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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2016 > mai > 24

Mobilisation contre la loi travail

Un nouvel élan

Depuis deux mois et demi, la colère s’exprime contre cette loi travail qui vise à légaliser tous les chantages patronaux. Sept journées de grève et de manifestations interprofessionnelles ont déjà mobilisé de nombreux travailleurs et jeunes. Alors que les médias répétaient que la mobilisation était sur le déclin, les manifestations de jeudi dernier, 19 mai, leur ont asséné un démenti en rassemblant plus de monde que les deux journées précédentes. Enfin, dans la foulée des cheminots puis des routiers, l’extension de la grève dans les raffineries et les blocages solidaires des dépôts de carburants a donné à la mobilisation un nouvel élan. Et signalons que ce que les médias appellent « blocage », c’est le plus souvent bel et bien la grève !

Avec les cheminots, les routiers, les dockers, les raffineurs, l’heure est à l’extension des grèves

Dans bien des entreprises, des minorités ont fait grève à chaque journée de manifestation. Mais nombreux parmi nous ont constaté que la stratégie de manifestations espacées ne réussirait pas à faire reculer le gouvernement. Et voilà que les salariés des raffineries relèvent le gant, en répondant aux postures de Valls et aux déploiements policiers par l’extension de la grève à toutes les raffineries.

Mieux, les raffineurs s’adressent cette fois aux salariés de tous les secteurs, en les appelant à les rejoindre dans la grève. C’est effectivement le problème de l’heure. Oui, à présent, il s’agit d’impulser une nouvelle dynamique par la seule arme que craignent vraiment gouvernements et patronat : l’extension des grèves de salariés.

Quand la base s’organise

« Grève générale ! » a-t-on scandé dans les cortèges. Pourtant, jusque-là, les directions syndicales n’ont rien fait pour la construire. Dans les secteurs les plus mobilisés, comme à la Sncf, elles n’ont eu de cesse de repousser l’échéance d’une grève reconductible. Elles ont tenté d’isoler les cheminots par des journées de grèves distinctes de celles des autres salariés, comme si le « décret socle » contre lequel se battent également les cheminots n’était pas l’avatar de la loi travail pour le rail !

Seulement, désormais, dans différentes gares, comme à Paris, Tours, Grenoble, Sotteville (près de Rouen), ils ont décidé par eux-mêmes, dans les assemblées générales, qu’il était temps de s’y mettre vraiment et ils reconduisent la grève depuis le 18 mai. A Sotteville, par exemple, un comité de grève a été élu qui « appelle, dès maintenant, l’ensemble des cheminots à rentrer ou à amplifier le mouvement pour faire converger les luttes avec les autres secteurs. En effet, il serait dommage de ne pas profiter des actions de la pétrochimie, des portuaires et autres », en concluant : « C’est tous ensemble qu’on doit lutter et c’est tous ensemble qu’on va gagner ! » C’est la tonalité et le sens des votes et appels lancés par des groupes de cheminots organisés depuis quelques jours dans bien d’autres gares.

Faire tache d’huile

Voilà pourquoi, sous la pression de la base des secteurs les plus mobilisés, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, jusque-là si frileux, s’est enfin décidé à appeler à « une généralisation des grèves partout en France ». Il était temps.

Ce n’est donc pas le moment de se décourager, mais d’entraîner tous les collègues à rejoindre les secteurs qui sont entrés en lutte : cheminots, routiers, raffineries… Quand les dépôts de carburant sont bloqués, autant que les grèves, elles, fassent tache d’huile.

La mobilisation contre la loi travail est donc à un tournant. La tâche de ceux qui veulent faire reculer le gouvernement est de construire le mouvement d’ensemble. En s’organisant et en décidant collectivement dans des assemblées générales. Partout, en établissant des liens entre entreprises et secteurs, en conjuguant nos efforts et en participant tous ensemble aux grèves et manifestations, à commencer par celle de jeudi 26 mai.

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