Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 139, juin 2021

Dans l’ingénierie Renault, la mobilisation se déconfine

C’est la reprise ! Malgré un mois de confinement, de chômage partiel et de congés imposés, les salariés de l’ingénierie Renault ne lâchent pas l’affaire contre les suppressions de postes et le plan de la direction, qui prévoit d’externaliser de force un secteur de la maintenance, en « vendant » 27 salariés à un obscur prestataire spécialement destiné à ce genre de magouilles.

Jeudi 20 mai, 270 salariés se sont retrouvés sur le site de Lardy (Essonne), rejoints par 140 collègues branchés à distance pour suivre les prises de parole. Une délégation de l’usine Renault de Cléon était présente, ainsi que des élus locaux. Dans la foulée du débrayage, une centaine de grévistes a manifesté sur le site. D’autres débrayages ont eu lieu sur les sites d’Aubevoye, au Technocentre de Guyancourt et au Mans – une première pour cette usine qui comprend un secteur d’ingénierie.

Alors que Renault tente par tous les moyens de se débarrasser des salariés pour supprimer des postes, les salariés de la R&D ne comptent pas laisser « vendre » les collègues comme du bétail. D’autant que derrière cette « externalisation forcée » se cachent d’autres manœuvres pour remplir les objectifs du plan de départs « volontaires ». Dernière en date : la suppression de postes… sans solution alternative. La direction supprime ainsi 158 postes actuellement occupés, mais n’en propose que… 23 ! Une espèce de jeu de chaises musicales pour mettre en concurrence les salariés et les pousser au départ.

Quant à ceux de la maintenance qui seraient « vendus » de force, ils ont de quoi redouter les conditions de travail et de salaire chez P2M, le prestataire qui les embauchera. Un rapport d’expertise demandé par les syndicats et récemment publié a confirmé que l’externalisation était bien une manière de tailler dans les effectifs, et que les salariés concernés pourraient perdre jusqu’à 6 000 euros par an. Les « experts » remarquent également qu’il est probable que la direction applique dans d’autres secteurs cette technique de l’externalisation forcée.

De quoi motiver les salariés, bien au-delà du seul secteur de la maintenance. Car tout le monde sent que l’offensive patronale n’en est qu’à ses débuts. Alors il faut passer à la vitesse supérieure. Et faire converger la lutte dans l’ingénierie avec d’autres, comme celle des travailleurs des fonderies.

Ainsi, parmi les collègues décidés à faire durer la grève toute la journée, une dizaine s’est rendue en délégation à la plateforme logistique Renault Villeroy, dans l’Yonne, en soutien au blocage du site par les salariés des fonderies : ceux de MBF Aluminium, de la Fonderie de Bretagne à Caudan, des Fonderies du Poitou et d’autres établissements se sont retrouvés là pour montrer ensemble leur colère face à la direction de Renault, le constructeur et principal responsable, qui cherche à se débarrasser des fonderies et des salariés.

Alors que les fondeurs de Saint-Claude multiplient les actions médiatiques, ceux de la FDB en sont à leur quatrième semaine de grève contre le projet de vente de leur usine par Renault. Et ils déjà fait parler d’eux et prévoient de nouvelles initiatives. Côté ingénierie, d’autres actions communes avec les fonderies sont envisagées, alors qu’un nouveau CSE est prévu le 3 juin pour examiner le rapport d’expertise… et entériner malgré tout le projet de la direction ! Mais rien ne dit que les salariés vont en rester là.

Que ce soit dans les fonderies, dans l’ingénierie ou dans les usines, les attaques sur les emplois se multiplient. Mais les réactions aussi, et elles pourraient bien se coordonner pour construire une riposte à la hauteur des projets de casse sociale de la direction. À suivre !

Correspondants

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article