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Cinéma

Petit pays

Un film de Éric Barbier, 2019

22 septembre 2020 Article Culture

Le film, adaptation du roman éponyme de Gaël Faye [1], fait voyager dans ces « petits pays » de l’Afrique des Grands Lacs, en particulier au Burundi, dans les années 1993-1994, entre la saveur et la couleur de l’Afrique, les quartiers de Bujumbura, la capitale du Burundi et les terres du Rwanda.

On suit tout du long Gabriel, un enfant de dix ans, fils d’un père entrepreneur expatrié français et d’une mère d’origine rwandaise d’ethnie Tutsi. L’enfant verra tous les moments de bonheur qu’il a vécus avec sa famille et sa bande d’amis bousculés par des problèmes d’adultes : séparation de ses parents et, surtout, situation géopolitique et guerre sanglante qui installera le chaos dans sa famille dont plusieurs de ses membres seront sauvagement torturés et assassinés.

Il ne s’agit en aucun cas d’un film historique ou d’un témoignage sur la guerre civile qui frappa le Burundi et le Rwanda dans les années 1990 et qui aboutira au génocide des Tutsi (dans lequel L’État français, ses dirigeants politiques au pouvoir, de gauche et de droite – Mitterrand alors président et Balladur alors Premier ministre – comme sa hiérarchie militaire et son « opération turquoise » ont tout particulièrement trempé).  [2]

Les événements sont toujours présentés du point de vue d’un enfant qui les subit plus qu’il ne les comprend – comment comprendre ce qui dépasse l’entendement, d’ailleurs ?. Si Gabriel prend peu à peu conscience des clivages qui frappent la société burundaise, par les messages qui passent à la radio ou les discussions qu’il a avec ses amis, il refuse de prendre parti entre Tutsis et Hutus, voulant coûte que coûte sauvegarder son enfance et son quotidien – heureux, voire joyeux, jusque-là. Mais l’ambiance qui l’entoure, la tension à la limite du supportable, la pression des autres lui rappellent que, en pleine guerre civile touchant deux ethnies, un piège se referme et qu’il devient impossible de ne pas être Tutsi avant d’être un simple enfant.

Léon Dubaud


[1Le roman Petit pays, de Gaël Faye, est sorti chez Grasset. Prix Goncourt des lycéens, en Livre de poche à 7,20 euros. Voir notre critique faite à sa parution dans le numéro 107 de Convergences révolutionnaires, en septembre-octobre 2016.

[2Lire aussi les deux dossiers que notre revue Convergences révolutionnaires a consacrés aux tristes anniversaires de ce génocide : dans le numéro 94, de l’été 2014,« Il y a vingt ans, le génocide au Rwanda », et dans le numéro 33, de mai-juin 2004, « Rwanda, un génocide encouragé et couvert par la France. »

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