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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 132, septembre-octobre 2020

Discussion

Pour que le NPA vive, avec toutes ses tendances et courants !

29 septembre 2020 Convergences Politique

Le journal Le Monde du 27 juillet dernier faisait état de discussions internes dans les différences instances de direction du NPA en titrant : « Le Nouveau parti anticapitaliste menacé d’implosion ». Cela reste à voir.

Au moment où le NPA a gagné une audience chez les travailleurs et la jeunesse en tant qu’organisation révolutionnaire, où l’actualité nationale et internationale se remplit de toutes les attaques des classes dirigeantes, mais aussi des réactions des classes populaires malgré les conditions inédites de la pandémie et du confinement ; au moment donc où il y a le plus grand besoin de toutes les forces de l’extrême gauche… le NPA prendrait le risque de se saborder ? Espérons que non. Bien des opportunités se présentent aujourd’hui à cette organisation d’extrême gauche, qui bénéficie d’une popularité certaine auprès de travailleuses et travailleurs, notamment grâce à ses candidats facteur et ouvrier qui n’ont rien à voir avec les politiciens des partis de gauche.

Mieux seuls et chacun pour soi ?

Dès sa fondation, le NPA rassemblait différentes « sensibilités », différents courants politiques, des tendances et même des fractions. C’était l’un de ses atouts : rassembler ces courants révolutionnaires qui pouvaient ainsi expérimenter leurs orientations et tentatives, les discuter, les confronter et se concerter… bien plus qu’en restant isolés.

Certes, les divergences n’ont pas manqué. Mais si leur effacement avait été un préalable à la création du NPA, celui-ci n’aurait tout simplement jamais vu le jour.

L’une de ces tendances aurait-elle les coudées plus franches en se séparant des autres ? Aurait-elle par exemple plus de poids en vue d’une « unité de la gauche sociale et politique », pour reprendre l’expression d’Olivier Besancenot dans un de ses meetings ? Le risque serait plutôt l’inverse : le danger d’une satellisation d’un courant révolutionnaire isolé par une gauche plutôt moins radicale que plus. Il y a bien des précédents. Or, c’est précisément cela que chacun, au NPA, dit vouloir éviter.

Le NPA existe tel qu’il est, avec tous ses courants dont la plus forte minorité constituant l’actuelle direction. Chacun d’ailleurs a ses moyens d’expression propres, ses activités, rarement contradictoires. Si tous les courants du NPA ne mènent pas nécessairement les mêmes activités, la façon dont telle ou telle activité se fait et ce qui en résulte intéresse tout le monde, même ceux qui n’ont pas fait le choix de la mener. Et il y va encore de l’intérêt des forces militantes du NPA sur le terrain, de l’existence de comités locaux ou de secteurs où des collaborations et de réelles relations de confiance se sont nouées.

Le moment de rester unis autour d’un programme d’urgence pour les travailleurs

Une scission du NPA serait un échec pour l’extrême gauche française, et peut-être pas seulement française. Elle affaiblirait à plus ou moins long terme tous les courants qui la composent, et même au-delà. Dans cette situation, notre propre tendance l’Étincelle du Npa, milite contre toute scission au sein du NPA, non pas au nom de son programme fondateur ambigu (qui d’ailleurs n’avait pas fait l’unanimité), mais parce, dans le contexte actuel, son existence même, sa présence militante dans bien des secteurs, la popularité de ses porte-parole en tant que révolutionnaires renforce nos idées et les possibilités d’une politique indépendante.

Pour que le NPA vive, apparaisse et se renforce

Dans le contexte actuel, le NPA dans son ensemble, et avec lui peut-être toute l’extrême gauche, pourrait et devrait se distinguer par une campagne sur un plan d’urgence pour les travailleurs. Olivier Besancenot redoute, dit il, le «  repli sur soi  », mais une scission ne pourrait que susciter ce repli. Et pour s’ouvrir, c’est vraiment vers l’extérieur qu’il faut le faire directement, pas vers les petits bouts de la gauche de la gauche réformiste qui elle-même accroche ses basques à Mélenchon. Encore moins en faisant d’une alliance comme Bordeaux en Lutte avec la FI un modèle d’ouverture qui pourrait, et ce serait un glissement bien plus compromettant, servir de modèle aux élections régionales de l’an prochain. S’il faut s’ouvrir, c’est vers tous ceux que révoltent la crise sociale actuelle, les vagues de licenciements, le chômage, avec une campagne de dénonciation du capitalisme, dans ce contexte de crise sanitaire accrue par des gouvernements qui en font l’occasion de nouvelles vagues de restructurations, licenciements, menaces, chantages et attaques tous azimuts. Une campagne du NPA, qui permette aux révolutionnaires que nous sommes de nous adresser aux travailleurs et à la jeunesse, de recruter, et en cas de succès de nous positionner pour intervenir dans les luttes à venir.

Pour le reste, nous sommes tout de même dans une période de mobilisation des classes populaires un peu partout dans le monde. En particulier, partout, ce sont des très jeunes qui sont mobilisés et en train de se politiser. C’est caractéristique d’une période de polarisation politique, certes, mais aussi de montée des luttes sociales. Précisément un contexte où il importe que les révolutionnaires s’expriment en tant que tels et se démarquent politiquement de tous les courants et appareils réformistes. Ce que favorise aujourd’hui, dans l’état actuel de nos forces, la cohabitation des différents courants révolutionnaires au sein d’un même parti, et non pas leur dispersion vers des alliances improbables.

27 septembre 2020, Léo Baserli

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