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Archives > Éditos L’Étincelle > 2016 > juillet > 11

Jouons la prolongation des luttes

49-3, match retour ! Alors que nous manifestions une nouvelle fois mardi 5 juillet, le gouvernement est de nouveau passé en force à l’Assemblée nationale pour faire adopter la loi travail. Lors de la première utilisation du 49-3 pour faire passer la loi travail, les réactions avaient été nombreuses, tant l’hypocrisie de cette démocratie où la volonté du grand patronat est imposée envers et contre tout sautait aux yeux. Cette fois-ci, plus personne n’est surpris : oui, le gouvernement est totalement discrédité et minoritaire, c’est pour cela qu’il passe en force, qu’il s’en prend au droit de manifester.

Le patronat se frotte les mains. Déjà qu’il s’asseyait allègrement sur le Code du travail dans les entreprises, il espère maintenant avoir les mains encore plus libres pour faire sa loi. Sur le temps de travail, le salaire, les licenciements. Son offensive contre le monde du travail ne date pas de la loi travail, et il espère, avec elle, pouvoir l’intensifier. Comme à PSA Peugeot-Citroën, par exemple, où la direction impose un nouvel accord de compétitivité avec à la clé l’imposition de samedis travaillés et une plus grande modulation du temps de travail, ce qui a provoqué des débrayages, parmi les travailleurs. C’est sans compter sur nous. Car après ces quatre mois de mobilisation contre la loi travail nous avons plus qu’hier des atouts pour résister à cette offensive.

Quatre mois de mobilisations

En quatre mois, des centaines de milliers de travailleurs et de jeunes se sont mobilisés. Douze journées de grève et de manifestations se sont succédé sans que l’on sente la détermination faiblir. Les cheminots, les raffineurs, les routiers, des éboueurs, des dockers ont participé à des grèves reconductibles. Ceux qui participaient à ce mouvement ont pu constater que le reste des travailleurs les soutenaient, malgré tous les pièges tendus par le gouvernement pour faire taire la contestation : les inondations, l’Euro de football, l’instrumentalisation des « casseurs ».

Ce mouvement est une expérience importante pour ceux qui y ont participé. Les travailleurs ne se laissent pas intimider. Surtout, le mouvement a permis d’affermir les liens entre les travailleurs les plus combattifs.

C’est fort de ces acquis que cette combattivité doit continuer de s’exprimer les mois à venir : à partir de septembre, pour montrer qu’on n’en a pas fini de vouloir faire sauter cette satanée loi travail. Mais aussi pour mettre en échec, dans les entreprises, toutes les nouvelles attaques liées ou pas à la loi travail. Et pas tout seuls, chacun dans notre coin, entreprise par entreprise, mais en y résistant ensemble, comme la lutte de ces derniers mois l’a montré possible.

Leur spectacle

À côté de ce réel enjeu pour les travailleurs, c’est un autre jeu qui se prépare. En effet, après les différents événements sportifs de l’été, les médias vont jeter leur dévolu sur le cirque électoral de la présidentielle, dont ils vont nous abreuver pendant près d’un an.

La situation politique est marquée par le discrédit total du PS, dont les autres partis vont tenter de profiter. Mais sur quel terrain ? Pour Les Républicains, c’est celui de la « thérapie de choc » anti-ouvrière. Hollande a fait pire que Sarkozy, ce dernier promet de revenir au pouvoir et de faire pire que Hollande. Pour le FN, c’est le terrain de la division des travailleurs par le poison du racisme. Un leurre. Comme serait un leurre de croire aux sornettes d’un Mélenchon qui, au nom de la « souveraineté » ou de la « nation », nous désigne comme responsables de notre situation les technocrates européens de Bruxelles plutôt que le patronat bien français, notre ennemi direct, qui a voulu toutes ces attaques contre nous.

Notre partition

Plutôt que d’écouter la partition de ces joueurs de pipeau, nous ferions mieux de continuer à jouer la nôtre, et de plus en plus fort. Pour que l’automne 2016 et l’année 2017 ne soient pas la saison des effets de manche des candidats à la mangeoire électorale, mais celle de la remontée des luttes.

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