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Nos orientations et nos tâches

(Texte de la Fraction au congrès de LO de 1999)

29 novembre 1999 Politique

La situation économique, sociale, politique et morale de la classe ouvrière n’a pas changé de manière sensible durant l’année écoulée. La reprise économique profite non seulement aux capitalistes mais aussi à une bonne partie de la petite bourgeoisie, c’est-à-dire certainement des millions de personnes quand on y inclut, comme il se doit, les couches salariées supérieures. Pour les travailleurs, elle n’a amené ni hausse des salaires, ni vraie réduction du chômage qui ne baisse que dans la mesure où la précarité s’accroît. Pour une partie au moins d’entre eux, les conditions de travail se sont au contraire aggravées.

L’offensive des classes possédantes pour augmenter la part de la plus-value au détriment des salaires se poursuit systématiquement. Les suppressions d’emplois massives, voire les licenciements dans les grandes entreprises, ce qu’on a baptisé plans sociaux, continuent au rythme des années précédentes. Pendant un temps, la « crise » et les difficultés économiques, bien souvent et pour une bonne part grossies sinon inventées pour les besoins de la cause, ont servi de prétexte à cette offensive. Aujourd’hui les exploiteurs n’en ont même plus besoin. Rassurés devant l’absence de réactions importantes qui auraient mis leur système en péril, ils affichent ouvertement leurs objectifs. Licenciements, gel des salaires, augmentation de l’intensité et des charges de travail ne sont pas dictés pour permettre aux entreprises de survivre mais pour accroître les profits. L’arrogance et la brutalité de Michelin n’est que le plus bel et le plus récent exemple de l’attitude actuelle du patronat, qui estime qu’il doit montrer qu’il ne prend pas de gants envers les travailleurs pour courtiser plus à son aise les milieux financiers et les actionnaires.

Le gouvernement Jospin, dans le droit fil de ses prédécesseurs de gauche et de droite, coordonne cette offensive anti-ouvrière. Il la mène lui-même directement dans les services publics (la réforme hospitalière notamment où le plan d’économie élaboré par la CNAM équivaudrait à la suppression de 160 000 emplois) et dans les domaines qui dépendent directement de lui, comme le projet de réforme des retraites pour lequel il a, par avance, le soutien ouvert de la CFDT et la complicité de la CGT aujourd’hui ouverte à l’idée des fonds de pensions.

Seule une hypocrisie plus grande le différencie de Juppé, partis de gauche et directions syndicales devant justifier l’aide et le soutien qu’ils apportent dans la mise en oeuvre de cette politique anti-ouvrière. Ainsi les lois Aubry permettent-elles aux patrons d’accroître la flexibilité et l’intensité du travail, de geler les salaires, de masquer des suppressions d’emplois et de recevoir en plus de nouvelles subventions pour le faire. Mais le gouvernement et la gauche toute entière, PCF compris, tentent de les vendre aux travailleurs comme des mesures pour la réduction du temps de travail.

Pour le plan d’urgence et le mouvement d’ensemble

La classe ouvrière est certainement désillusionnée mais pas défaite. Depuis des années elle cède du terrain mais sans avoir encore mené de combats d’envergure. Ces derniers mois encore les mouvements ont été nombreux, en réaction aux menaces de licenciements mais aussi aux accords Aubry, contre la flexibilité, la remise en question des acquis, la suppression des temps de pause, l’allongement de la journée de travail ou encore le gel des salaires. Mais ils sont restés dispersés, limités, inconnus le plus souvent des autres travailleurs y compris du même groupe, voire de la même entreprise. La plupart des organisations syndicales en effet non seulement ne militent pas pour une extension, que les travailleurs n’envisagent pas eux-mêmes, mais ne remplissent même pas leur tâche élémentaire d’information ou de coordination. Certes bien des réactions actuelles aux mesures d’application des 35 heures ont lieu à l’initiative des syndicalistes locaux. C’est la marge de manoeuvre que les appareils nationaux leur laissent, voire même leur conseillent d’utiliser : se battre localement et secteur par secteur pour une meilleure application dans le cadre d’accords généraux signés ou acceptés de fait par tous. Mais c’est aussi au moins un indice que si, pour l’instant, les syndicats ne sont pas poussés, ils trouvent un certain répondant lorsqu’ils appellent les travailleurs à réagir. L’attitude des directions syndicales, y compris de la CGT, refusant de s’associer à l’appel du PCF à manifester le 16 octobre, est caractéristique de leur volonté de ne rien faire qui puisse contribuer à une mobilisation d’ensemble des travailleurs.

Rares sont les mouvements qui ont attiré même un instant une plus large attention comme celui des roulants SNCF au printemps. Encore plus rares les grèves qui ont duré des semaines, voire des mois, et ont fini par triompher comme celle des travailleurs d’Elf, grâce à des circonstances exceptionnelles qui opposaient les capitalistes entre eux.

La classe ouvrière n’est pas démoralisée, mais elle ne voit pas ou ne croit pas à une possibilité de bataille générale contre le patronat, d’autant plus qu’elle discerne fort bien qu’il a le soutien total du gouvernement, malgré les feintes colères de Jospin ou Aubry ou les présentations tendancieuses des syndicats et de la gauche plurielle.

C’est pourtant cette bataille générale, un mouvement d’ensemble, une grève générale, qui pourraient seuls renverser la situation, mettre un terme à l’offensive de la bourgeoisie, reprendre le terrain perdu, en reprendre même à l’adversaire et mettre les salariés en situation de force par rapport à leurs exploiteurs.

Avancée depuis quelques années par Lutte Ouvrière, avant d’être repris par d’autres groupes ou courants d’extrême gauche, l’idée d’un « plan d’urgence » a esquissé l’ensemble des mesures possibles et souhaitables à imposer pour changer la situation du monde du travail. Mais jusqu’ici l’agitation et la propagande en faveur de ces objectifs ont été faites surtout lors les campagnes électorales, qui ne fournissent pas les meilleures circonstances, qu’on le veuille ou non, pour insister aussi sur les luttes, le mouvement d’ensemble ou la grève générale, c’est-à-dire les moyens pour imposer ce plan d’urgence. Dans cet intervalle exceptionnel de deux années sans élections, la première tâche de notre organisation est donc de défendre cette perspective auprès des travailleurs, et d’autant plus qu’ils sont sceptiques, désabusés ou incrédules.

Pour l’extension de notre activité militante

Ni les campagnes électorales ni même les succès ne suffiront pour que nos idées et surtout nos perspectives soient de mieux en mieux entendues et perçues du monde du travail. Pour cela il nous faut toucher par notre activité militante une fraction de la population laborieuse plus importante.

Pour cela, la feuille d’entreprise a été le moyen essentiel utilisé par notre organisation jusqu’ici. Sans doute ni le seul ni adapté à toutes les circonstances, il est cependant dans la situation que nous connaissons encore aujourd’hui un moyen qui permet de faire connaître nos positions, nos arguments et notre existence même à l’ensemble des travailleurs du rang, un moyen aussi de trouver et regrouper les travailleurs les plus combatifs et les plus sensibles à nos idées ou nos perspectives. Il nous faut donc multiplier les feuilles d’entreprise.

La notoriété grandissante de LO depuis les élections présidentielles de 1995, renforcée encore par le récent résultat des européennes, fait justement qu’un certain nombre de travailleurs, souvent ex-militants ou sympathisants d’extrême gauche, de LO ou d’autres courants, trotskystes, communistes, libertaires, regardent vers notre organisation, dont forcément quelques-uns au moins dans des entreprises où nous ne sommes pas présents. Les rechercher systématiquement et leur proposer de nous aider à entamer un travail politique dans leur usine, chantier, laboratoire ou bureau, peut nous permettre d’apparaître dans quelques dizaines d’entreprises nouvelles, peut-être plus si nous savons utiliser tous les appuis connus, trouver ceux avec qui nous n’avons pas encore le contact direct.

La cible première pour la publication de ces feuilles reste bien entendu les plus grandes entreprises. Mais la tendance actuelle du capitalisme est de réduire les concentrations de salariés sur le même site pour disperser la main-d’oeuvre dans des entreprises plus petites, particulièrement en ce qui concerne les entreprises de production. Il nous faut donc cibler aussi les entreprises de taille moyenne, de quelques centaines de salariés tout au plus. De plus, dans les entreprises de cette taille, la présence syndicale étant faible, voire inexistante, le travail politique se double de celui de faire vivre ou revivre le syndicat, qui reste une des tâches permanentes des militants ouvriers communistes.

Avec la même volonté d’utiliser tous nos éventuels soutiens, il est même possible d’envisager ici ou là une feuille locale, sur une zone industrielle par exemple. Il faut certes prendre garde qu’elle ne serve d’ersatz de la feuille d’entreprise qui dans tous les cas est prioritaire. Et une feuille sur plusieurs petites entreprises d’un même secteur ou d’une zone industrielle nécessitant dès son démarrage, pour ne pas être une fiction, de soutiens bien plus nombreux qu’une feuille d’entreprise , est au-dessus de nos forces dans bien des cas. Mais peut-être pas dans tous. Elle pourrait alors contribuer à accroître notre implantation et, par les contacts que l’on nouerait, donner une possibilité supplémentaire pour l’organisation d’avoir connaissance d’un plus grand nombre de ces petits conflits, peut-être d’y intervenir.

Le déclenchement de grandes luttes dépend de nombreux facteurs, dont beaucoup nous échappent, et pratiquement pas de l’agitation des organisations politiques, même plus large qu’elle n’est actuellement. Cependant le moral et la confiance de la classe ouvrière en ses capacités, et donc sa confiance dans les perspectives que nous défendons, dépend en partie au moins du déroulement et de l’issue des luttes limitées qui s’engagent quotidiennement, c’est-à-dire du fait qu’elles soient menées jusqu’au bout de leurs possibilités, tant du point de vue des résultats matériels que des progrès dans la conscience des travailleurs. Et cette tâche reste bien celle des militants révolutionnaires même dans une période de relatif calme social. La plupart du temps, les organisations syndicales ne manifestent une combativité apparente que lorsque les travailleurs ne veulent pas se battre. Et encore ! Combien d’accords Aubry ont-ils été signés par ces organisations syndicales sans opposition active certes mais contre les sentiments des travailleurs ? Et surtout combien d’entre ces organisations syndicales, devant le moindre mouvement, même minoritaire, même très limité, même de 10 % seulement du personnel, n’ont-elles qu’une volonté, celle de l’arrêter au plus vite ?

Pour l’action commune avec le PCF et les organisations ouvrières

L’élection d’une vingtaine de conseillers régionaux de Lutte Ouvrière il y a un an, celle de députés européens cette année, n’ont pas changé l’importance et la force de Lutte Ouvrière dans la société, le nombre de ses militants ou de ses sympathisants actifs. Elles ont changé son importance sur la scène politicienne, aux yeux des médias comme des partis politiques, en particulier ceux de gauche.

Ce poids électoral, concrétisé par ces élus, a amené le PCF, dont la politique est essentiellement déterminée par les élections et l’activité parlementaire, à modifier sa politique à notre égard. Au parlement de Strasbourg, il a accepté l’intégration des élus trotskystes au groupe des Gauches Unies Européennes, accord purement technique mais dont il espère bien quelques retombées et bénéfices politiques. Et il a proposé la co-organisation de la manifestation pour l’emploi le 16 octobre, en attendant peut-être d’autres actions en commun sur ce thème ou sur d’autres.

L’action commune avec le PCF comme avec d’autres partis, syndicats, associations qui peuvent se réclamer de près ou de loin du mouvement ouvrier, voire simplement de la gauche, est souhaitable. Nous devons même prendre les devants et la rechercher systématiquement. Lutte Ouvrière doit avoir une politique, c’est-à-dire des propositions tant sur les modes d’action que sur les objectifs, à l’égard du PCF et des organisations qui peuvent compter dans le mouvement ouvrier, en premier lieu les grandes centrales syndicales. Le poids politique acquis aujourd’hui par notre organisation, en tout cas relativement à ces organisations, non seulement l’autorise, mais l’impose. Que le PCF juge bon de prendre lui-même l’initiative de nous faire des propositions en est une indication.

Il était donc juste de répondre positivement aux propositions du PCF, et d’accepter non seulement de participer mais aussi d’être co-organisateurs. Il était juste de proposer de donner une suite au 16 octobre sous la forme d’actions qui soient susceptibles d’élargir la mobilisation. Et il est juste de consacrer nos forces à mobiliser pour le succès des manifestations du 11 décembre. Il faudra répondre de la même façon à d’éventuelles propositions semblables à venir. Ou plutôt mieux même, en faire nous-mêmes.

Mais le PCF fait partie de la gauche plurielle. Il participe au gouvernement et soutient la politique anti-ouvrière de celui-ci, n’émettant des réserves et des critiques que pour justifier son alignement final. Ainsi, le 16 octobre, tout était soigneusement pesé et calculé pour que la manifestation aboutisse à conforter la politique de sa direction, celle dont Robert Hue se vante avec pas mal de cynisme, « un pied dans les institutions », « un pied dans le mouvement populaire » : le flou des objectifs de l’appel commun comme l’annonce du ralliement à la loi Aubry la veille. L’invitation faite à l’extrême gauche à participer et même co-organiser avait elle-même pour but de renforcer la démonstration. Le PCF pouvait faire défiler dans la rue ses propres troupes dont une partie renâcle devant la politique de Jospin, les flanquer même de celles des organisations anti-gouvernementales notoires que sont LO et la LCR, sans que cela ne change, n’ébranle ou ne nuise à son soutien et à sa participation au gouvernement.

Cela ne doit pas nous empêcher de saisir les occasions de nous retrouver avec les militants et sympathisants PCF, ou d’autres organisations plus ou moins liées au mouvement ouvrier, lorsqu’ à l’appel de leur direction ils descendent dans la rue pour exprimer même confusément des revendications et des aspirations qui sont celles des travailleurs. Le nombre des manifestants peut alors être un facteur contribuant à redonner le moral, à eux-mêmes ou à d’autres. Nous devons donc dans la mesure de nos moyens contribuer démonstrativement et ouvertement à faire qu’il y ait ce nombre, à appeler et organiser. Mais cela ne doit pas nous amener à fermer les yeux sur la politique de leur parti absolument contraire à ces aspirations et revendications.

Avec le PCF, aujourd’hui, il y a nécessité pour Lutte Ouvrière et l’extrême gauche de démontrer aux militants notre volonté d’agir en commun avec eux. Mais il y a aussi nécessité de ne pas donner ne serait-ce que l’impression que nous constituons même implicitement un front politique avec sa direction sur la base de la politique actuelle de celle-ci. Ne serait-ce que pour la clarté de la démonstration que nous voulons faire auprès des militants et travailleurs PCF : si nous sommes prêts à agir en commun y compris avec Robert Hue pour l’emploi, nous ne sommes pas prêts à approuver le moindrement son soutien au gouvernement. Et quand lui-même mélange les deux par sa propre attitude, c’est à nous de les démêler par la nôtre. Le 16 octobre, il était faux pour les révolutionnaires de défiler aux côtés ou bras dessus bras dessous avec des gens qui au même moment renouvelaient ouvertement leur soutien au gouvernement, votaient la loi Aubry, approuvaient une politique allant à l’encontre des buts mêmes de la manifestation et entendaient ouvertement se servir de celle-ci pour conforter cette politique, et de ne pas se démarquer sur ces questions.

Pour proposer l’action commune au PCF comme à d’autres partis, syndicats ou associations du mouvement ouvrier, il ne s’agit évidemment pas de mettre des conditions inacceptables tant par sa direction que par ses militants, d’exiger au préalable l’abandon des volets d’une politique que nous condamnons, comme le soutien au gouvernement, ou de ne pas être prêts à agir sur des objectifs limités sur lesquels il peut y avoir accord. Mais à chaque pas fait en commun, les modalités de l’apparition de notre organisation, les mots d’ordre et les slogans mis en avant, dépendent du contexte comme des objectifs que nous nous assignons mais aussi que les autres s’assignent. Dans une manifestation aux objectifs limités, mais clairs, il est parfaitement normal de se limiter à ceux-ci. Si le 16 octobre il n’avait été question que de manifester « pour l’emploi », Lutte Ouvrière aurait peut-être été fondée de se limiter à mettre l’accent uniquement sur « l’interdiction des licenciements » ou « le contrôle des comptes ». Mais de par la volonté de la direction du PCF témoin l’annonce de son ralliement à la loi Aubry , il s’agissait aussi et avant tout d’une opération politique visant à justifier sa présence et son maintien au sein du gouvernement.

Nous n’entraînerons d’autres courants, militants ou organisations, dans des actions communes, et à plus forte raison dans une mobilisation croissante, comme LO le propose aujourd’hui au PC et aux syndicats, qu’en prouvant certes que nous sommes parfaitement loyaux dans l’action. Mais loyauté signifie aussi dire clairement ce pour quoi nous sommes prêts à combattre avec eux, ce pour quoi il n’en est pas question et ce à quoi nous nous opposons. Et le dire aux militants individuellement ou collectivement, aux directions et, quand il le faut, dans les actions menées en commun.

Pour la poursuite du front d’extrême gauche avec la LCR

Grâce à l’élection de deux députés européens de la Ligue Communiste Révolutionnaire et trois de Lutte Ouvrière, le front constitué entre les deux organisations à l’occasion de ces élections s’est maintenu. Mais depuis juin, il s’est surtout manifesté au parlement européen ou dans l’activité des députés européens.

La profession de foi commune, base politique de l’alliance conclue pour les élections, était un programme non pour les élections mais pour les luttes, comme Arlette Laguiller et Alain Krivine l’ont répété eux-mêmes au long de la campagne. Elle reprenait en effet l’essentiel du plan d’urgence popularisé par LO et que notre organisation, même quand elle l’a avancé en guise de plate-forme électorale, a toujours présenté comme la série d’objectifs que la classe ouvrière pourra et devra se donner quand elle entrera en lutte.

Les élections sont passées et ne se représenteront, heureusement, que dans un an et demi. Les grandes luttes ne sont toujours pas là. Mais la nécessité de les préparer dans la mesure de nos moyens, et donc la nécessité d’une agitation et d’une propagande pour le mouvement d’ensemble et les mesures d’urgence, demeure plus que jamais. La LCR et LO qui ont fait cette agitation à l’occasion des élections tout en disant que c’était pour préparer la suite sont maintenant dans cette suite.

Dans le droit fil de ce qu’elles ont dit, fait et promis ensemble, elles doivent maintenant prolonger leur campagne électorale par une nouvelle campagne commune sur le plan d’urgence et le mouvement d’ensemble. Et LO doit le proposer explicitement à la LCR.

Les modalités et le rythme meetings, rencontres militantes, affiches, tracts, etc. d’une telle campagne, hors élections, sont à définir et à débattre. Ses axes et ses points d’attaque aussi, afin de toucher le maximum de travailleurs et de militants en fonction de leurs préoccupations du moment : actuellement il est impossible de dissocier une campagne sur plan d’urgence d’une dénonciation de la loi Aubry vecteur actuel et surtout futur des attaques tous azimuts des patrons et du gouvernement et sans doute demain des projets de réformes de la Sécurité sociale, de la santé ou des régimes de retraite.

En tout cas il ne fait pas de doute qu’une telle campagne serait nécessaire. Elle permettrait de consolider l’alliance avec la LCR sur une politique de lutte de classe, de faire apparaître la force politique des révolutionnaires sur un autre terrain que celui des élections ou du parlement européen, de s’adresser aux autres organisations politiques ou syndicales ouvrières avec plus de crédibilité et de force et sans doute d’entraîner et de rassembler autour de nous un certain nombre de militants et de groupes, en tout cas d’extrême gauche.

La Ligue Communiste Révolutionnaire a fait depuis deux mois un certain nombre de propositions d’activités communes. Elles ont été jugées pointillistes ? Pas assez nettement insérées dans une perspective plus large en donnant l’impression de n’avoir d’autres finalités que de prouver une unité plus symbolique que réelle ? Peut-être. Mais en les rejetant pour l’essentiel sans s’en saisir pour proposer cette perspective plus large, Lutte Ouvrière ne répondrait pas mieux aux tâches de l’heure, et raterait une occasion de faire faire un pas en avant aux deux organisations.

12 novembre 1999

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