Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 81, mai-juin 2012 > DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

DOSSIER : SNCF, la privatisation sur les rails

Inexia, initialement « à 100 % »

Mis en ligne le 19 mai 2012 Convergences Entreprises

Inexia était, à l’époque de sa création il y a cinq ans, filiale d’ingénierie de la SNCF à 100 %, et devait le rester, avec son tiers de cheminots détachés gardant leur statut. La filiale a pour principale activité la conception des lignes de chemin de fer, des phases d’études à celles des travaux.

Aujourd’hui, les salariés d’Inexia sont certes 800 : il y a donc eu 400 embauches en cinq ans mais pas une seule au statut ! Les cheminots ne représentent donc plus que le cinquième de l’effectif. Les autres, leurs collègues, sont des « droit privé »… c’est-à-dire privés d’un certain nombre d’avantages relevant du statut de cheminot (sécurité de l’emploi, quasi-gratuité du train, primes diverses), avec ce que les différences de statut imposent de discriminations de fait.

Les cheminots avaient été détachés pour trois ans, délai passé même si le détachement a été reconduit… Mais, aux questions qui étaient déjà légion (faut-il rester à Inexia, se faire réintégrer dans l’ingénierie de la SNCF, au moment où elle-même est aujourd’hui menacée par les plans de restructuration annoncés à l’issue des Assises du ferroviaire ?), s’en ajoute désormais une autre car Inexia va disparaître au 1er juillet 2012 ! L’ex-filiale SNCF est absorbée par Systra (filiale d’ingénierie commune SNCF-RATP), dont 28 % du capital appartient à des banques. Et quelle certitude que les patrons des gros requins plus ou moins publics SNCF et RATP, qui détiennent environ 75 % de la future entreprise, ne décident de vendre leurs parts de capital à des requins ouvertement privés de la finance (grandes entreprise privées de la construction, banques, fonds de pension, assurances, etc..) ?

Cette fusion entre filiales SNCF et RATP suscite l’inquiétude des salariés, tous statuts confondus, car elle s’accompagne d’une politique évidente de compression des effectifs. Économies bien connues d’échelle oblige !

La direction mise actuellement sur le déménagement du lieu actuel de travail à Saint-Denis, à un site qu’elle a imposé, à l’autre bout de la région parisienne, dans le quartier d’affaires d’Issy-les-Moulineaux, où les salariés du « nouveau » Systra seraient regroupés. Et bonne chance pour ceux qui habitent avec leurs familles dans le nord de l’Ile-de-France, là où des loyers sont encore abordables ! Bonne chance pour ceux qui n’ont pas les moyens de déménager et verront leur temps de transport allongé de deux heures par jour ! Pas étonnant que, suite aux annonces de fusion, 320 salariés aient déjà quitté l’entreprise. Certains sur la pointe des pieds car ils ne se voyaient pas déménager. D’autres, surtout parmi les contrats temporaires (contrat de chantier, intérimaires, CDD, prestataires) poussés légalement dehors par une direction à la recherche de la moindre économie de moyens. Sans compter des cheminots qui sont retournés à la SNCF. Bref, tant de pots de départ, voilà qui crée une certaine ambiance dans les bureaux !

Mais tant va la cruche à l’eau…

Stella MONNOT

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article