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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 35, septembre-octobre 2004

En Belgique aussi les patrons veulent allonger le temps de travail sans augmenter les salaires

Mis en ligne le 30 septembre 2004 Convergences Monde

Marichal Kétin, personne ou presque en Belgique ne connaissait le nom de cette entreprise jusqu’à ce qu’elle fasse l’actualité pour avoir proposé à ses ouvriers de travailler 40 heures par semaine au lieu de 36 sans augmentation de salaire.

Cette entreprise de la banlieue de Liège, est une petite entreprise de 127 personnes, une fonderie qui appartient à un groupe allemand. Pour justifier cet allongement du temps de travail, la direction explique qu’elle doit faire face à une perte annuelle de 1,7 millions d’euros. Cette perte serait due à l’augmentation des matières premières et au fait qu’elle ne peut répercuter ces augmentations sur les prix de vente : les commandes étant prises plusieurs mois avant la fabrication des matériels. Pour la direction : « il n’y a guère que l’augmentation du temps de travail qui puisse permettre à l’entreprise de passer ce cap difficile et de rester sur le marché  ».

Après les augmentations du temps de travail en Allemagne et en France (Bosch et Siemens...), Marichal Kétin est devenue en Belgique une affaire nationale. D‘autant plus que les négociations interprofessionnelles entre le patronat et les syndicats doivent avoir lieu cet automne.

En Belgique, depuis la loi du 10 août 2001, la durée hebdomadaire du travail est de 38 heures pour tout le secteur privé. Cette durée se calcule sur base annuelle et les secteurs qui dépassent les 38 heures hebdomadaires de travail (construction) accordent des jours de repos compensateurs.

Le patronat (la FEB) dit ouvertement qu’il veut revenir sur cette loi et la remettre sur le tapis lors de la négociation interprofessionnelle. Avec le même son de cloche qu’en France sur la main d’oeuvre qui serait trop chère : « Nous devons résoudre notre handicap : nos coûts salariaux sont de 8 à 10 % supérieurs à ceux des pays voisins » explique le directeur général de la FEB. Et de revendiquer l’allongement de la durée hebdomadaire du travail.... sans augmentation des salaires !

Les syndicats ne disent pas non

Du côté syndical, au niveau national, il y a un peu toutes les réactions.

« La proposition de la FEB, a déclaré la FGTB, revient à une perte salariale pure et simple (travailler plus longtemps mais pour le même salaire). Ce serait néfaste pour le pouvoir d’achat, pour la croissance et pour l’emploi (...) En Belgique, il est déjà parfaitement possible de conclure des accords concernant davantage de flexibilité dans le travail ». Ce n’est donc pas un non catégorique à la discussion sur la remise en cause des 38 heures. Simplement pour la FGTB, il y a d’autres solutions qui permettent au patronat de rentabiliser les entreprises sur le dos des travailleurs.

Quant à l’autre grand syndicat, la CSC, il critique la volonté du patronat de remettre en cause « les 38 heures » tout en se disant prêt à en discuter à condition que le patronat donne des garanties en ce qui concerne l’emploi et les retraites.

Les travailleurs et délégués de Marichal Kétin, réunis en assemblée générale ont rejeté à l’unanimité les « propositions » de la direction de faire travailler plus sans augmenter les salaires. Pour eux, il n’est pas question de perdre un euro ; et c’est à la direction de chercher des solutions pour sortir l’usine de ses prétendues difficultés sans toucher aux salaires des ouvriers. Un délégué syndical expliquait fort justement : « nous sommes des usineurs, nous avons une formation d’ouvrier, pas d’expert comptable. Chacun son job (...) C’est à la direction de se démener pour remédier à une situation pour laquelle nous ne sommes en rien responsables  ».

Aucune action de grève n’a eu lieu suite à cette assemblée générale mais, le 2 septembre, une trentaine d’ouvriers ont arrêté le travail pour se faire entendre lors du conseil d’administration de l’entreprise qui se tenait dans un lieu secret.... Preuve que les administrateurs ne sont pas si sûr d’eux que cela !

Dans une autre entreprise, chez Siemens à Hérentals la direction a organisé un référendum parmi les ouvriers pour faire passer le temps de travail de 37 à 38 heures par semaine sans augmentation de salaire. Derrière ce référendum, il y avait un chantage à l’emploi : si l’augmentation de l’horaire de travail était acceptée, la direction indiquait qu’il y aurait non pas 130 suppressions d’emplois cette année mais 44 de moins que prévu. 87 % du personnel a donc accepté.

Comme larrons en foire

On en est là pour le moment, mais il est certain que tout comme en Allemagne ou en France, le patronat est à l’offensive pour augmenter le temps de travail hebdomadaire sans contrepartie financière.

La ministre socialiste de la Justice a bien jugé que « revenir aux 40 heures, c’est revenir sur un acquis social majeur. C’est impensable et inutile  ». Mais le gouvernement belge reste discret sur cette question.

En fait, patronat, syndicats et gouvernement semblent préparer la négociation interprofessionnelle de l’automne et chacun, au travers des petites phrases, prépare le terrain. Dans un pays où les relations sociales se déroulent autour du tapis vert, où patronat et syndicats sont des partenaires, la seule inconnue est la réaction de la classe ouvrière qui espérons-le, mettra son grain de sable et fera entendre ses revendications.

24 septembre 2004

Paul GALLER

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Réactions à cet article

  • Au lieu de pousser les indépendants a allonger le temps de travail sans augmenter les salaires,l’état ferais bien de moin taxer les indépendants.

    Pour la hausse des produits pétrolier celà revien au même:que l’état les taxes moin...Mais celà serais trop facile et l’état ne veut surtout pas que l’on touche à ses bénéfices...

    Un ministre devrais vivre avec le salaire d’un simple employer ou simple ouvrier...la il se rendrais compte ,enfin on peut toujours rèver...

    J’ai lu récement que le salaire moyen actuel en Belgique était de +- 1.500 €/mois net...laisser moi rire:pas 1.500 € net ,mais bien +- 1.000 € net/mois(dans le meilleur des cas...)

    Les sources de ce magasine fort lu ne sont me semble t’il pas très au courant de la réalitée.

    Mais mon message est bien sur une goutte d’eau dans l’océan....

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