Services publics : une attaque en règle contre l’ensemble de la population
22 novembre 2004 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Après la Santé, la SNCF, La Poste, c’est l’Education Nationale qui est sur la sellette. Jeudi dernier à « 100 minutes pour convaincre », François Fillon, le ministre de l’Education Nationale, a transformé l’émission en « 100 minutes de bla-bla », en évitant soigneusement de s’étendre sur toutes les attaques qu’il prépare contre le service public d’éducation. Mais le peu qu’il a laissé échapper devrait tous nous alerter.
D’abord le ministre ment. Sur le remplacement des professeurs malades, par exemple. Il s’adresse à tous les parents d’élèves et fait de la démagogie en prétendant résoudre le problème en imposant deux heures supplémentaires aux professeurs pour remplacer leurs collègues. Il oublie de préciser que pour faire des économies, l’Education Nationale a fait disparaître le corps des professeurs remplaçants, en les affectant à l’année sur des postes fixes. Pas question d’embaucher des professeurs ni de rétablir les remplaçants, mais de deux heures supplémentaires obligatoires qui seront de toute façon bien incapables, sur un collège ou un lycée, de remplacer un professeur à temps plein malade, sauf si l’on impose au prof de maths ou de physique de remplacer le prof de français, d’histoire et géographie, de musique ou de gym… ou réciproquement. Bref, à ne pas remplacer les profs absents, mais à faire de la garderie.
Le reste est du même acabit. Ainsi le ministre nous vante le cœur sur la main son « socle de connaissances minimum ». Mais qu’est ce que cela veut dire, sinon pour les gosses des quartiers jugés « difficiles » (c’est à dire les quartiers populaires) un Smic culturel au rabais, tandis que les autres continueront comme par le passé à étudier à fond l’ensemble des matières ? Et que penser de son projet d’orientation précoce dès la classe de 5e et celui de doubler le nombre d’apprentis ? On voit bien où le gouvernement veut en venir : fournir au patronat une main d’œuvre malléable et corvéable, payée au lance pierre !
La dégradation de l’Education Nationale n’est évidemment pas la seule. Il y a dans tous les secteurs une offensive générale contre les services publics.
Dans les hôpitaux, le plan « hôpital 2007 » ne prévoit rien pour compenser le manque criant de personnel, par contre il cherche à rentabiliser l’hôpital public pour mieux céder ensuite les parties les plus lucratives au secteur privé. A la Poste, la fermeture programmée de 6000 bureaux est une attaque sans précédent qui touche aussi les quartiers des grandes villes et les banlieues avec les réductions d’effectifs et d’horaires. A EDF/GDF, avec la privatisation, c’est la logique de rentabilité qui va primer avant tout, notamment contre les plus pauvres. Même politique de rentabilité dans les transports publics.
Tout cela répond à une logique : enrichir une première fois les capitalistes à coup d’exonérations fiscales qu’il faut bien compenser par une réduction drastique des dépenses publiques, en finançant au minimum les services utiles à la population. Enrichir les capitalistes une deuxième fois en leur cédant les secteurs les plus rentables.
A quoi servent tous ces cadeaux faits au patronat ? A créer des emplois ? A stopper les licenciements ? Bien sûr que non : les licenciements continuent par dizaines de milliers !
Aujourd’hui le gouvernement cherche à diviser les travailleurs du public et du privé. Il cherche à discréditer les travailleurs du public en les faisant passer pour des privilégiés. Mais les vrais privilégiés, ce sont ceux qui licencient pour le compte des actionnaires. Ce sont eux qu’il faudrait mettre hors d’état de nuire.
Nous avons intérêt à ne pas nous laisser diviser par la démagogie du gouvernement. Pour les salaires, pour l’emploi et pour des services publics de qualité, défendons tous ensemble nos intérêts communs face au patronat et au gouvernement !


Réactions à cet article
1. > Services publics : une attaque en règle contre l’ensemble de la population , 11 décembre 2004, 23:58
c’est pour quand la grève générale !!!
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