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Argentine

La gauche réprime les pauvres

30 octobre 2020 Article Monde

Hier, à l’aube, un dispositif impressionnant de 4 000 policiers est intervenu pour mettre un terme aux occupations de terre à Guernica dans le grand Buenos Aires. Avec brutalité, ils ont délogé les habitants, brûlé les maisons de fortune construites à la hâte et procédé à de nombreuses arrestations parmi ceux qui résistaient.

Il y a quelques semaines, des centaines de familles (au maximum de l’occupation, 2 500 familles et près de 10 000 personnes) fuyant les loyers trop chers et la faim avaient décidé cette occupation. Pour y vivre en construisant de leurs propres mains des habitations de fortune et se nourrir des produits de leur culture. Sur ces terres inoccupées, ce mouvement de survie s’est organisé pour tenir tête, en fédérant d’autres occupations, en sollicitant l’appui des organisations de chômeurs (comme le Pôle ouvrier), d’oppositions syndicales (comme le syndicat des enseignants du Grand Buenos Aires animé par les militants trotskistes du Parti ouvrier) et d’autres structures syndicales influencées par des militants révolutionnaires.

Le risque politique pour ce gouvernement de « gauche » était qu’un point de fixation se crée qui fasse le lien, dans un climat d’effondrement social, entre les milieux populaires et le militantisme du mouvement ouvrier. Le pouvoir péroniste, au niveau local, fédéral et national, a exercé des pressions, distribué de généreux cadeaux pour diviser le mouvement. Cela a en partie marché puisque, au moment de l’intervention, il ne restait plus que 1 500 familles. Pour le pouvoir, il fallait mettre un terme à cette expérience et la gauche péroniste (Kicilloff) et la direction des forces de répression (un vrai fasciste, Berni) ont travaillé ensemble pour mettre à la rue ces pauvres qu’on ne saurait voir.

Il y a, au moment de finir ce court article, 39 arrestations d’habitants et de militants de différentes organisations et l’on est sans nouvelles de dizaines de camarades. Une manifestation est prévue Plaza de Mayo pour dénoncer la répression et organiser la riposte.

À tous ceux qui, parfois même dans les rangs trotskistes, avaient l’espoir de jouer sur les contradictions supposées du camp péroniste, l’avertissement est clair. Les discussions en ce moment même à la chambre des députés autour du nouveau plan d’austérité proposé par le Fonds monétaire international et porté avec enthousiasme par le gouvernement péroniste Fernandez confirmeront ce qui s’est joué à Guernica.

Tristan Katz

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