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Retraite, sécu, emploi : il est temps de passer à la vitesse supérieure !

28 avril 2003

Les annonces gouvernementales sur le front social se multiplient.

Si on comprend bien, ce sera 42 ans de cotisation pour tous (après l’alignement du public sur le privé), le non-remplacement de la moitié des 30 000 fonctionnaires partant à la retraite dès l’année prochaine et le déremboursement de plus de 600 médicaments… pour commencer. Comme l’a fait remarqué Bernard Thibault face à Fillon, les mesures gouvernementales reviendront à une baisse de 20 à 30 % du niveau des pensions (privées et publiques) d’ici 2020.

En d’autres termes, ce que disaient depuis des mois de nombreux militants se révèle malheureusement vrai : les attaques contre les fonctionnaires ne font que préparer une attaque plus générale contre l’ensemble des travailleurs, sur les retraites, mais aussi sur la sécurité sociale et dans bien d’autres domaines comme l’emploi.

Cela jette une lumière crue sur les faux-semblants des directions syndicales qui justifiaient leur inaction en se « plaignant » du « flou » soi-disant entretenu par le gouvernement. Toutes ces attaques étaient parfaitement prévisibles et identifiées depuis longtemps, et il aurait été possible de préparer réellement la riposte depuis des mois, au lieu d’entretenir volontairement la confusion autour du tapis vert, comme l’ont fait les directions de tous les syndicats.

Le résultat, c’est que des millions de salariés n’avaient pas forcément bien compris jusqu’à présent ce qui se tramait. Aujourd’hui, ceux qui en doutaient ont quand même davantage l’impression d’être confrontés à une attaque sans précédant et qui concerne tout le monde.

Quelle riposte envisagent les confédérations syndicales ?

Côté gouvernement, on ne s’inquiète pas trop. Le journal du dimanche (du 27 avril) cite un « expert », le président d’un certain cabinet de « conseil en relations sociales » recruté par Fillon : « En préparation du 13 mai, les syndicats doivent tenir un langage dur pour mobiliser les troupes, poursuit Raymond Soubie. Mais sur le fond, on sent bien qu’ils sont tous, à l’exception peut-être de FO, convaincus de la nécessité de la réforme, même si c’est difficile à assumer ». Et le journaliste d’ajouter : « En témoigne l’échange plutôt cordial, jeudi soir sur France 2, entre François Fillon et Bernard Thibault ».

En effet. Même si Thibault a souligné que la réforme revenait à baisser les pensions de 20 à 30 %, il est aussi notable qu’il n’a pas évoqué les actions à venir, comme s’il ne cherchait pas réellement à mobiliser, se contentant de répondre qu’il n’est pas question de refaire 95 !

Les confédérations se sont toutefois mises d’accord pour annoncer des journées d’action : celle du 13 mai (et pas le 6 mai, pourtant déjà programmé dans toute l’Education Nationale !), puis éventuellement celle du 25 mai. Après ? Une promenade supplémentaire en juin, jusqu’à ce qu’on s’en lasse vraiment ? Le gouvernement aura déjà adopté son texte au conseil des ministres (le vote au parlement étant prévu en juillet).

Les personnels de l’Education Nationale qui ont commencé à se mettre en grève reconductible sont peut être en train de bousculer ce scénario bien huilé. A l’échelle de tout le pays, quelques centaines d’établissements (actuellement 90 en Ile-de-France) ne représentent qu’une minorité. Le mouvement a eu du mal à se coordonner alors que les vacances de Pâques étaient étalées sur 6 semaines entre les différentes académies. Mais une impulsion a été donnée par des personnels qui en avaient ras-le-bol des seules journées d’actions, même réussies mais sans lendemain. Or justement ce mouvement est sans doute en train de rebondir et il peut vraiment démarrer dans les jours qui viennent.

Il y a peut être une chance, et en tout cas une nécessité, de faire monter la pression. Dès le 1° mai, ce sera le rôle des militants, notamment d’extrême-gauche, et des travailleurs combatifs, de l’indiquer clairement.

Car l’enjeu est bien de s’y préparer, et de démarrer avec ou sans les syndicats.

Raoul GLABER

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