutrice d’un ordre de classe, les riches contre le reste d’entre nous. Et cette violence a été dirigée contre les membres les plus pauvres de la société – particulièrement les Noirs et les autres minorités.

Ce verdict ne représente pas la justice. La condamnation d’un monstre comme Chauvin ne changera pas le rôle de la police. De petits changements peuvent se produire : certains services de police s’attacheront à collaborer avec des travailleurs sociaux et pourront même prendre des mesures disciplinaires ou renvoyer les policiers qui pratiqueraient leur propre « justice de rue ».

Mais cette violence ne prendra fin que lorsque chaque personne sera considérée comme un être humain, comme un membre de la société à part entière. Cela nécessitera un ordre social totalement différent, où il n’y aura pas de classe de propriétaires ni de dirigeants, dans laquelle tout le monde travaillera et sera responsable du fonctionnement de la collectivité – une société socialiste.

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