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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 137, mars 2021

Personnel de l’Éducation nationale à bout de souffle ! Le gouvernement fait l’autruche…

Dans l’Éducation nationale, la situation est à l’image de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Catastrophique. Malgré les quelques annonces, la crise sanitaire a rendu d’autant plus évidents les manques de moyens humains et financiers pour l’éducation : augmentation des cas, profs à bout de souffle, vie scolaire et agents d’entretien en sous-effectif constant… la coupe est pleine !

Cachez ces clusters qu’ils ne sauraient voir

Depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement multiplie les annonces de « mesures » dans l’Éducation nationale, se vantant auprès de ses voisins européens de réussir à maintenir les écoles ouvertes. Éviter la « catastrophe éducative mondiale », dit-il… Ce que le gouvernement semble avoir oublié, c’est l’argent, et le personnel supplémentaire pour assurer la mise en place des – trop faibles – mesures. Le 21 mars, le rectorat recensait 222 classes fermées dans l’académie de Créteil, la plus pauvre du pays, dont 139 dans le département de Seine-Saint-Denis ! D’après l’institut Pasteur, vivre avec un collégien augmente de 30 % les chances d’être atteint du Covid.

Six mois après la rentrée de septembre, aux lendemains des vacances d’hiver, Blanquer faisait le tour des médias pour annoncer une campagne massive de tests salivaires : entre 50 000 et 80 000 élèves censés être testés chaque semaine. Comme la honte n’arrête pas le culot, le ministre de l’Éducation a voulu dans un premier temps solliciter le personnel des écoles pour mettre en place ces tests. Il s’est ravisé. Restent les médecins scolaires (espèce rare et très recherchée dans les établissements…) et les infirmières ayant à charge des centaines d’enfants, pour faire le travail. Manque de moyens ? Mais le gouvernement se laisse racketter par les labos pharmaceutiques qui facturent 60 euros chaque test salivaire – et, mesquinerie supplémentaire, les facture un euro aux profs eux-mêmes !

Mesures sanitaires : avec les moyens du bord ?

Lors de sa dernière allocution, c’est le Premier ministre qui a pris la relève. Comme d’habitude, à l’Éducation nationale et ailleurs, mieux vaut ne pas rater les causeries du père Castex à 18 heures pour savoir ce qui sera mis en place le lendemain dans son propre établissement ! Pas de risques de contamination à l’école, nous répète-t-on en boucle, mais tout de même, il faudra mettre en place les demi-jauges dans l’ensemble des lycées des seize départements « confinés ». Le gouvernement a la mémoire courte, car ce qui lui semble nécessaire maintenant, c’est ce pourquoi les profs et le personnel non-enseignant s’étaient mis en grève… il y a quatre mois ! Et pour cause : des demi-jauges, oui, mais aux conditions du ministère, c’est-à-dire sans prise en compte de la potentielle surcharge de travail que cette mesure pourrait engager. Comme d’habitude, rien sur les collèges où élèves et personnel se côtoient en grand nombre, ni sur les écoles : ce qui montre bien que la principale préoccupation du gouvernement est de faire garder les enfants pour que leurs parents puissent aller travailler !

Laisser les écoles ouvertes et assurer l’accès à l’éducation au plus grand nombre, c’est bien sûr ce que souhaite le personnel de l’éducation. Mais les mesures imposées par le gouvernement contraignent à un bricolage extrêmement coûteux en temps sur le terrain mais rarement efficace. Chaque mesure de plus est un casse-tête pour l’administration, les vies scolaires et les enseignants. Ainsi le fonctionnement des cantines est extrêmement compliqué, avec un fort risque de contamination. Les absences pour cas contact, arrêts maladie, mais aussi pour burn-out se multiplient et ne sont que trop rarement remplacées.

Établissements scolaires en colère !

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le nombre de classes fermées augmente, tout comme celui des contaminations ! La vaccination – d’ici mi-mars pour tous les profs avait fanfaronné le gouvernement en décembre – est remise à plus tard, « quand il y aura des doses »… Mais le déni insupportable continue (les bêtises de Blanquer qui a inventé la contamination à « sens unique » ne font même plus sourire : « ce n’est pas du tout à l’école que les enfants se sont contaminés, mais en famille. C’est plutôt qu’ils peuvent éventuellement contaminer à l’école quand ils arrivent de leur famille. »). En cas de cluster, ce sont souvent les parents et les enseignants qui doivent se battre pour obtenir la fermeture de l’établissement, que les rectorats leur refusent.

Face au mépris du gouvernement, les salariés de l’éducation sont en colère, et ils ont bien raison. La crise sanitaire ne rend que plus criants les manques de moyens contre lesquels ces derniers se battent. Le mouvement de grève des profs et les mobilisations des lycéens en novembre pour imposer des demi-groupes et l’embauche de personnel a été suivi de plusieurs journées de grève, depuis janvier, des précaires de l’Éducation nationale. Les surveillants des vies scolaires se sont particulièrement mobilisés. Classes surchargées, salaires gelés ou trop bas, contrats précaires, manque d’effectifs : de la maternelle à l’université, des bureaux administratifs aux pions, en passant par les salles des profs et les cantines, les travailleurs de l’éducation sont tous dans le même bateau.

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