Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Les articles du site

Décembre 1920 : le congrès de Tours consacrait la naissance de la Section française de l’Internationale communiste

Triste centenaire

15 décembre 2020 Article Politique

Le Parti communiste va fêter ses 100 ans. C’est en effet à la fin décembre 1920 que se déroula à Tours un congrès du Parti socialiste qui vit les trois quarts des délégués voter pour la rupture avec l’Internationale socialiste et l’adhésion à la toute jeune Internationale communiste que venaient de créer les dirigeants de la Révolution russe. Ces délégués consacraient ainsi la naissance de la Section française de l’Internationale communiste, devenue l’année suivante Parti communiste (SFIC). Ce n’est qu’en 1943, après la dissolution de l’Internationale par Staline, gage donné aux alliés, que le ‘F’ de français fut ajouté à la dénomination officielle.

Un parti stalinisé, réformiste et nationaliste

Mais le Parti communiste, désormais centenaire, n’a jamais véritablement confirmé les espoirs révolutionnaires qu’avait placés en lui à sa création la partie la plus consciente et la plus combative de la classe ouvrière. Très tôt, dès les années 1920, la direction du PC fut mise au pas et Staline lui imposa tous ses zigzags stratégiques : sectarisme au début des années 1930, puis main tendue aux réformistes et aux radicaux pendant le Front populaire, appui au pacte Hitler-Staline en 1939, entrée dans la Résistance sur des bases chauvines, cocardières et patriotardes en 1941 après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne nazie, alignement sur la résistance gaulliste et participation aux gouvernements de De Gaulle à la Libération, vote des « pouvoirs spéciaux » au socialiste Guy Mollet en 1956, que ce dernier utilisa pour intensifier la guerre en Algérie, opposition au mouvement de grève générale en Mai 68 (avant de s’y rallier), entrée au gouvernement sous Mitterrand en 1981 dans le cadre de l’ « Union de la Gauche », puis en 1997 sous Chirac et derrière Jospin dans le cadre de la « gauche plurielle », etc.

L’hémorragie des militants et des électeurs

Malgré cette politique réformiste, conservatrice et, finalement, réactionnaire, le PCF a longtemps conservé une influence importante parmi les travailleurs, notamment du fait du contrôle qu’il exerçait étroitement sur les organismes dirigeants de la CGT, pratiquement à tous les échelons, et de son implantation dans les municipalités ouvrières.

Aujourd’hui, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses militants les plus anciens ne sont plus là, soit parce qu’ils ont disparu, soit parce qu’ils ont quitté le parti après ce qu’ils ont vécu comme des renoncements, en particulier le « tournant de la rigueur » de 1983 – déjà amorcé dans les faits en juin de l’année précédente à l’occasion du blocage des salaires – et autres attaques de Mitterrand-Mauroy contre les travailleurs, , et après 1997 quand Jospin expliquait son abandon des travailleurs de Renault Vilvoorde en affirmant que « l’État ne peut pas tout ». Entre-temps, les ministres du PC avaient largement pris leur part de reniements de leur programme, contribuant lourdement à la désertion des rangs du PC.

Depuis, le Parti communiste a été incapable de recruter des jeunes, en tout cas pour pouvoir renouveler les militants qui sont partis. L’effondrement des résultats électoraux du Parti communiste a été spectaculaire : plus de 21 % à la présidentielle de 1969 et... moins de 2 % à celle de 2007, la dernière où un candidat du PC était présent, en l’occurrence Marie-George Buffet. Mais, surtout, incapable de se distinguer des différentes variantes de la gauche réformiste, le Parti communiste a vu ses effectifs s’effondrer, passant de 300 000 militants revendiqués dans les années 1970 à 40 000 aujourd’hui, selon les dires de Fabien Roussel, son secrétaire national actuel.

Le Parti communiste révolutionnaire des travailleurs reste à construire

Aux dernières nouvelles, le Parti communiste tenterait de se distinguer des autres partis réformistes en présentant à nouveau son propre candidat à la présidentielle de 2022. Pas sûr que ce genre de « lifting » réussisse à redorer son blason !

Répétons-le : le Parti communiste n’a jamais comblé les espoirs révolutionnaires placés en lui. Mais l’idéal qui a présidé à sa naissance n’a pas disparu et, plus que jamais, il appartient aux jeunes générations de relever le drapeau de la révolution socialiste qu’il a abandonné depuis longtemps.

Jean Liévin

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article