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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > mai > 16

Après le 49.3

Remballer la loi travail dépend toujours de nous !

Manuel Valls a finalement dégainé le 49.3 pour faire passer en force sa loi patronale. Lors du mauvais vaudeville parlementaire, la droite s’est trouvée gênée aux entournures d’être en accord avec le PS tout en feignant une bataille d’amendements sur une loi qu’ils rêvent en fait de voir appliquer. Les « frondeurs » de leur côté n’ont pas frondé longtemps puisqu’ils ne se sont pas trop décarcassés pour déposer une motion de censure et ont donc accordé leur confiance au gouvernement et à sa loi rétrograde.

L’eau bout à 100°, la France à 49,3

La réponse de la rue ne s’est pas faite attendre et c’est plusieurs centaines de jeunes qui se sont retrouvés dans les heures qui ont suivi l’annonce devant l’Assemblée nationale. Surtout, jeudi dernier, nous avons encore été des dizaines de milliers à nous retrouver dans la rue malgré un dispositif policier ahurissant et provocateur.

Car ce qu’une immense majorité de ce pays a compris, c’est qu’une telle loi c’est « marche ou crève » pour les salariés et « prends l’oseille et tire-toi » pour le patronat. D’un côté, il faudrait toujours plus se serrer la ceinture et y ajouter de nouveaux trous quand il n’y en a plus. De l’autre, c’est les Panama papers et les salaires indécents comme ceux récemment annoncés de deux patrons ; Carlos Ghosn, PDG de Renault Nissan qui gagne plus de 15 millions l’année passée après avoir imposé trois années de gel et stagnation des salaires et 7 500 suppressions de postes. Ou encore Alexandre de Juniac, PDG d’Air France : 5 500 suppressions de poste au compteur et un million d’euro dans son compte pour l’année 2015, en augmentation de 65 %… Ce racket en règle contre le monde du travail, tout un chacun le ressent au quotidien. C’est ce ras-le-bol qui s’exprime depuis plus de deux mois.

Faire sauter les verrous

Le 49.3 n’est pas un obstacle pour faire retirer la loi travail. Il y a dix ans, en 2006, nous avions déjà fait l’expérience d’une mobilisation qui avait fait reculer le gouvernement : la loi sur le ‘Contrat première embauche’ s’était fracassée sur un mouvement déterminé de la jeunesse suivie par les salariés, après avoir pourtant été adoptée.

Nous pouvons gagner

Car la démocratie véritable ne se joue pas sur le théâtre parlementaire, mais dans la rue, dans nos mobilisations, par notre détermination.

Pour cela, la semaine qui s’annonce est d’ailleurs grosse de danger pour le gouvernement et le patronat. Dès mardi, les routiers sont appelés à une grève reconductible et devraient être rejoints mercredi par les cheminots qui dans certaines gares annoncent déjà leur volonté de partir en grève reconductible. Même topo dans la pétrochimie.

La stratégie des centrales syndicales consistant à appeler à une succession de journées saute-mouton ne suffit pas à faire reculer le gouvernement. Que certains secteurs commencent à s’organiser pour mener une grève reconductible et s’adressent aux autres salariés pour qu’ils les rejoignent contre la loi travail et sur leurs propres revendications, voilà ce qui renforcerait considérablement notre mouvement et percuterait le gouvernement.

Tous ensemble

C’est en luttant tous ensemble, en joignant les mobilisations de tous les secteurs, du public et du privé, de la jeunesse et des travailleurs, que l’on pourra construire une force suffisante. C’est en nous organisant à la base et en nous coordonnant que nous pouvons gagner. Les étudiants qui ont cherché le contact avec les salariés ont ouvert une brèche. L’indispensable convergence des luttes est à notre portée.

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