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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 52, juillet-août 2007 > Sarkozy pour cinq ans ? Des fausses résistances… à la vraie riposte

Sarkozy pour cinq ans ? Des fausses résistances… à la vraie riposte

Les modèles européens de Sarkozy et Royal : Le gouvernement socialiste portugais contre les travailleurs

Mis en ligne le 29 juin 2007 Convergences Monde

Le gouvernement portugais a cherché à minimiser l’ampleur de la grève générale qui s’est déroulée le 30 mai dernier. Pourtant un certain nombre de services publics étaient fortement mobilisés (notamment le métro de Lisbonne ne circulait pas) comme des entreprises privées dans l’automobile (à AutoEuropa, Volkswagen, une des lignes de montage était paralysée), l’alimentaire, les chantiers navals…

La première raison est, bien sûr, que cette grève générale, même très encadrée par la CGTP, syndicat proche du Parti communiste, de loin le plus important, peut constituer un encouragement pour tous les travailleurs du public comme du privé, qui se sont enfin retrouvés au coude à coude avec les mêmes revendications. Mais il y en a une autre c’est qu’elle exprime un ras-le-bol de la classe ouvrière contre les mesures d’un gouvernement socialiste qui a dressé contre lui l’ensemble du monde du travail.

Le Portugal est en effet un excellent symbole de la politique de la gauche européenne au pouvoir. Depuis deux ans le gouvernement de José Socrates poursuit en accéléré une politique de restrictions budgétaires et de remise en cause du Code du travail entamée avant lui par un gouvernement de droite.

Sa principale cible sont les fonctionnaires, prétendument trop nombreux et bardés de privilèges. Après avoir bloqué les salaires et diminué les retraites de des salariés de ce secteur, Socrates a annoncé la suppression de 75 000 postes dans les services publics, soit 10 % du total. À l’Éducation nationale, le gouvernement supprime des postes et met en place un système de notation des professeurs qui permettrait à terme de licencier les plus mal notés ! C’est notamment contre ces mesures que les professeurs avaient organisé, le 5 octobre 2006, leur plus grosse manifestation depuis la révolution des oeillets de 1974.

Dans le même temps la fermeture de nombreux services va bon train (dispensaires de santé, centres de sécurité sociale ou des impôts) et dans les ministères les salariés sont priés d’aller chercher du travail dans le privé. Le gouvernement invoque les finances catastrophiques héritées du dernier gouvernement. Il a même trouvé un slogan pour faire passer la pilule : « Mieux vaut un peu de service public que rien du tout ! »

Tout en assénant de grands discours sur la « valorisation du travail », que ne désavouerait pas un Sarkozy, Socrates ne revient pas sur la réforme du Code du travail du gouvernement antérieur, comme il l’avait promis avant les élections il y a deux ans : cette réforme remet en cause les conventions collectives les plus favorables pour les nouveaux embauchés. Il entend même instaurer encore plus de flexibilité dans les contrats de travail. Rien d’étonnant lorsqu’on sait que c’est le gouvernement du socialiste Mario Soares qui avait légalisé les CDD à répétition au Portugal : aujourd’hui un salarié peut cumuler légalement 6 ans de CDD sans aucun contrat fixe au bout ! Ces deux dernières années ont été émaillées par des grèves, y compris victorieuses, pour exiger l’embauche des intérimaires dans l’industrie.

Le Portugal, un exemple à méditer donc pour ceux qui en France pourraient mettre leurs espoirs dans un retour, à bref ou long terme, de la gauche aux affaires.

21 juin 2007

A. H.

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