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Reprise du travail et prêts garantis par l’État : Renault prépare le déconfinement de ses profits

28 avril 2020 Article Entreprises

Pour les patrons de l’automobile, le confinement a assez duré. Si les usines d’assemblage ont été arrêtées en mars, c’est plutôt par manque de pièces fabriquées en Chine que pour préserver la santé des ouvriers. Renault prépare donc le redémarrage partiel de deux usines (Flins et Sandouville) à partir du 29 avril, avant même le déconfinement prévu le 11 mai.

La reprise au mépris de la santé des salariés

L’objectif est de réenclencher la pompe à profits le plus tôt possible, en testant grandeur nature des procédures de travail soi-disant adaptées au risque sanitaire.

Des « gestes barrières » censés protéger les salariés, mais surtout faire peser sur chacun la responsabilité d’une contamination. Comme si la santé au travail était une affaire individuelle, alors que des milliers de personnes se croisent sur les sites !

La ficelle étant un peu grosse, il s’agit aussi de tester les réactions des travailleurs forcés de revenir au boulot. Et il y en aura, car nombreux trouvent aberrant de recommencer à produire des voitures, alors que cela risque de créer de nouveaux « clusters » de contamination sur les sites et dans les transports. Les patrons sont conscients de ces risques : Mediapart a révélé que Renault (comme d’autres industries) a constitué un stock de masques FFP2 pour la reprise – ces masques qui manquent cruellement dans les hôpitaux ou les Ehpad. De tels masques sont déjà distribués avec parcimonie dans les centres d’ingénierie et du tertiaire, qui ne se sont jamais arrêtés malgré le confinement : la plupart des salariés sont en télétravail mais plusieurs centaines (la plupart des sous-traitants plus précaires) doivent venir tous les jours. Sur le site de Lardy (Essonne) il leur a fallu se mobiliser (droit de retrait, lettre ouverte, pétition, rassemblement) pour obtenir des protections individuelles et réduire les effectifs de certains ateliers.

Le bras de fer a donc déjà commencé entre travailleurs et patrons de l’automobile. Et ces derniers ont trouvé l’appui de syndicats conciliants prêts à « sauver l’entreprise ».

Des milliards d’argent public pour la santé des grandes entreprises

Mais il n’y a pas que les salariés qui vont payer la note : lors de la présentation des résultats commerciaux du premier trimestre 2020, la direction a annoncé avoir « brûlé » 5,5 des 15,8 milliards d’euros de ses réserves de liquidités. Deux jours après, le ministre de l’économie Bruno Le Maire annonçait un prêt garanti par l’État à Renault d’un montant de... 5 milliards d’euros ! L’État au secours des grandes entreprises, rien de neuf depuis la crise de 2008. Renault avait eu droit à un prêt de 3 milliards d’euros en 2009. Au cours des dix années suivantes, l’entreprise a cumulé 21 milliards de bénéfices (dont un quart ont été versés en dividendes aux actionnaires), supprimé 8600 emplois en France (-20 % de l’effectif) et gelé les salaires. Socialiser les pertes et privatiser les profits : leur « monde d’après », on le connaît déjà !

Dès aujourd’hui, la défense de la santé des salariés, de leur emploi ou de leurs conditions de travail est à l’ordre du jour. Mais la volonté patronale de relancer à tout prix la machine à profits est un véritable plaidoyer contre le système capitaliste… et fait réfléchir à des alternatives : la nécessité d’un contrôle de la production par les travailleurs, pour décider collectivement de ce qu’il faut produire et comment, afin de répondre aux besoins de la population sans risquer sa vie au travail.

Correspondants

(Article du site du NPA)

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