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Accueil > Éditos de bulletins > 2009 > juin > 15

Comme les laitiers !

Dès le lendemain du scrutin aux élections européennes, tombaient des statistiques pour le premier trimestre 2009. Entre 187 000 et 263 000 destructions d’emplois et 2, 2% de diminution de la masse salariale en trois mois ; une baisse de 20 % de la production industrielle et une explosion du chômage partiel, multiplié par sept en un an, un record absolu depuis que ces statistiques existent, c’est à dire depuis 1970. Quoi d’étonnant ? Il ne se passe pas une semaine sans qu’une annonce de plan de licenciements succède à une fermeture d’entreprise.

Et ce ne serait qu’un début, puisqu’on nous annonce que les plans « sociaux » et suppressions d’emplois vont se multiplier cet automne. Les grands groupes industriels, adossés à leurs énormes profits accumulés depuis des décennies, prennent les devants pour s’accaparer les futures places sur le marché mondial et se montrer plus agressifs que jamais… contre leurs salariés ! C’est cela la crise du capitalisme : la bataille des requins pour la meilleure part, quitte à plonger le monde du travail dans une catastrophe sans fin dont on ne fait que commencer à mesurer les conséquences et les drames.

Les scores en trompe-l’œil de Sarkozy

Quant à Nicolas Sarkozy, il s’appuie sur son prétendu succès aux élections européennes pour affirmer sa volonté d’accélérer ses « réformes » – c’est à dire les coups portés à la population. Il n’a pourtant vraiment pas de quoi se vanter : avec près de 60 % d’abstentions, les 27,8 % de l’UMP représentent... 11 % des électeurs inscrits !

La baisse du parti socialiste, dont le programme n’était guère différent de celui de Sarkozy, confirme qu’il n’a pas retrouvé la moindre confiance du côté de la population.

L’extrême gauche se maintient

Le NPA d’Olivier Besancenot, avec 4,9 % des voix, conserve son niveau de la dernière présidentielle. L’extrême gauche (NPA et Lutte Ouvrière) rassemble 6,1% des voix, bien plus que les 2,5% de la liste LO-LCR aux européennes de 2004. Il y a donc un courant d’extrême gauche, représentant les intérêts des travailleurs, qui se maintient pour affirmer qu’il n’est pas question que le monde du travail paye la crise du capitalisme et que c’est par ses luttes, un mouvement d’ensemble qu’il pourra imposer les mesures de survie indispensables.

L’annonce de nouvelles mesures scélérates

A peine les élections passées, voilà le gouvernement qui repasse à l’offensive contre les travailleurs. Hortefeux et Fillon parlent de porter la retraite… à 67 ans ! Faire travailler plus les anciens, alors que le chômage explose ! De quoi préparer, pour le coup, une explosion sociale salutaire à la rentrée.

Unifions nos luttes

Car c’est bien la convergence de toutes nos luttes dont nous avons besoin. L’échec prévu et annoncé de la journée de manifestation du samedi 13 juin montre s’il en était encore besoin l’impasse de la stratégie des confédérations syndicales, éparpillant des journées d’actions éloignées sans chercher à aucun moment ni à coordonner et élargir, ni à s’appuyer sur les mouvements existants dans différents secteurs. En remettant à l’automne un prochain rendez-vous, elles ont déjà annoncé qu’elles n’avaient pas d’autre plan à proposer. Des hôpitaux aux entreprises frappées par des licenciements, des universités à EDF, il y a pourtant eu bien des luttes pendant ces mois de crise.

Aujourd’hui, ce sont les producteurs de lait qui sont dans la rue pour arracher les moyens de leur survie et demander des comptes sur les profits faits sur leur dos par les grandes enseignes de la distribution. Il est temps que le monde du travail fasse de même et exige de contrôler les comptes de ces patrons qui pleurent misère, nous font payer leur crise... et sauvent leurs profits ! Il faudra pour cela la même détermination, la même radicalité que les laitiers et ce qui fait notre meilleure force : la lutte d’ensemble.

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