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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 135, janvier 2021 > 2011-2021 : Que reste-t-il du Printemps arabe ?

Émeutes populaires en Tunisie : « Janvier connait la Tunisie et la Tunisie connait janvier... »

17 janvier 2021 Convergences Monde

Jeudi 14 janvier, le gouvernement tunisien annonçait un confinement de quatre jours, prélude à un confinement « ciblé » pour lutter contre une recrudescence du Covid en Tunisie. Le soir même du 14 janvier, jour anniversaire du départ de Ben Ali en 2011, des émeutes ont commencé dans les quartiers pauvres de Sousse, ville portuaire de l’est de la Tunisie. Le lendemain dans le nord-ouest, c’est au tour de la ville de Siliana de s’embraser. Samedi 16 janvier, blocages de route, manifestations nocturnes, émeutes et pillages de magasins à Sousse, Monastir, Nabeul, Kairouan, Bizerte, Sfax, Kasserine, Hammamet, Carthage et dans le quartier Intilaka de Tunis, le quartier de Kram dans la ville de Tebourba à trente kilomètres de Tunis. Constituées de jeunes chômeurs, les manifestations de nuit se sont transformées en affrontements violents avec les flics et les blindés. Une banque a été visée à Sousse, les édifices de l’État (préfecture, sous-préfecture et commissariat) aussi. Bref, un soulèvement qui se répand comme une trainée de poudre dans les villes et quartiers pauvres.

Silence de la part du gouvernement, qui, trop occupé par son récent remaniement, se borne à qualifier les manifestants de pilleurs et de voleurs.

Lors du premier confinement, les travailleurs et les pauvres de Tunisie avaient subi une augmentation des prix alimentaires et de la pauvreté, qui les avait poussés à manifester pour réclamer l’aide de l’État face à l’absence de revenus liée au confinement. Les manifestants sont loin d’être des « voleurs », c’est la gestion catastrophique du premier confinement, la vie chère, la faim et le taux de chômage toujours croissant notamment chez les jeunes diplômés, qui les ont poussés à sortir s’affronter à la police. Face à l’épidémie, des mesures sanitaires s’imposent très certainement. Les travailleurs et les pauvres de Tunisie n’ont pas à en payer le coût, et certains semblent prêts à braver le couvre-feu pour se défendre. Dix ans après le départ de Ben Ali : commémoration ou révolution ?

Nora Debs

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