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Accueil > Éditos de bulletins > 2007 > septembre > 17

Les faire battre en retraite !

« Haro sur les régimes spéciaux » ! C’est le cheval de bataille du gouvernement pour relancer les attaques contre le monde du travail et la remise en cause de nos droits sociaux. La « réforme » annoncée par Sarkozy est dans la droite ligne de celle de Fillon en 2003 sur les retraites : ce dernier avait aligné les salariés du public et du privé vers le bas en portant la durée de cotisations du secteur public à 40 annuités, en attendant de faire passer tout le monde à 41 puis 42 annuités !

En dénonçant les régimes spéciaux comme une « situation indigne », Sarkozy pointe du doigt les salariés concernés comme étant une charge financière pour la collectivité. Vraiment ? A l’heure actuelle, seulement 4 % des salariés bénéficient de tels régimes de retraites et leur nombre est en constante diminution, étant données les suppressions massives d’emplois à la SNCF, à la RATP ou à EDF.

La réalité, c’est que le coût de ces retraites est ridicule devant les cadeaux distribués au patronat. Alors que les chiffres officiels indiquent 6 milliards d’euros pour ce prétendu « déficit » des régimes spéciaux, les exonérations de cotisations patronales à la Sécurité Sociale s’élèvent à au moins 25 milliards d’euros. Sans parler des multiples cadeaux fiscaux offerts par le gouvernement pour égailler la rentrée des véritables privilégiés de ce pays.

Tous les salariés sont visés

Ne nous laissons pas duper par la démagogie gouvernementale. Si le gouvernement s’indigne de l’existence des régimes spéciaux, c’est pour de toutes autres raisons.

Son objectif, comme le lui demande le Medef, c’est d’abord de prolonger la durée des cotisations de l’ensemble des salariés à 42 ans. Et la suppression des régimes spéciaux représente une nouvelle étape dans cette voie, car ils constituent un obstacle à la privatisation totale des secteurs concernés. Or la privatisation des services publics est un des grands objectifs du capitalisme financier, pour qui tout est bon pour faire du profit.

En s’en prenant aux régimes spéciaux, le gouvernement ne fait que poursuivre l’attaque contre les retraites de tous les salariés. Il ne se contente pas des premiers reculs qui nous ont été infligés en 1993 (quand Balladur avait fait passer le régime général, celui des salariés du privé, de 37 ans et demi à 40 ans de cotisations), puis en 2003. Le patronat, de son côté, souhaite toujours nous imposer de recourir à des fonds de pension pour financer notre retraite, tout comme faire reculer l’âge légal de départ en retraite de 60 à 65 ans.

Préparer la riposte générale

Le plan du gouvernement Sarkozy répond aux exigences de la bourgeoisie, et dans ce domaine, le parti socialiste non seulement ne conteste pas, mais il approuve ! La déclaration du député socialiste Manuel Valls reprend sans réserve la prétendue « nécessité de réformer » les régimes spéciaux, permettant à Sarkozy de prétendre que son action repose sur une large approbation.

Quant aux syndicats ? La CFDT est pour la réforme, à condition de négocier par entreprise ! FO et la CGT prennent un ton scandalisé parce que la réforme a été planifiée sans qu’ils aient été consultés. Mais sur le fond, leur désapprobation n’est pas bien claire. En somme, comme pour les réformes précédentes, ils veulent négocier des reculs et souhaitent par avance « un compromis » comme dit le représentant de FO. Que les directions syndicales réclament suffisamment de temps pour négocier alors qu’on leur annonce clairement qu’il s’agit de remises en cause des droits des salariés, voilà qui en dit long sur leur politique.

Mais pour les salariés, il n’en va pas de même. Avec ou sans les directions syndicales, les attaques n’auront d’autre fin que celles que marqueront nos luttes. En décembre 1995, la grève avait permis de mettre un coup d’arrêt aux nouvelles attaques contre les retraites. Nous préparer à une riposte générale, et sur tous les fronts, celui des retraites, mais aussi de la couverture santé, du pouvoir d’achat, des salaires et de l’emploi, c’est notre seule perspective pour regagner le terrain perdu.

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