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Ici comme aux États-Unis

Quand les flics jouent avec le feu…

Récit depuis la gare Saint-Lazare

1er juin 2020 Article Politique

Depuis la première étape du déconfinement à la sauce Macron-Philippe du 11 mai dernier, le port du masque et l’attestation de l’« employeur » aux heures de pointe sont obligatoires pour pouvoir emprunter les transports en commun, tout au moins en Ile-de-France. Masques sur les nez ou pas (car ils ne sont pas gratuits !) et attestations en poche ou non (car on peut avoir des patrons illégaux ou quelques raisons personnelles de circuler !), ce sont donc essentiellement ceux qui travaillent sans possibilité de télétravail qui se retrouvent matin et soir à ces horaires « extrêmes » de pointe, dans des rames de train ou métros, ou sur des quais bondés, dans des situations de distanciation qui n’ont rien à voir avec les règles sanitaires serinées par le gouvernement à longueur de pubs médiatisées. Et pourtant ce sont encore ceux-là, les prolos qu’on entasse, qui par-dessus le marché sont les premiers visés par les contrôles de la police, parfois musclés, toujours vexatoires dans leurs intentions, voire franchement racistes.

Ma gueule, qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

En gare Saint-Lazare où les lignes bourgeoises de Versailles et Saint-Nom-la-Bretèche côtoient celles, plus populaires, de Chanteloup ou des Mureaux, ce sont bien les trains de ces dernières destinations qui sont systématiquement ciblés par les contrôles en gare. Des contrôles au « look » pour ne pas dire au faciès, des contrôles « à la gueule prolo » ou pas ! Contrôle du port du masque, contrôle de l’attestation… et même si tout est en règle, il arrive bien souvent que les flics imposent une fouille en plus. Sans compter les réflexions du bon vieux racisme ordinaire, bas de plafond, qui accompagnent parfois ces scènes : « Monsieur vous êtes en France, il faut parler français » ! Tiens donc !

Ces contrôles au faciès sont largement notés par ceux qui circulent en gare comme par les cheminots qui y travaillent. Ils font plus que grincer des dents, éveillent la rage. Mais que faire dans l’urgence, dans la précipitation des allers et retours au boulot ? Pousser la protestation jusqu’à se faire illico presto embarquer, voire inculper d’outrage aux forces de l’ordre ? L’apparent silence ne vaut pourtant pas pour approbation. La colère s’accumule. C’est probablement son accumulation qui a rassemblé dans les rues de Paris, le samedi 30 mai, pour une manifestation qui était pourtant interdite et que les flics n’ont pas osé empêcher tant elle était nombreuse et déterminée, de très nombreux travailleurs d’origine immigrée, avec ou sans papiers, et un grand nombre de leurs soutiens anonymes. L’émotion était là. Et cela, sur fond de manifestations et émeutes qui depuis plusieurs jours saisissent des dizaines de villes des États-Unis, en réaction au meurtre de Georges Floyd.

Photo : Manifestation du 30 mai à Paris, photothèque Rouge.

Contrôles au faciès, meurtres au faciès…

Le chemin est vite parcouru des uns aux autres quand l’exemple vient d’en haut, d’un Trump ou d’un Macron – le second n’étant pas plus civilisé que le premier. Ce qui juge l’un et l’autre, c’est le comportement de leurs flics, à leurs ordres. Il n’a échappé à personne, dans le contexte, que les mêmes parmi nos politiciens qui prétendent dénoncer les bavures de l’autre côté de l’Atlantique… vitupèrent les propos de la chanteuse Camélia Jordana, disant ne pas se sentir en sécurité face à des policiers.

À nous de faire en sorte qu’à l’image de ce qui se développe aujourd’hui aux USA, ce soient les policiers qui ne se sentent pas en sécurité face aux travailleurs et jeunes en colère !

Louis Marius

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