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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 52, juillet-août 2007 > Sarkozy pour cinq ans ? Des fausses résistances… à la vraie riposte

Sarkozy pour cinq ans ? Des fausses résistances… à la vraie riposte

Nous pouvons compter sur la gauche… pour 2012 !

Mis en ligne le 29 juin 2007 Convergences Politique

Finalement, la gauche a mieux passé les législatives qu’on ne le lui prédisait ; les candidats du PS et du PCF ont bien résisté et la vague bleue (teintée de rose) a été nettement plus réduite que prévu.

Sursaut d’une petite partie de l’électorat de gauche alors que celui de droite trop assuré de la victoire se démobilisait encore davantage qu’au premier tour ? Réaction à l’annonce de la création de la TVA sociale et du coup prise de conscience par quelques uns (l’abstention est restée très élevée) de ce qu’allait être la politique de Sarkozy ? En tous cas les dirigeants du PS auront eu ce qu’ils réclamaient à cor et à cri entre les deux tours : les dizaines de députés supplémentaires censés leur permettre d’établir un contre-pouvoir parlementaire pour tenir la dragée haute au président et l’empêcher de réaliser ses plans scélérats.

Quelle rénovation ?

On aurait donc pu s’attendre à ce que, leur armée parlementaire requinquée au-delà de leurs espérances, ils annoncent qu’ils partaient tout de suite à l’assaut, avancent leur contre programme et appellent le bon peuple, qui venait d’être si généreux avec eux, à les appuyer dans la mobilisation anti-sarkozienne.

Eh bien, non ! Face à leurs collègues de la majorité présidentielle, pour une fois à la triste figure, ce n’a été sur les plateaux télé de cette soirée électorale qu’assurances courtoises : si cette majorité jouait le jeu des débats, les élus de gauche le feraient aussi. Pas d’opposition systématique, ont-ils assuré. Nous ne mettons pas en doute votre légitimité et nous n’avons pas perdu de vue que la droite a gagné, ont-ils renchéri.

Évidemment, pour avancer un contre programme, il aurait fallu qu’ils en aient un ! Or les campagnes présidentielles puis législatives ont suffisamment montré qu’il n’en était rien. Le PS annonce d’ailleurs maintenant… qu’il va sérieusement plancher sur le sien. Bel aveu, pour un parti qui vient de demander aux électeurs de l’envoyer au pouvoir… sans avoir le projet de ce qu’il allait y faire !

Mais surtout leurs préoccupations étaient déjà ailleurs. Les chamailleries recommencées des leaders tant du PS que du PC le confirment abondamment. Querelles pour proposer un plan de bataille aux travailleurs et aux classes populaires ? Que non, querelle pour se placer au mieux dans la course… aux élections de 2012 !

Car si tous parlent de rénover, moderniser ou recomposer la gauche, c’est uniquement dans cette perspective : lui donner enfin les chances électorales qu’elle a loupées cette fois-ci.

Quel programme ?

Du côté du PS, le recentrage cher à Ségolène Royal a donc de l’avenir. Que ce soit finalement sous la direction de l’ex-candidate ou celle d’un des éléphants, Dominique Strauss-Kahn, François Hollande, Laurent Fabius… ou des jeunes lions (c’est eux qui le disent !) Manuel Valls ou Arnaud Montebourg. Tous n’ont voulu retenir de ces élections législatives que le fait que les électeurs du MoDem se seraient reportés majoritairement sur les candidats socialistes en permettant leur élection. L’avenir c’est donc la voie empruntée par la gauche italienne : l’alliance entre le Parti de la gauche démocrate (ex-Parti communiste italien) et le centre autour de Romano Prodi.

Reconnaissons que cela a sa logique, puisqu’au gouvernement la gauche n’a, à quelques détails près, pas vraiment de politique différente de celle de la droite. Qu’est-ce que la CSG, cette taxe qui pèse lourd sur les revenus des salariés, mise en place par le gouvernement socialiste de Michel Rocard pour financer les caisses sociales, a de fondamentalement différent dans son principe comme ses éventuels résultats de la « TVA sociale » proposée par Jean-Louis Borloo ? Ou les privatisations effectuées sous Balladur de celles effectuées sous Jospin – Air France ou France Telecom – qui plus est menées avec l’aide de ministres du PCF ? Aux dires même d’Éric Besson, transfuge du PS, l’augmentation de la TVA était également prévue par les socialistes au cas où ils gagneraient les élections…

Le groupe parlementaire du PCF a repris quelques couleurs au deuxième tour des législatives grâce à ses restes d’implantation locale (en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, en Seine-Maritime…). Mais cela fait plus de vingt-cinq ans qu’il tire comme leçon de la dégringolade de ses scores, que sa seule bouée de survie est un ancrage de plus en plus serré au PS. Son congrès prévu pour l’automne 2007 sera l’occasion de rediscuter de la recomposition du parti, d’un éventuel abandon de l’étiquette communiste, des alliances à rechercher dans l’establishment politique, bref de tout ce qui peut le pousser encore à droite. Les amis de Robert Hue, hostiles à l’actuelle secrétaire du parti, appellent déjà à la « fondation d’un autre parti politique ».

Et quelle gauche ?

Alors, de ces partis qu’honnêtement on ne peut même plus appeler réformistes, on peut certes attendre toutes sortes de propositions d’alliances sur leur gauche ou surtout sur leur droite, en particulier en vue des municipales de 2008. Mais certainement pas, malgré quelques vagues références, une prétendue « résistance », qu’ils combattent pied à pied et à tous les niveaux (dans les urnes et dans la rue comme diraient certains) les mesures que le gouvernement prépare contre le monde du travail.

D’une part parce que les dirigeants du PS sont, pour l’essentiel, d’accord avec les mesures du gouvernement qui consistent à financer le patronat et à faire payer les déficits aux travailleurs. On l’a bien vu avec Ségolène Royal qui ne s’était engagée à revenir sur aucune réforme, ni celle des retraites de 2003, ni sur le plan hôpital 2007, ni sur les nouveaux forfaits et déremboursements imposés aux usagers de la sécurité sociale…

D’autre part, parce que ce n’est pas par des batailles d’amendements contre des projets de loi à l’assemblée, si chères aux députés du PS comme du PC – ils en avaient déposé quelques milliers pour contrer la fusion Suez-GDF par exemple – que l’on prépare la contre-attaque nécessaire du monde du travail. Si le gouvernement a l’air de se précipiter pour faire passer ses mesures pendant les vacances en plein mois de juillet, ce n’est pas par peur des combats qui pourraient se dérouler à l’Assemblée nationale. C’est plutôt pour profiter de l’éparpillement estival d’une partie des salariés et de la jeunesse.

Ceux-ci feront donc mieux de compter sur eux-mêmes que sur la gauche.

22 juin 2007

Anne HANSEN

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