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Non, la France ne brûle pas... encore !

18 novembre 2005 Politique

S’il est une chose que souligne l’explosion des banlieues, c’est qu’il y a urgence. Non urgence à « réduire la fracture sociale », comme dit Jacques Chirac, ni à rétablir ordre et fermeté, les maîtres-mots de Nicolas Sarkozy, ni à « faire reculer la peur » et « impliquer tous les citoyens, toutes générations confondues, pour construire de vraies alternatives politiques », comme déclarait, à l’autre extrémité de l’hémicycle, l’orateur du PCF avec, comme les autres, 2007 en ligne de mire.

Il y a urgence à préparer l’explosion sociale.

Car l’explosion des banlieues, d’une fraction la plus déshéritée de la jeunesse ouvrière, c’est celle de la misère et du chômage qui éclate à la figure de la société. Même si elle éclate de façon absurde, sans conscience politique sauf celle de se sentir exclu, en cassant ou brûlant n’importe quoi, même une école ou la voiture de son voisin smicard ou chômeur, question de montrer sa colère contre une injustice et une bavure de trop, de se faire entendre ou de se venger du mépris dont la jeunesse des quartiers pauvres est victime.

Tout répressif...

La réponse du pouvoir est telle qu’on pouvait l’attendre : arrestations et condamnations sévères pour faire payer cher aux jeunes en révolte leurs incartades ; proclamation de l’état d’urgence et du couvre-feu, que même des maires de droite jugent dérisoires et inutiles, pour satisfaire la clientèle électorale la plus réactionnaire. Et du côté des mesures dites sociales, l’apprentissage dès 14 ans, dont bien des patrons ne veulent même pas, ou le « service civique », c’est-à-dire des simili-emplois qui seraient offerts, promet Chirac, à 50 000 jeunes. Pour un Smic, comme auxiliaire de police, pour le couvert et 300 Є de solde dans le cadre du ministère de la défense ou pour 500 Є si le jeune préfère travailler dans l’associatif. Le tout accompagné de la promesse de quelques « contrats d’accompagnement » d’un an dans les écoles, l’environnement ou la santé, réservés aux jeunes inscrits au chômage. Des dispositifs qui existent déjà et que l’on se contente de faire mousser.

La réponse du Parti socialiste a été de la même eau. Il a commencé par approuver les mesures sécuritaires, y compris l’instauration de l’état d’urgence, même si une semaine plus tard il n’a pas osé voter sa prolongation pour trois mois. Et par affirmer sa solidarité avec le gouvernement, Julien Dray ajoutant à l’adresse de ceux qui demandaient la démission de Sarkozy (Marie-George Buffet notamment) que ce serait donner la victoire aux émeutiers. A quand la petite main « touche pas à mon flic » ?

Le PS peut bien après cela déplorer que ce gouvernement de droite n’ait pas donné aux collectivités locales suffisamment de subventions pour les équipements sociaux, ou ait défait ce que la gauche avait fait, à commencer par la police de proximité. Comme si la solution au problème des banlieues était une question de guerre des polices, chaque camp prétendant avoir la meilleure flicaille !

...ou dialogue citoyen

Les élus communistes, eux, se sont retrouvés le mercredi 9 novembre au siège du Parti communiste, place du colonel Fabien, pour discuter de la situation. Ils ont bien sûr évoqué, rapporte L’Humanité, le chômage et les licenciements. Ils ont la misère sous les yeux dans leurs communes, ces logements dont « les portes, nombreuses, s’ouvrent sur cinq, six, sept personnes vivant dans 30 mètres carrés : où est l’État républicain invoqué quand ça flambe mais qui abandonne les familles à cette vie au nom du marché et du sacro-saint libéralisme ? », disait Raymonde Rogow, une maire-adjointe de Grigny (Essonne), pour expliquer le désarroi et la révolte des jeunes.

Mais ils ont exprimé aussi une autre inquiétude, la leur. Comme Thierry Aury, conseiller municipal à Beauvais (Oise) qui, lorsqu’il entend des propos comme « aujourd’hui, ce sont les jeunes, mais demain cela pourrait être nous... », ajoute : « dans les entreprises où fusent les licenciements, l’exaspération est profonde. Les responsables syndicaux passent des heures pour convaincre de ne pas user de la violence. Il n’est pas sûr que le mur sur lequel se heurtent de plus en plus les salariés en tous les domaines ne suscite rapidement des explosions. » Pas pour les souhaiter, d’évidence, plutôt pour se proposer comme pompier de l’incendie social !

André Gérin, le maire de Vénissieux (banlieue de Lyon), pour qui l’explosion des banlieues est « l’échec de vingt-cinq années d’accompagnement social du chômage », avait déjà envisagé la veille dans Le Parisien une éventuelle solution : la priorité étant l’emploi des jeunes, il serait prêt dans sa ville, « à aider un artisan qui accepterait de former un apprenti ». Pas dès 14 ans, tout de même !

Président de l’Association nationale des élus communistes et républicains, Bernard Birsinger, le maire de Bobigny (Seine-Saint Denis) concluait la réunion, écrit toujours l’Humanité, en se félicitant de la mobilisation citoyenne suscitée par les violences. Il est sans doute positif que dans quelques villes on ait pu voir des adultes, souvent des militants associatifs ou syndicaux, tenter de surveiller les équipements collectifs et de dialoguer avec les jeunes révoltés, dont ils comprenaient la colère sans approuver la façon de l’exprimer, plutôt que d’appeler la police à la rescousse. Mais pour leur montrer la voie d’un autre combat plus énergique, plus efficace contre le racisme, le chômage et la misère qui sont le lot quotidien des banlieues ? Ou leur faire la morale ?

Le maire PCF en tout cas n’a proposé que « d’inventer des espaces de rencontres, de vigilance, d’échanges entre les citoyens de tous âges, de toutes origines, avec les membres de la police, de la justice qui le souhaitent, avec les élus, avec les établissements scolaires qui le voudraient ? Des lieux ouverts, où chacun pourrait apprendre à se connaître, à connaître la réalité de sa vie, de ses questionnements, de ses vexations, de ses recherches, avec dignité et respect ? ».

Les jeunes sans avenir et sans emploi, rejetés par une école qui n’est pas faite pour eux, ou qui, même lorsqu’ils réussissent quelques études, restent au chômage à cause de leur origine sociale ou leur couleur de peau, devraient-ils donc apprendre à se sentir « citoyens » et à goûter les délices républicains du dialogue avec le juge, le flic et les élus ? C’est cela, la solution du PCF ?

Le ton d’un Bernard Thibault, secrétaire de la CGT, sonne un peu plus juste. Il ne parle pas, lui, de crise des banlieues, ne va pas chercher de sociologues pour interpréter le malaise des jeunes, ni d’enquêteurs pour pister le voyou. Il parle de « crise sociale » et dit, dans un interview au Monde que, même si dans la révolte des jeunes « on n’a pas vu de banderoles, de drapeaux syndicaux, [...] il est bien question d’emploi, de moyens pour vivre et de dignité ». Il en conclut néanmoins : « quand les colères ne trouvent plus le moyen de s’exprimer dans un cadre collectif, par des moyens démocratiques, ce doit être un souci permanent et urgent pour le gouvernement  ». Mais si la colère ne trouve plus de moyens collectifs de s’exprimer, à qui la faute ? Aux gouvernements successifs ? Sans aucun doute. Aux exploiteurs de tous poils ? Certainement. Mais qu’en est-il aussi de la responsabilité de ceux dont le souci aurait dû être d’offrir des perspectives à ces colères... et qui ne l’ont pas fait ? A commencer par les chefs syndicalistes comme Bernard Thibault ?

Oui, une crise sociale

La crise sociale s’approfondit depuis des années avec l’accroissement du chômage, la baisse générale du pouvoir d’achat et la multiplication des emplois précaires, intermittents ou à temps partiels qui ne donnent pour vivre qu’une fraction de Smic. Elle se manifeste d’autant plus dans les quartiers pauvres qu’ils deviennent des ghettos à chômeurs, ghettos que ceux qui ont un emploi fixe s’efforcent de quitter pour loger dans des cités moins dégradées.

S’y ajoute la détérioration des services publics faute de personnel, des logements faute d’entretien et de crédits, de l’éducation faute d’enseignants en nombre suffisant pour pouvoir s’occuper et faire progresser des enfants qui n’ont ni aide scolaire ni culture à domicile.

Alors, quoi qu’en disent toutes les bonnes âmes de gauche qui se penchent sur le « malaise des banlieues », il ne suffirait pas de réhabiliter et rénover les barres de HLM ou de mettre à disposition plus d’équipements sociaux, d’enseignants ou d’éducateurs (alors que toute la politique budgétaire des gouvernements de gauche comme de droite depuis des années va dans le sens opposé), pour que ces jeunes à la dérive retrouvent goût à l’école, espoir en l’avenir... quand cette école n’offre pour avenir que chômage et précarité.

Déboussolée peut-être, mais pas résignée

C’est vrai que chez une partie de ces fils d’ouvriers ou de chômeurs qui ont pris le coup de sang à l’annonce de la mort de deux d’entre eux poursuivis (ou se croyant poursuivis, peu importe) par la police, c’est souvent plus la débrouillardise et l’individualisme qui priment, à l’image de ce que la société leur enseigne, que la solidarité avec leur classe ou entre eux. Pas complètement tout de même : si la révolte s’est propagée en un tournemain de villes en villes, c’est bien qu’ils se sentent partout les victimes du même mépris et du même harcèlement d’une police raciste et anti-jeunes... quand les jeunes sont pauvres.

Et certainement pas chez tous, loin de là. C’est une fraction de cette même jeunesse, issue des mêmes quartiers, des mêmes cités, qu’on a vue déjà dans la rue il y a quelques mois, lors des manifestations lycéennes dont la particularité (comme celle d’ailleurs d’autres mouvements lycéens des années passées) a été de rassembler surtout des lycéens de banlieue. Ils étaient même plus nombreux que lors du coup de colère de ces dernières semaines. Et ils manifestaient pour ne plus être considérés comme des « moins que rien » et pour ne pas se voir offrir seulement des lycées de seconde classe et un « bac à deux vitesses qui creuse les inégalités sociales ». Ils n’ont brûlé alors ni voitures ni écoles. Contre eux aussi pourtant, dès que le mouvement a décru, le gouvernement a sévi, condamnant certains à de lourdes amendes, voire quelques mois de prison ou de travaux d’utilité publique pour l’occupation d’un lycée ou d’une inspection académique ou sous prétexte d’« outrage à agent ».

Ces deux mouvements sont différents. Mais ils ont les mêmes causes et les mêmes racines. Et il n’y a pas de barrière entre les deux, ni entre les participants de l’un et de l’autre, qui vivent ensemble et ont pu être à la fois dans l’un et dans l’autre. Et si parmi les casseurs de ces derniers jours, il y en avait probablement aussi qui étaient allés en bandes jouer au baston et organiser la fauche dans les cortèges lycéens de l’hiver dernier, cela ne montre qu’une seule chose : comment la confusion qui règne dans les têtes et les cœurs de cette jeunesse permettrait facilement à ses ennemis, qui sont aussi les nôtres, police ou extrêmes droites, de la manipuler.

Car pour que ce soit sa fraction la plus collective et consciente qui donne le ton, il faudrait que le mouvement ouvrier le donne lui-même et que des luttes résolues de la classe ouvrière offrent aux jeunes, révoltés par les conditions qui leur sont faites, des perspectives.

Des banderoles peu attrayantes

C’est vrai, comme dit Bernard Thibault, qu’on ne voit pas la révolte des jeunes de banlieues arborer de banderoles syndicales. Mais quel modèle de combativité donne le syndicalisme à ces jeunes qui ont le sentiment de n’avoir rien à perdre ? Ne parlons même pas du modèle de syndicalisme à la François Chérèque (alors que se prépare une grève reconductible à la SNCF, à l’appel de la CGT, FO, SUD-rail et FGAAC, la CFDT-cheminots vient de publier un brillant communiqué intitulé Grève à la SNCF : la CFDT se prononce contre). Mais Bernard Thibault lui-même ? Qui marchande en direct avec Sarkozy (du temps où il était au ministère des finances), par-dessus la tête des ouvriers de Perrier en lutte, la reddition de la CGT et son renoncement à s’opposer au plan de restructuration de l’entreprise et à des centaines de licenciements ? Quel modèle de détermination donne-t-il quand il tente de négocier avec Villepin un adoucissement du plan de privatisation de la SNCM, et que la CGT appelle les marins à la reprise, après 23 jours de grève, dès que le Premier ministre tape du poing sur la table en brandissant la menace de liquidation ? Et quelle preuve d’efficacité quand, en permettant au gouvernement de boucler sans dommage la grève de la SNCM, il lui permet de passer tranquillement à l’opération suivante, la privatisation d’EDF ?

Non qu’il n’y ait pas de réactions de travailleurs face aux attaques dont ils sont victimes. On vient d’en citer, on pourrait y ajouter celles des transports marseillais et d’autres encore. Mais les confédérations syndicales, y compris celle qui apparaît la plus combattive, la CGT, laissent isolée chacune des luttes qui éclatent. Elles meublent le calendrier syndical d’actions par catégories ou secteurs savamment échelonnées dans le temps. Et elles se gardent bien de donner une suite quand une journée d’action nationale, comme celle du 4 octobre, peut apparaître comme un succès qui pourrait donner confiance aux travailleurs en leur force et ouvrir la perspective d’une mobilisation d’ensemble du monde du travail.

Mais l’objectif des confédérations n’est que de montrer, au travers de telles journées, leurs « représentativités » respectives pour s’asseoir aux tables des négociations... auxquelles le gouvernement de Villepin, comme son prédécesseur Raffarin, les invite sans trop de réticence. D’autant que toutes les négociations ouvertes le sont sur la base des projets gouvernementaux, sur les réformes qu’il entreprend à la demande du patronat. Si bien qu’on ne négocie que l’importance des concessions à faire par les travailleurs, c’est-à-dire toujours des reculs : que ce soit la réforme des retraites, celle de la sécurité sociale, la formation professionnelle sur le temps de travail ou les contrats « nouvelle embauche ». Et chaque recul est suivi d’un autre. En ce moment, par exemple, l’indemnisation du chômage est à nouveau sur la sellette : syndicats et Medef sont donc invités à se mettre autour de la table pour résorber le déficit de l’UNEDIC, évalué à 13,6 milliards. La dernière réforme, le PARE, avait déjà pourtant réduit les durées d’indemnisation. Des centaines de milliers de chômeurs se sont vus couper les indemnités brusquement au début de l’année suivante. Et maintenant il faudrait choisir entre un nouveau raccourcissement de la durée d’indemnisation ou le rétablissement d’un taux dégressif ! Combien de Rmistes en plus dans les cités, qui n’auront plus de quoi vivre et rien à offrir à leurs gosses ?

C’est un nouveau mai 68 qu’il faut préparer

Ce ne sont pas les négociations, mais les mobilisations qu’il faut préparer. La riposte ouvrière et la convergence des luttes vers un mouvement d’ensemble, le seul qui pourrait faire reculer gouvernement et patronat. Avec les syndicats ou par-dessus leur tête. Comme en Mai 68, où la grève est devenue générale malgré des chefs syndicalistes qui n’en voulaient pas, mais y ont finalement contribué par crainte d’être débordés.

Mais c’est bien en Mai 68 que la jeunesse ouvrière a vu, au moins un instant, des perspectives dans le mouvement ouvrier. Là encore avec les directions syndicales... ou sans. Car si ces directions ont tout fait pour fermer les usines, vidées de leurs travailleurs, aux étudiants dont elles craignaient la contagion « gauchiste », elles n’ont pu empêcher des jeunes ouvriers ou chômeurs de banlieue, que la presse surnommait la « pègre » et de Gaulle la « chienlit  », de se joindre aux manifestations, aux côtés des étudiants,

« Et à Paris, vendredi dernier, dans de nombreuses usines en grève - des dizaines de jeunes - appartenant souvent à la C.G.T. - sont allés se battre dans la rue avec les étudiants », écrivait le 28 mai 1968 notre journal d’alors, Voix Ouvrière.

« C’est sans doute ce qui a fait dire à Pompidou, comme à l’Humanité que “la pègre était descendue dans la rue”.

Et bien oui, les soi-disant voyous, les blousons noirs, la pègre comme ils disent, étaient dans la rue aux côtés des étudiants.

Parce que ces voyous, ce sont les jeunes ouvriers, les jeunes chômeurs, les jeunes des banlieues et des quartiers populaires.

Et ceux qui parlent de la classe ouvrière ont fait semblant de ne pas la reconnaître lorsqu’elle est descendue dans la rue.

Ces jeunes ont suivi l’exemple des étudiants.

La lutte des étudiants par la contestation violente de l’Etat bourgeois, recouvre le sentiment de révolte que ressentent les jeunes travailleurs.

Les blousons noirs, ceux des HLM, ceux qui ne trouvent pas de travail, ceux qui sont exploités pour 600 F par mois, ont eux, toute l’année, la haine du flic, la haine de l’ordre établi et de tous les interdits qu’on leur oppose.

Dans les banlieues ouvrières, c’est chaque soir que les flics contrôlent leur identité, lorsqu’ils sont en groupe ou qu’ils roulent en mobylette. Et dans les commissariats c’est aussi toute l’année qu’on passe à tabac.

Et enfin d’autres qu’eux, les étudiants, se battaient directement, nombreux et organisés, contre le symbole du pouvoir : les flics.

Cela représentait enfin autre chose pour eux que ce que leur offre le PC ou la CGT. : Voter non au référendum - voter pour Mitterrand aux présidentielles - voilà ce que le PC dit aux jeunes ouvriers. Mais que leur importe de bien voter, alors que la plupart d’entre eux n’ont même pas le droit de vote, tandis que les flics, les curés, les bonnes soeurs, les bourgeois, les vieux de 80 ans, tous les improductifs, eux décident de la politique, dans ce pays. »

Aujourd’hui, ce n’est plus Mitterrand, mais Fabius ou Hollande. Les Nike et les survêt’s ont remplacé les blousons noirs. Mais les jeunes des milieux ouvriers connaissent dans leurs quartiers le même mépris, les mêmes brimades qu’alors.

Si différence il y a, c’est que le chômage a pris aujourd’hui une proportion dramatique et rend d’autant plus urgente une contre-offensive d’ensemble des travailleurs. Elle seule pourrait redonner espoir à la jeunesse ouvrière, l’attirer dans ses rangs et donner un sens à ses révoltes.

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Réactions à cet article

  • A lire cet article je m’apercois avec plaisir qu’il ya encore à LO des militants en phase avec la réalité sociale de leur époque. J’ai pris en effet connaissance des déclarations officielles de LO sur la révolte des banlieues en lisant le torchon « libération » et je dois dire que la définition des émeutiers comme « asociaux » m’est restée en travers de la gorge. Il faut dire que la direction de votre organisation m’a rarement surpris par sa hauteur de vue théorique et la finesse dialectique de ses analyses...

    Il est bien triste cela dit de constater que quand un tel mouvement se produit, quelles que soient ses contradictions et ses aspects parfois régressifs, des révolutionnaires se montrent incapables d’opérer une jonction, d’établir des contacts avec lui. Je sais bien que ce n’est pas facile, mais il n’était pas plus facile pour les marxistes révolutionnaires de tisser des contacts dans les usines aux temps maudits du stalinisme triomphant. Je remarque enfin que les jeunes des cités ont fait preuve, malgré la relative confusion de leurs esprits ( cela dit c’est peut-être un préjugé car il ya certainement des jeunes conscients, politisés, dans les groupes d’émeutiers), d’une forme assez élaborée de conscience politique en assumant consciemment l’affrontement avec l’Etat. Saluts fraternels et communistes. Yves B.

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