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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2022 > mars > 14

Notre solidarité avec le peuple ukrainien et l’hypocrisie de nos gouvernants

Tous les jours nous arrivent les images de ces quartiers dévastés des principales villes d’Ukraine. On compte aujourd’hui plus de deux millions de réfugiés. S’y ajoutent les déplacés de l’intérieur, fuyant les grandes villes pour rejoindre les régions non encore atteintes par la guerre. Ici, des gestes de solidarité envers le peuple ukrainien se sont multipliés ces derniers jours : manifestations contre la guerre, proposition d’accueil de réfugiés, collectes de secours à envoyer là-bas. On ne peut que s’en réjouir.

Mais quelle hypocrisie de nos gouvernants quand ils prétendent que c’est au nom de cette solidarité qu’ils vont nous faire payer un peu à nous aussi le prix de la guerre, coût de l’essence, hausse des budgets militaires !

L’hypocrisie du gouvernement

L’envolée des prix, les menaces de pénuries existaient déjà. Elles s’accentuent avec cette guerre en Ukraine qui aggrave la situation des travailleurs du monde entier, en particulier des Russes et surtout des Ukrainiens.

Ici, le litre d’essence qui dépasse désormais les deux euros n’est pas que le fruit de la guerre de Poutine. Il est celui de la guerre économique que se livrent les grandes puissances et leurs trusts à cette occasion. S’y ajoute la spéculation des compagnies pétrolières par anticipation des pénuries et de hausses de prix à venir.

Les 15 centimes promis par Castex ne compenseront pas l’augmentation des frais de transport. À côté, Bruno Le Maire a annoncé encore 22 milliards d’euros de soutien à l’économie, après les 100 milliards du plan de relance. Des cadeaux aux grandes entreprises, qui vont alimenter l’inflation sur le dos des travailleurs et des toutes petites entreprises, et dont il compte nous présenter la note.

Des sanctions contre-productives

Les politiciens de tous bords se réjouissent des sanctions économiques prises contre la Russie, quand ils ne proposent pas (Hollande, Jadot) d’en rajouter. Mais, plus que Poutine, c’est la population russe qui subit inflation et fermetures d’entreprises. Les « oligarques », eux, naviguent dans les paradis fiscaux et se rachèteront sans peine les yachts qu’on pourrait leur saisir.

Et si les sanctions ruinent la population russe, Poutine cherchera à s’en servir pour tenter de regrouper autour de lui, au nom du nationalisme d’un pays assiégé, et justifier sa politique guerrière.

La guerre économique sur le dos des peuples

Ces sanctions économiques n’arrêteront pas la guerre : elles sont la guerre économique que se livrent les grandes puissances et leurs trusts gaziers et pétroliers respectifs.

Avec quelques intérêts divergents entre alliés occidentaux eux-mêmes : les USA tiennent à vendre leur gaz à la place du gaz russe ; pour les capitalistes allemands ou français, s’en priver n’est pas simple, et ils marchandent sur l’ampleur des sanctions à infliger.

En attendant, sans aucune honte, Bruno Le Maire nous recommande de baisser le chauffage en « solidarité ». Pendant que la guerre d’Ukraine et les sanctions occidentales accroissent les risques de pénuries et de famines dans des pays comme l’Égypte, le Liban ou la Tunisie, qui dépendent des importations de blé ukrainien ou russe.

Guerre à la guerre

S’il y a une vraie lutte contre cette guerre sanglante de Poutine, c’est la résistance du peuple ukrainien. Ce sont aussi les manifestations qui se déroulent en Russie des opposants à la guerre, malgré les interdictions, les persécutions et les milliers d’arrestations. Et les jeunes soldats russes du contingent, qu’on envoie tuer (et se faire tuer) en Ukraine, pourraient bien, demain, s’avérer plus sensibles au sort de leurs frères d’Ukraine qu’aux ordres de leurs officiers, entre deux peuples qui ont un long passé commun, partagent les mêmes conditions de vie et de misère, et ont souvent des liens familiaux directs. C’est à ces opposants-là à la guerre que va notre solidarité.

Troupes russes hors d’Ukraine ! Liberté pour les peuples, affranchis de toute domination extérieure !

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