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Portugal : monument de la dictature tagué à Lisbonne

16 août 2021 Brève Monde

Le monument à la gloire des découvreurs portugais, spot touristique planté au bord du Tage, a été tagué par une étudiante française. « Blindly sailing for monney, humanity is drowning in a scarllet sea » (En naviguant aveuglément pour de l’argent, l’humanité se noie dans une mer écarlate) a-t-elle inscrit au bas de la statue de 52 mètres. Son tag a été décrié par les autorités et de nombreux médias portugais ou français comme du « terrorisme culturel », raillant ses fautes d’orthographe au passage. Vandalisme contre culture et identité du pays où les navigateurs de la fin du Moyen Âge tiendraient une si grande place !

Le chef du parti d’extrême droite, André Ventura, a déclaré : « C’est une attaque contre notre histoire. » À la bonne heure ! L’histoire de qui et laquelle ? Le monument a été érigé en 1960, à la veille de la guerre d’indépendance qui couvait dans les colonies africaines maintenues par la dictature de Salazar dans le giron de « l’Empire colonial ». Il a été conçu par un architecte du régime, artiste aux multiples dons qui avait aussi participé au projet de camp de concentration du Tarrafal construit en 1936 au Cap-Vert pour enfermer les opposants politiques, notamment des marins qui avaient aidé le camp républicain dans la révolution espagnole contre Franco, détournant des bateaux d’armement envoyés par l’Allemagne hitlérienne. Musicien à ses heures, ce surdoué avait aussi composé l’hymne des jeunesses patriotes, la Mocidade Portuguesa, dans lesquelles on inculquait l’amour du régime, des bons colonisateurs qui jamais ne furent esclavagistes…

Alors un tag sur le symbole du vandalisme impérialiste de la bourgeoisie portugaise ne change évidemment rien à l’histoire, mais permet au moins de rappeler que celle des conquistadors était jonchée de cadavres.

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