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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 1, janvier-février 1999

Editorial

Les perspectives ouvertes par l’accord LO-LCR pour les européennes

Mis en ligne le 1er février 1999 Convergences Politique

L’accord LO-LCR pour présenter une liste commune aux prochaines élections européennes vient d’être ratifié, en ce milieu de janvier, par les conférences nationales des deux organisations.

Saluer cet accord va de soi pour une publication qui se veut communiste révolutionnaire. Mais il convient de souligner son importance dans une situation qui peut permettre aux organisations révolutionnaires de consolider, voire d’acquérir une crédibilité politique nouvelle.

Pour que les organisations d’extrême gauche collaborent, première étape nécessaire avant d’aller ensemble vers le parti dont les travailleurs, les exploités et les opprimés ont besoin, deux choses au moins sont indispensables.

D’abord la conviction qu’un fossé infranchissable nous sépare de la gauche institutionnelle. Avec cette gauche l’unité d’action ponctuelle est possible dans les mobilisations, mais en aucun cas une alliance politique, a fortiori quand elle est au gouvernement, c’est-à-dire aux affaires de la classe ennemie.

Ensuite la volonté d’explorer systématiquement les possibilités d’alliance ou de collaboration avec les autres composantes du mouvement révolutionnaire.

Depuis des années la première manquait à la LCR, noyée dans la recherche vaine d’alliés se situant dans la gauche institutionnelle. Et la seconde à LO, murée dans ses retranchements, confortée dans son repli sur elle-même par les succès électoraux qu’elle a été capable de remporter toute seule.

Même si pour l’instant ce n’est que pour les élections européennes de juin prochain, le changement d’attitude et d’orientation de LO et de la LCR ne peuvent que nous réjouir, nous qui préconisons depuis plusieurs années l’unité de l’ensemble de l’extrême gauche autour d’une orientation révolutionnaire, sur le terrain électoral comme sur celui des mobilisations. La liste LO-LCR démontre que les obstacles à la collaboration entre LO et la LCR, que ces dernières années l’on nous opposait, d’un côté comme de l’autre, peuvent être surmontés.

Une liste LO-LCR permettra aux travailleurs de signifier leur défiance ou leur opposition à la politique gouvernementale.

La social-démocratie mène au gouvernement une politique d’austérité qui sert les grands groupes capitalistes. Le PC, s’il essaie de manifester sa différence, est solidaire de ce gouvernement, tout comme les Verts qui ne pourront longtemps voiler leur politique réelle sous les fanfaronnades de leur tête de liste.

Aux européennes les révolutionnaires sont en position d’avoir un bon résultat électoral. Ils doivent relever le défi. Faire jeu égal avec le PCF ou les Verts, ce que les premiers sondages permettent d’envisager, voire les dépasser, envoyer 4 ou 5 députés révolutionnaires au Parlement européen seraient des succès politiques d’envergure. Sans doute même, à l’occasion d’élections européennes, leur retentissement et leurs conséquences dépasseraient la France. Cela renforcerait sinon le rapport des forces en faveur du camp des travailleurs, du moins le moral de ceux d’entre eux qui savent qu’il faudra bien en découdre avec le capitalisme et le gouvernement. Ce serait un encouragement à ceux qui luttent ou se préparent à entrer en lutte.

La présentation d’une liste LO-LCR prendra tout son sens en permettant de contribuer à l’action directe des travailleurs et des opprimés.

L’activité militante consciente quotidienne dans les ateliers, les chantiers, les bureaux, les quartiers, les cités et parfois dans la rue, mobilise celles et ceux qui sont convaincus qu’il n’y a rien à attendre de ce gouvernement de la gauche plurielle qui mène une politique qui n’a rien à envier à celle de Juppé. Car sous l’apparent calme social la colère demeure. Elle éclate même déjà ici ou là : mouvements de lutte dans les transports (cheminots, transports urbains...), contre les licenciements et les restructurations (ACH, Levis...), contre la dégradation des services publics, et aussi mobilisations lycéennes, poursuite de la lutte des sans papiers, reprise de celle des chômeurs.

Les luttes en cours témoignent de la volonté de résister, de s’opposer aux conséquences de la politique menée par le gouvernement Jospin et le patronat. La responsabilité des révolutionnaires est aujourd’hui d’amplifier leur impact, de propager les axes d’une mobilisation des travailleurs, des jeunes, des chômeurs. Mais elle est aussi et surtout de proposer au mouvement ouvrier de préparer la lutte d’ensemble pour imposer le plan de mesures d’urgence qui correspond aux intérêts du monde du travail. Ce qui peut aujourd’hui contribuer à inverser le rapport des forces, c’est de mener une politique cohérente dans l’intervention quotidienne, dans les luttes et les mobilisations.

Cette politique, que la campagne électorale commune de LO et de la LCR sera l’occasion de réaffirmer, peut donner corps à une force anti-capitaliste et révolutionnaire, et donner une crédibilité à la perspective d’un nouveau parti révolutionnaire des travailleurs.

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