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Italie : les vies valent moins que leurs profits

29 janvier 2022 Article Monde

(Photo : manifestation à Naples)

Lorenzo Parelli venait d’avoir 18 ans, il est mort le 21 janvier, la tête écrasée par la chute d’une poutrelle, le dernier jour du stage qu’il effectuait dans une entreprise de construction métallique, près d’Udine.

Cette mort s’ajoute aux nombreuses victimes de l’insécurité sur les lieux de travail (en Italie, 1404 personnes sont mortes des suites d’accidents de travail en 2021). Elle a bien sûr donné lieu aux habituels discours des responsables politiques et à des minutes de silence dans les écoles.

Mais elle a aussi suscité une grande émotion, en particulier parmi les lycéens et étudiants.

Ce qui est contesté, c’est aussi le système d’ « alternance école-travail » instauré d’abord dans les instituts techniques, puis étendu aux lycées.

L’Unione Degli Studenti (Union des étudiants) a dénoncé « la soif de profits des entreprises sans culture de sécurité et l’État qui a imposé aux étudiantes et étudiants d’expérimenter l’exploitation et le travail gratuit et de risquer leur vie pendant les parcours de formation ». L’UDS a appelé, avec le soutien de syndicats de base et de l’opposition dans la CGIL [1], à une journée de grève nationale des étudiants le 28 janvier. À cette occasion, des rassemblements ont eu lieu dans une vingtaine de villes. À Turin, Milan et Naples la police a violemment chargé, matraqué et gazé les étudiants qui voulaient transformer les rassemblements en manifestations, interdites dans les centres-villes au prétexte de la pandémie.

Dans leur côté, le 26 janvier, des délégués du personnel (membres de l’opposition dans la CGIL) de l’usine Piaggio de Pontedera (dans la province de Pise) ont appelé à un débrayage d’une heure à la fin de chaque équipe. On pouvait lire dans leur appel :

« 1400 ouvriers sont morts l’année dernière sur leur lieu de travail. Le massacre quotidien des travailleurs est considéré par les patrons et leurs représentants politiques comme un simple tribut à la cause du profit. Pour eux, la sécurité au travail est seulement un coût inutile qui doit être réduit au minimum.

Mais ces dernières années, on a voulu jeter dans les tranchées les étudiants aussi, en inventant l’alternance école-travail. Et ce sont presque toujours les fils de prolétaires qui sont destinés aux travaux les plus pénibles, les plus dangereux. Une main-d’œuvre gratuite derrière le mensonge de l’expérience professionnelle utile pour le futur des étudiants […]

La mémoire de ce garçon nous oblige à ne pas oublier les responsabilités et les causes.

C’est notre devoir d’ouvriers de nous battre contre les patrons et les politiciens responsables de l’exploitation toujours plus nuisible pour ceux qui travaillent. »

29 janvier 2022, Thierry Flamand


[1Il existe une tendance oppositionnelle « Il sindacato è un’altra cosa » (le syndicat c’est autre chose) dans la Confédération générale italienne du travail (CGIL), à laquelle adhère une partie des militants les plus combatifs, en particulier dans des usines de la métallurgie, comme Electrolux, Piaggio, GKN…

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