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Accueil > Éditos de bulletins > 1997 > septembre > 1er

LES VAMPIRES QUI SE REPAISSENT DU SANG DU PEUPLE ALGERIEN

L’Algérie vient de subir la plus terrible vague de massacres depuis la suspension par la dictature des militaires des élections de 1992. Le tribut payé par la population algérienne à la guerre sans merci que se livrent depuis cette date le FIS et le pouvoir, était pourtant déjà terriblement lourd. Les attentats aveugles à la bombe, à la voiture piégée, les massacres au fusil mitrailleur, au couteau ou à la hache, de villageois ou de citadins, d’hommes comme de femmes, adultes, enfants ou vieillards, ne peuvent trouver aucune justification. Et dans cette guerre pour le pouvoir qui se mène soit au nom de la religion, soit au nom du maintien de l’autorité en place, aucun des deux camps ne défend les droits et les intérêts de la population.

En multipliant le nombre des victimes innocentes, au moment où des tractations ont lieu entre les dirigeants du FIS et le gouvernement Zeroual, les massacreurs espèrent amener une fraction des militaires sinon la totalité, à composer plus rapidement.

L’actuel gouvernement prétend protéger la population des Islamises, et il fait périodiquement des déclarations sur la prochaine éradication totale du terrorisme. Mais il suffit de voir comment les habitants du village de Raïs, à une vingtaine de kilomètres d’Alger, près duquel se trouve une caserne, ont pu être martyrisés pendant quatre heures durant, sans que personne ne vienne à leur secours, pour juger de ce qu’il en est de cette protection. A tel point que certains se demandent si ces massacres ne sont pas faits avec la complicité de factions militaires.

Que les dirigeants du pays fassent bon marché de la vie des travailleurs et de la population pauvre algérienne, on en avait malheureusement eu la démonstration lorsqu’en octobre 1988, à la suite d’une vague de grèves la jeunesse ayant manifesté dans les rues, le pouvoir des militaires les avait fait mitrailler à Alger, faisant des centaines de victimes. C’est suite à ces événements que les Islamistes avaient d’ailleurs reçu un renfort d’une importante fraction de cette jeunesse, poussée au désespoir.

L’insécurité ne règne cependant pas partout en Algérie et des sites sont mieux protégés que d’autres. Outre certains quartiers où vivent les privilégiés du régime, l’exploitation du pétrole se fait encore à l’abri du terrorisme. L’or noir continue à enrichir les sociétés pétrolières, en même temps qu’une certaine bourgeoisie algérienne ; et il déverse sa manne aux grandes banques internationales. Celles-ci, satisfaites de voir l’Algérie honorer sa dette, intérêt et principal, manifestent leur reconnaissance aux dirigeants qui leur permettent ainsi, quoi qu’il arrive, de prendre leur tribut sur les richesses du pays. Les puissances impérialistes assistent donc imperturbables au massacre.

La France qui a maintenu le peuple algérien sous l’ordre colonial pendant 130 ans, a une responsabilité de première importance dans la situation actuelle. Après la décolonisation, l’impérialisme français n’a pas marchandé son soutien aux dictatures qui lui ont succédé, dans la mesure où elles lui permettaient de continuer à piller sous d’autres formes les richesses du pays. Tous les gouvernements français ont jusqu’à aujourd’hui appuyé les militaires, mais demain ce pourrait être aussi les Islamises. Et l’impérialisme français ne serait en tous cas pas gêné par un compromis entre les militaires et les religieux, une alliance du sabre et du goupillon.

Des partis politiques algériens se réclamant de la démocratie, préconisent une conciliation entre le pouvoir et le FIS. Mais si un compromis se dessinait, en admettant que cela soit possible, il se ferait de toutes façons sur le dos de la population algérienne. Car ni les uns ni les autres ne veulent réellement ni lui donner la parole, ni lui permettre de choisir ses dirigeants.

Les travailleurs et les pauvres d’Algérie ne pourront vraiment se protéger de la terreur et de la dictature qu’en construisant leur propres organisations de défense, indépendantes du pouvoir en place, sur lesquelles elles puissent exercer directement leur contrôle démocratique.

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