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Salaires : seize ouvriers d’ISS font plier PSA et leur patron !

2 février 2022 Article Entreprises

Lundi 24 janvier, les seize nettoyeurs de cabine du sous-traitant ISS au bâtiment Peinture à PSA Poissy (Yvelines) ont pu fêter leur victoire ! Après trois jours et demi de grève, ils ont gagné une augmentation générale de 100 euros (sur les 150 réclamés), un 13e mois pour tous, une prime de transport, une prime panier, les droits de prestation de la mutuelle (qui leur prélevait les cotisations en prétendant ensuite ne pas les connaître) ainsi que le remboursement des cotisations volées. La direction s’engage encore à respecter la loi quant à l’attribution des congés et « à ne pas faire de représailles sur les salariés grévistes ».

Vendredi 14 janvier, l’annonce par le directeur de l’agence ISS, que, sous prétexte d’une prétendue perte d’argent de l’entreprise en 2021, le 13e mois (que certains touchaient) serait menacé, a fait déborder le vase. À 17 heures 30, les ouvriers (avec leur chef !) ont voté la grève et défilé dans le bâtiment Peinture à la rencontre des ouvriers PSA et sous leurs encouragements, en équipes d’après-midi et de nuit.

Lundi 17, loin de rester dans leur bâtiment où aurait bien voulu les enfermer la direction de PSA, ils ont défilé plus d’une heure au Montage de la troisième équipe en criant « Des salaires bloqués on en a assez ! » et en brandissant des pancartes pour qu’un maximum d’ouvriers PSA les voient. Les seize ouvriers se sont constitués en comité des grévistes d’ISS, auquel ils ont tous participé, soutenus par la CGT PSA Poissy. Le même jour, soucieuse de briser la grève, la direction de PSA a voulu faire venir des ouvriers ISS de PSA Sochaux pour les remplacer. Ces derniers ont refusé et riposté par quatre heures de débrayage. Dans un tract, la CGT ISS de PSA Sochaux explique : « Nous, salariés ISS du site de Sochaux, qui sommes confrontés aux mêmes problèmes de salaires et qui faisons le même travail, avons décidé d’embrayer et de nous mettre en grève car nous avons conscience que c’est tous ensemble que nous sommes plus forts. » Il a même été question à Sochaux d’aller rencontrer les salariés ISS de PSA Mulhouse.

La menace de contagion aux ouvriers, aussi bien d’ISS que de PSA, a fait céder les directions concertées des deux entreprises mardi 18 au soir. Après avoir fait intervenir des huissiers (certains payés parfois près de 300 euros de l’heure) et des délégués syndicaux du nettoyage pour casser la grève, elles ont accepté de négocier et de satisfaire la plupart des revendications.

Malgré les menaces de fermeture de sites, de restructurations et suppressions d’emploi massives dans l’automobile, les luttes pour l’augmentation des salaires ou le paiement des primes se multiplient ces dernières semaines, chez les constructeurs et sous-traitants : à Renault Trucks (groupe Volvo), Plastic Omnium ou encore Renault Douai… Alors que les constructeurs affichent des bénéfices indécents (six milliards rien qu’au premier semestre 2021 pour PSA-Stellantis, onze milliards pour Volkswagen ; un retour à plusieurs centaines de millions pour Renault, qui affichait pourtant un déficit de plusieurs milliards au premier semestre 2020), les ouvriers de l’automobile et sous-traitants pourraient arracher leur dû, par la grève, en se concertant et en se coordonnant.

Lundi 31 janvier 2022, correspondants 

(Article de l’Anticapitaliste no 601)

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