Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 129, novembre 2019 > DOSSIER : France, Europe, États-Unis. Une même sale politique (...)

Le Mexique : agent du contrôle des frontières des États-Unis

29 octobre 2019 Convergences Monde

Les pays riches veillent à ce que les réfugiés restent loin de leurs frontières. Depuis longtemps. C’est ainsi que l’immense majorité des réfugiés palestiniens restent cantonnés dans les pays voisins d’Israël, en particulier au Liban. Aujourd’hui, les pays européens payent pour que les réfugiés de la guerre civile de Syrie restent cantonnés en Turquie et, dans une moindre mesure, en Grèce.

Les États-Unis, devant le flux de réfugiés en provenance d’Amérique centrale, se défaussent sur le Mexique, qui joue ainsi les supplétifs des diverses agences états-uniennes en charge du contrôle des migrations.

En juin dernier, après avoir menacé le Mexique d’une énorme augmentation de droits de douane, Trump a négocié un accord avec le nouveau président mexicain, Andrés Manuel López Obrador. Cet accord délocalise au Mexique une bonne part de la rétention, des expulsions et de la gestion des migrants cherchant asile aux États-Unis. Sous le nom de « Rester au Mexique » (Remain in Mexico), cette politique vise à maintenir ou expulser au Mexique toute personne en instance de demande d’asile aux États-Unis. Obrador a de plus accepté d’accroître la militarisation de la frontière méridionale du Mexique avec le Guatemala, en envoyant 6 000 militaires le long de la frontière.

Des « pays tiers » sûrs ?

Outre l’accord « Rester au Mexique », l’administration Trump a tenté d’imposer unilatéralement au Mexique une nouvelle politique d’asile, appelée « entente de pays tiers sûrs » (Safe Third Country Agreement). Un accord du même type existait déjà entre les États-Unis et le Canada. Il prévoyait que les demandeurs d’asile devaient faire leur demande dans le premier « pays sûr » dans lequel ils étaient arrivés. Évidemment, la situation est très différente à la frontière sud. Si le Mexique était déclaré « pays tiers sûr », cela signifierait que tous les immigrés entrant au Mexique et le traversant devraient y demander l’asile avant de pouvoir le faire aux États-Unis. S’ils ne le faisaient pas, ils ne pourraient pas être éligibles à l’asile aux États-Unis et seraient automatiquement expulsés au Mexique, seul endroit où ils pourraient déposer leur demande d’asile. Le gouvernement mexicain a refusé ce pseudo-accord, qui a aussi été suspendu et modifié par un certain nombre de juges fédéraux aux États-Unis. La Cour suprême américaine a cependant récemment confirmé cette politique de Trump, alors que les juridictions des étages inférieurs doivent traiter les pourvois en appel. Dans certaines villes situées le long de la frontière mexicaine, le gouvernement américain a déjà commencé à installer des tentes, servant de tribunaux de fortune permettant de traiter de manière expéditive l’expulsion vers le Mexique des demandeurs d’asile.

L’administration Trump a également essayé de faire du Guatemala un « pays tiers sûr ». Cela obligerait les migrants en provenance du Salvador et du Honduras à y déposer leur demande d’asile. S’ils essayaient d’entrer directement aux États-Unis, ils seraient expulsés au Guatemala. Le gouvernement guatémaltèque a aussi refusé.

Avec ou sans politique du « pays tiers sûr », le nouvel accord entre les USA et le Mexique va accroître de façon importante le rôle du Mexique dans la politique d’immigration américaine. La politique « Rester au Mexique » couplée à l’augmentation du niveau de sécurité aux frontières États-Unis–Mexique et Mexique–Guatemala, va accroître considérablement le nombre de migrants piégés au Mexique, dans des conditions de détention encore pires que celles qu’ils auraient à subir aux États-Unis.

Certains politiciens mexicains ont cherché à présenter le nouvel accord comme un atout pour l’économie mexicaine, considérant que la politique « Rester au Mexique » peut aussi être une façon de capter et piéger une force de travail nombreuse, composée de réfugiés d’autant plus exploitables qu’ils sont désespérés, afin d’enrichir les patrons des usines installées au Mexique.

(Cet article, sur les questions liées à l’immigration aux États-Unis, est traduit à partir d’extraits d’un texte de nos camarades américains du groupe Speak Out Now !)

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article