Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 33, mai-juin 2004 > DOSSIER : Elargissement à 25, nouvelle constitution : l’Union européenne, (...)

DOSSIER : Elargissement à 25, nouvelle constitution : l’Union européenne, une menace pour les travailleurs ?

Un capitalisme européen... ou mondial ?

Mis en ligne le 14 mai 2004 Convergences Monde

A première vue il semble que la mise en place du marché commun, l’unification monétaire, le développement d’institutions européennes, reflètent un phénomène d’intégration des différents capitalismes nationaux européens.

Pourtant on est loin d’une véritable osmose des groupes capitalistes nationaux. Certes, quelques fusions ou rachats entre groupes européens ont marqué l’actualité des dernières années. Ainsi sont nés le géant anglo-allemand des télécommunications Vodafone-Mannesmann ou encore EADS (European Aeronautic Defence and Space), le constructeur aéronautique et spatial européen, issu de la fusion du Français Aérospatiale-Matra, de l’Allemand Dasa (Daimler Chrysler Aerospace) et de l’Espagnol Casa. On pourrait encore citer Aventis dans la pharmacie (fusion du Français Rhône-Poulenc et de l’Allemand Hoechst) ou le sidérurgiste Arcelor (qui regroupe le Français Usinor, l’Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed).

Mais ces quelques exemples sont contrebalancés par d’autres rachats et fusions qui ne vont en rien dans le sens d’une concentration du capitalisme au sein de l’Europe : Renault a choisi le Japonais Nissan pour partenaire, l’Allemand Daimler s’est marié avec l’Américain Chrysler, Deutsche Bank a épousé aux Etats-Unis Bankers Trust, British Pétroleum a fait de même avec Amoco,.

Pourquoi les firmes européennes ne sont elles donc pas systématiquement enclines à se regrouper dans le cadre créé par l’union économique et monétaire ? L’action antitrust des autorités de Bruxelles n’y est en fait pas pour grand’chose : le magazine l’Expansion a comptabilisé en 2002 que la commission européenne n’avait empêché qu’une fusion sur cent au cours de la décennie écoulée !

Au sein de la vieille nation...ou hors d’Europe

En fait, le premier réflexe des entreprises semble être de poursuivre leur concentration au niveau national. C’est ainsi qu’en France cette concentration a progressé dans la banque (BNP-Paribas), la distribution (Carrefour-Promodes) ou le pétrole (absorption d’Elf par Total). Tout récemment encore, le gouvernement a fait des pieds et des mains pour qu’Aventis accepte de se fondre dans Sanofi-Synthélabo afin de former un « champion national » de la pharmacie (et du profit ?).

Et quand elles cherchent des partenaires à l’extérieur, les grandes entreprises vont fréquemment les chercher hors des frontières européennes. L’exemple de l’armement est caractéristique : British Aerospace ayant refusé de s’associer avec les autres grands groupes européens au profit d’une alliance nationale avec Marconi, le Français Thomson est allé faire des missiles avec l’Américain Raytheon. Là, bénéficier de l’avance technologique américaine a semblé encore le meilleur moyen d’affronter la concurrence européenne !

Rien d’étonnant dès lors à ce que les chiffres globaux n’indiquent pas de mouvement très marquant de fusion du capitalisme européen. Certes dans les différents pays d’Europe, les capitaux étrangers européens représentent presque les deux tiers des capitaux étrangers présents, ce qui n’a rien de négligeable mais cette part tendrait à stagner voire à décliner ! Le grand boom mondial des fusions acquisitions des années 90 n’a pas changé la donne : les entreprises européennes réalisaient plus de 21% de leurs fusions-acquisitions avec des partenaires européens en 1990, et seulement 17% à la fin de la décennie !

Et l’existence d’institutions communes ne semble pas suffire à inverser radicalement la tendance. Douze ans de négociations laborieuses pour élaborer une législation européenne commune sur les OPA (Offres Publiques d’Achat, qui sont le principal moyen de regroupement entre trusts) ont débouché sur un échec pur et simple et l’abandon des négociations en juillet 2001...

J.F.

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article