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La Fracture, film de Catherine Corsini

Avec Aissatou Diallo Sagna, Valeria Bruni Tedeschi, Marina Foïs, Pio Marmaï

31 octobre 2021 Article Culture

Osseuse ou amoureuse, La Fracture… est aussi sociale ! Le film réalisé par Catherine Corsini porte bien son nom. Il nous immerge dans une ambiance pas si lointaine, celle de la grève des urgences dans les hôpitaux, sur fond de répression brutale des manifestations des Gilets jaunes à Paris, avec, en parallèle, la brouille amoureuse entre deux femmes, Julie et Raphaëlle, bobos venant d’un milieu aisé.

Dans un grand hôpital de Paris – que l’on imagine sans peine être celui de la Pitié-Salpêtrière –, elles vont faire la rencontre de Yann, chauffeur routier venu manifester à Paris avec les Gilets jaunes, blessé par une grenade de désencerclement. À l’enfer des brutalités policières s’ajoute celui qu’ont vécu et vivent les soignants : nuits de garde supplémentaires, pressions de la direction, malades intenables, manque de personnel aux conséquences parfois dramatiques, manque de places, de moyens.

C’est ce qu’on voit au travers de Kim, infirmière (Aissatou Diallo Sagna, aide-soignante dans la vraie vie, joue le rôle et crève l’écran), qui enchaîne sa sixième nuit de garde à l’hôpital, nuit de répression où les flics pourchassent les manifestants jusqu’à faire pénétrer les gaz lacrymogènes dans la salle des urgences – l’épisode, réel, s’est justement déroulé à l’hôpital de la Pitié.

Le film est dur, personne n’y est épargné. Il est aussi poignant parce qu’on sait que cette nuit de folie a été le quotidien (en condensé) de milliers de personnes. Et l’on sait aussi que la situation ne s’est pas améliorée : l’hôpital est toujours au bord de l’explosion, les prix continuent d’augmenter et pas les salaires, on vit dans l’inquiétude de savoir si on va garder son boulot, si nos conditions de travail ne vont pas encore se dégrader.

Ce film dénonce toutes ces injustices profondes, de façon extrêmement humaine, et avec beaucoup d’émotion. On rit, comme on rit quand un bon mot casse une atmosphère tendue, on pleure avec les protagonistes.

La Fracture donne même l’envie de retrouver l’énergie des manifestations Gilets jaunes, pour en finir avec tout ça, et retrouver ce slogan que l’on aimerait bien entendre plus souvent et plus fort ces temps-ci : « Pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur ! »

Jean Einaugig

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