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Quelques premiers romans notables

11 octobre 2020 Convergences Culture

Chaque année en septembre, c’est la rentrée littéraire avec des centaines d’ouvrages édités et, parmi eux, des premiers romans qui marquent les débuts d’auteurs et autrices parfois prometteurs et dont les thèmes viennent souvent illustrer l’air du temps.

Les romans suivants sortent du lot, car ils abordent des sujets intéressants.


Cinq dans tes yeux, de Hadrien Bels (l’Iconoclaste, 18 euros) : un jeune Marseillais, moitié artiste (il veut être réalisateur mais filme surtout des mariages), moitié looser, raconte sa ville transformée par la gentrification. En parallèle, il revient sur son adolescence dans les quartiers populaires, passée à zoner avec une bande de jeunes issus de l’immigration. Sa langue, orale et très crue, est très élaborée. La satire, caustique des « bobos » et autres artistes du milieu du cinéma dans lequel il essaie de percer sonne très juste.


Bénie soit Sixtine, de Maylis Adhémar (Julliard, 19 euros) est une plongée dans les milieux catholiques intégristes – autant dire loin de nous – à travers le parcours de Sixtine. Son univers, tout petit, l’intolérance, les préjugés, les idées réacs de sa vie quotidienne sont bouleversés par un événement qui la conduit à fuir. C’est parfois un peu plein de bons sentiments, mais intéressant et optimiste !


Le fumoir, de Marius Jauffret (Anne Carrière, 17 euros) : un récit-témoignage autobiographique sur l’hospitalisation de l’auteur, jeune homme alcoolique, à Sainte-Anne. Il est pris dans les filets de la médecine psychiatrique, sans possibilité de sortir alors même qu’il n’est pas « fou » (mais qu’est-ce que l’être peut-on se demander en le lisant). Un ouvrage terrible et glaçant qui donne à réfléchir sur l’enfermement et la folie.


Que sur toi se lamente le tigre, de Émilienne Malfatto (Elyzad, 13,90 euros) : un très court roman sur la préparation d’un « crime d’honneur » ; une jeune fille tuée par son frère aîné, en Irak, sur fond de guerre civile, raconté à plusieurs voix. Puissant et poétique à la fois.

 


La petite dernière, de Fatima Daas (Noir sur blanc, 16 euros) : ce monologue est celui d’une jeune femme musulmane et lesbienne, qui mène une double vie, tiraillée entre son milieu familial, populaire et croyant, aux préjugés ordinaires contre l’homosexualité et ses aspirations à la liberté, à une « autre » vie. Tout est juste et sensible dans ces fragments de vie sur le poids du silence, les non-dits, l’aliénation provoquée par la tradition et la religion, que l’autrice ne remet pas complètement en cause.


Ce qu’il faut de nuit, de Laurent Petitmangin (La Manufacture des livres, 16,90 euros) : un père, cheminot, de gauche, et ses fils qu’il adore, dans l’est de la France ; ou comment une relation est détruite peu à peu quand le fils aîné se met à trainer avec des jeunes d’extrême droite… jusqu’à une série de drames. Un roman très fin et sensible, juste et émouvant, tant dans les analyses psychologiques que dans la description sociologique des milieux ouvriers et des inégalités de classe.


Les Orageuses, Marcia Burnier (Editions Cambourakis, 15 euros) : des jeunes femmes, militantes dans une mouvance d’extrême-gauche qui n’est pas précisée, se regroupent autour de Mia pour mener des actions de « réparation » contre les hommes qui les ont violées. Un roman qui raconte le traumatisme du viol, la peur qui s’installe ensuite mais aussi la guérison grâce à l’action collective qui redonne le courage et le goût de vivre.

Liliane Lafargue



Note : cette présentation de premiers romans s’est prolongée avec deux autres romans dans le Convergences révolutionnaires no 133. À trouver ci-dessous


Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemiec (Cherche midi, 18 euros) : ce polar écrit à quatre mains se déroule, comme son nom l’indique, en Alabama en 1963, État du sud des États-Unis dans lequel sévissait alors la ségrégation raciale mais aussi les prémices de la lutte pour les droits civiques. Ce contexte historique est plus qu’une toile de fond du roman qui réunit deux personnages, opposés a priori, dans une enquête sur la disparition de fillettes noires : un détective privé blanc, alcoolique et raciste, et une femme de ménage noire. Ce qui affole le Ku Klux Klan…

Une œuvre réaliste, pleine d’humour dans la façon de ridiculiser les préjugés racistes, avec des dialogues savoureux et parfois émouvants : une lecture facile et prenante !


L’enfant céleste, de Maud Simonnot (Les éditions de l’Observatoire, 17 euros) : une mère et son fils (enfant inadapté à l’école, car il a la tête dans les étoiles) fuient leur vie décevante pour une île de la Baltique, Ven, sur laquelle Tycho Brahe, astronome de la Renaissance fit construire un observatoire d’où il redessina entièrement la carte du ciel. L’intrigue classique du ressourcement des deux narrateurs s’entremêle à l’histoire de la vie, agitée et intense, de Tycho Brahe sur laquelle de nombreuses informations intéressantes sont données.

Un roman délicat et dépaysant.

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