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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 138, avril 2021

Mobilisation dans l’ingénierie Renault : Touche pas à nos postes !

La colère ne s’éteint pas dans l’ingénierie et le tertiaire de Renault. Jeudi 8 avril, ce sont plus de 300 salariés et soutiens qui se sont rassemblés devant le siège social de Renault à Boulogne, pour dire non à la casse sociale. Et cela fait suite aux journées des 18 et 30 mars où plusieurs centaines de salariés avaient débrayé sur les sites franciliens de Lardy, d’Aubevoye et de Guyancourt pour protester contre l’externalisation de la maintenance des moyens d’essais.

Un rendez-vous d’autant plus réussi qu’il était organisé par une poignée de syndicats de site et des salariés mobilisés, tandis que la Coordination CGT Renault a tenté de le repousser aux calendes grecques, sous prétexte de douteux motifs sanitaires… La détermination des salariés en lutte était plus forte que les manœuvres d’appareil, d’autant que la direction de Renault continue ses provocations. Gilles Le Borgne, le nouveau patron de l’ingénierie qui veut vendre ces salariés comme du bétail, a annoncé tranquillement aux syndicats qu’« il était là pour réduire les coûts » et qu’« il ne s’interdisait rien ». Autant dire que l’attaque contre les collègues de la maintenance n’est qu’une première tentative pour accélérer les réductions d’effectif, alors que le plan de « départs volontaires » ne fait pas recette.

Sous couvert d’externalisations ou de mobilités, Renault veut procéder en douce à un plan de licenciement massif. Une situation commune à l’ensemble du secteur automobile où, au cours des derniers mois, des milliers de postes ont été supprimés : dans la fabrication, le tertiaire et chez les équipementiers.

Comme l’ont rappelé de nombreux intervenants, face aux attaques, les salariés de Renault et des sous-traitants ont tout intérêt à unir leurs forces et à se coordonner pour faire reculer les patrons. Le rassemblement à Boulogne a montré la voie, avec des délégations d’autres entreprises en lutte, notamment des travailleurs de la fonderie MBF aluminium de Saint-Claude, dans le Jura, venus à 80 interpeller la direction de Renault, responsable de la liquidation de leur usine par la baisse des commandes.

La casse continue chez les sous-traitants et la colère monte

Bosch Rodez, MBF Saint-Claude, fonderie de Caudan et du Poitou : la casse sociale continue chez les sous-traitants et la colère monte. Pour l’instant les réactions restent isolées, site par site. Mais face à l’ampleur des attaques, l’idée d’une mobilisation collective fait son chemin : en parallèle du rassemblement de l’ingénierie, plusieurs fonderies étaient ainsi en grève jeudi 8 avril.

À l’issue du rassemblement, les salariés mobilisés des trois sites de l’ingénierie se sont réunis en assemblée générale pour faire le point sur la situation et préparer la suite. Malgré les difficultés liées au confinement, ils entendent bien poursuivre le bras de fer avec la direction de Renault.

Le combat continue sur les sites de R&D, pendant que les menaces sur les emplois s’accumulent dans les usines. La lutte chez Renault pourrait converger avec celle des travailleurs de la sous-traitance, comme à la SAM à Decazeville, en grève contre les suppressions de postes qu’envisage le repreneur de l’usine, sous pression de Renault et avec le soutien du gouvernement.

Satisfaits de cette mobilisation collective, les travailleurs de Renault présents le 8 avril à Boulogne avaient bien conscience que leur lutte n’est qu’une première étape. Certains étaient de nouveau rassemblés à Lardy le 15 avril pour « accueillir » Sabine Calvo, une grande cheffe venue répéter aux salariés menacés qu’ils devaient s’estimer heureux d’être externalisés plutôt que de rester chez Renault, au vu des incertitudes sur les emplois dans l’avenir !

Toutefois, l’arrogance de la direction ne masque pas un certain embarras. Pour l’instant, rien ne bouge : elle maintient son plan et harcèle les salariés pour les faire partir… mais n’annonce pas d’autres externalisations, de peur d’ajouter de l’huile sur le feu. Les patrons ne veulent rien céder, mais les salariés non plus. Ils savent qu’il faudra aller plus loin pour faire reculer la direction et envisagent déjà de nouvelles actions. Et pourquoi pas avec d’autres ? Comme ceux de la SAM ou de PSA, qui seront également mobilisés début mai contre les suppressions de postes. Une chose est sûre : il y a urgence à riposter tous ensemble pour stopper l’offensive.

25 avril 2021 - correspondants

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