Socialisme ou barbarie
13 septembre 2004 Éditorial des bulletins L’Étincelle
C’était la commémoration des attentats du 11 septembre qui, il y a 3 ans, ont fait 2749 morts aux Etats-Unis. Des attentats fous, dont les victimes étaient des salariés travaillant dans les tours du World Trade Center de New York, des pompiers, les passagers des avions détournés, des passants. Tout comme dans le métro de Madrid, où les terroristes ont pris pour cible des centaines de voyageurs, qui n’avaient rien à voir avec l’engagement du gouvernement espagnol en Irak. Tout comme en Ossétie du Nord tout récemment, où les centaines d’enfants et adultes de l’école de Beslan n’avaient pas non plus à voir avec la politique du gouvernement russe. Mais chaque fois, les terroristes ont fauché parmi la population civile.
Face à cette contagion d’attentats meurtriers, les dirigeants des grandes puissances prétendent rétablir la sécurité dans leur pays par la « guerre au terrorisme ». Les bombardements puis l’occupation de l’Afghanistan avec la participation de l’armée française ont immédiatement montré à quoi ressemblait leur « nouveau type de guerre » : une calamité contre des peuples de pays misérables, contre les populations civiles aussi aveuglément touchées que par les bombes des terroristes. En Irak, l’engrenage est sanglant. Entre attentats et prises d’otages qui se multiplient, les troupes d’occupation ne contrôlent plus rien. Saddam Hussein était certainement un dictateur, avec qui, ne l’oublions pas, les dirigeants américains avaient manigancé pour faire la guerre à l’Iran, les dirigeants français pactisé pour les bonnes affaires de leurs trusts. Mais la guerre dirigée par Bush n’a pas « pacifié » ni « démocratisé » le pays. C’est toujours la dictature, plus le chaos. Les événements de ce dernier week-end confirment que les Etats-Unis et leurs alliés sont engagés dans l’escalade d’une vraie guerre, faite de massacres, tortures et bombardements. Avec, en boomerang, les victimes dans les rangs des occupants. Le cap des mille morts américains vient d’être franchi. Et combien de centaines de morts, parmi les troupes italiennes, anglaises, polonaises ?
De fait, la prétendue croisade contre le terrorisme vient justifier les guerres de Bush, Poutine et Sharon, en particulier. Absous de la sorte, les rasages de villages palestiniens au bulldozer. Absous, les massacres en Tchétchénie. Sharon lance à Poutine, sans vergogne, un vibrant « il est temps pour le monde libre de s’unir », et les deux larrons de faire ainsi bloc pour opprimer les peuples qu’ils privent précisément de tous droits et de toute liberté ! La menace des attentats sert à tous à durcir leurs régimes, faire taire les revendications populaires sous prétexte d’union nationale face à la menace extérieure. Aux Etats-Unis, un Patriot Act, promulgué après le 11 septembre 2001, autorise l’Etat a arrêter une personne sans qu’elle puisse avoir accès à un avocat ni à sa famille, et cela pour une durée illimitée.
Les résultats de cette politique ? Toujours plus de guerre, de misère, de désespoir qui nourrit les « vocations » terroristes. Après le sérieux coup de pouce des grands de ce monde ! Rappelons qu’Oussama Ben Laden, riche héritier saoudien, est un ex-agent de la CIA, responsable du recrutement et de la répartition de l’aide américaine aux groupes islamistes intervenant en Afghanistan contre les troupes russes. Des liens financiers existent entre les Ben Laden et les Bush. Exciter et surtout financer l’intégrisme religieux n’a pas posé de cas de conscience aux dirigeants américains. Jusqu’à ce que la nébuleuse terroriste se retourne contre ses commanditaires.
Les responsables sont en premier lieu les dirigeants des grandes puissances. Ceux qui allument et entretiennent les foyers de guerres, aux quatre coins du globe, pour y maintenir leur contrôle et leur exploitation des matières premières comme de la main-d’œuvre.
L’impérialisme, c’est le chômage, la misère et les guerres. Pour sûr que la révolution nous coûterait moins cher.


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