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Accueil > Éditos de bulletins > 2005 > janvier > 17

Les journées d’action doivent préparer le tous ensemble

Cette semaine est marquée par une succession de journées de grève.

Mardi ce sont les postiers contre la « loi postale » qui introduit l’ouverture à la concurrence et transforme La Poste en une banque comme les autres, susceptible de refuser des ouvertures de compte aux usagers des milieux populaires. En plus, avec la suppression de dizaines de milliers d’emplois au tri, à la distribution, aux guichets, la disparition de milliers de bureaux de poste est programmée. On en voit déjà les conséquences avec la réduction des heures d’ouverture ici, l’allongement des queues au guichet ailleurs et même la non distribution du courrier dans les quartiers « mis au frigo » (les plus démunis bien entendu).

Mercredi, ce sont les cheminots et les agents d’EDF-GDF. A la SNCF, 4 000 suppressions de postes sont programmées pour 2005, ce qui porte à 12 000 la réduction d’effectifs depuis septembre 2002. Les électriciens et les gaziers eux se mobilisent contre la mise en application de la privatisation et les 15 à 20 000 suppressions de postes que le plan prévoit pour 2007.

Jeudi, ce sont les fonctionnaires. Les négociations salariales avec le ministre de la fonction publique ont abouti à ... 1 % d’augmentation pour l’année 2005. Mais dans ce secteur aussi, les suppressions d’emplois sont légion. Rien que dans les collèges et lycées, la nouvelle carte scolaire prévoit la suppression d’environ 5 500 postes d’enseignants. Et ce n’est pas le secteur de la santé qui risque de remédier à cette hémorragie d’emplois. Le « plan hôpital 2007 » en programme la suppression de 80 000 dans les hôpitaux publics, alors que l’attente est toujours plus longue aux urgences ou pour obtenir une consultation.

Le gouvernement veut « rentabiliser » les services publics. Tant pis si continue la dégradation de tout ce qui est le plus utile à la population. Il s’attaque aux salariés du public en supprimant des emplois et en gelant les salaires. Tout comme les patrons du privé à qui en fait il donne l’exemple.

Public, privé, nous sommes donc bien tous dans la même galère. Alors que la charge de travail est toujours plus lourde et qu’il y a déjà des millions chômeurs, des dizaines de milliers d’emplois vont encore être supprimés. Alors que les bénéfices des sociétés et les profits boursiers sont au beau fixe, nos salaires restent bloqués et notre pouvoir d’achat diminue.

Car pendant ce temps les prix augmentent. Et là aussi le gouvernement montre l’exemple. Après les cotisations sociales, CSG et mutuelles complémentaires, voici venir les tarifs des services publics. Après une première hausse du gaz de 3,8 %, voici celles du timbre et des transports franciliens, qui devraient précéder de peu l’électricité et le téléphone.

« Travailler plus pour gagner plus » ose nous proposer Raffarin pour faire passer la loi qui donne la possibilité aux accords de branche ou d’entreprise de déroger au contingent légal d’heures supplémentaires. En fait il s’agit de permettre aux patrons de nous faire faire plus d’heures... tout en diminuant leur majoration ! Travailler plus, mais pour ne pas gagner plus... ou même moins. Le tout accompagné d’une nouvelle « réforme », dont Raffarin a le secret, qui vise à déréglementer les licenciements, c’est-à-dire les faciliter.

L’ensemble des syndicats prévoient de manifester le samedi 5 février pour protester contre ces projets scélérats et plus généralement sur les salaires et la défense de l’emploi.

En effet, pour la défense des emplois comme des services publics et pour l’augmentation des salaires nous tous, du public comme du privé, n’avons que trop de raisons de nous manifester chaque fois que nous en avons l’occasion. Il ne faut pas que le gouvernement et derrière lui le patronat puissent se sentir plus longtemps les coudées franches pour continuer leurs attaques. Même s’il est regrettable que les journées d’action syndicales annoncées pour ces 18, 19 et 20 janvier soient programmées secteur après secteur, nous avons tous intérêt à ce qu’elles aient la plus grande ampleur possible. La suite pour un vrai mouvement « tous ensemble », jusqu’à la grève générale, dépend de nous.

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