Le juge Tarek Bitar, chargé à l’origine d’instruire le dossier de l’enquête sur les explosions du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth (215 morts et 6 500 blessés), a tenu une réunion au Palais de justice avec une délégation de magistrats français. En effet des ressortissants français avaient péri dans l’explosion, qui avait pulvérisé plusieurs quartiers de la ville, et la justice hexagonale avait alors été saisie par les parents de victimes. Suite à cette réunion préparatoire, deux juges d’instruction, Nicolas Aubertin et Marie-Christine Idiart, venant de Paris, sont attendus sur place le 23 janvier pour une coopération judiciaire au sujet de ce dossier. Mais cela risque de ne pas donner grand-chose. En effet, depuis décembre dernier, Tarek Bitar n’a plus vraiment la main sur l’affairer, plusieurs recours en dessaisissement ayant été présentés contre lui par d’anciens ministres et députés. Des recours pour lesquels l’assemblée plénière de la Cour de cassation n’a pas pu statuer, faute de quorum et en raison du refus du ministre des Finances, Youssef Khalil, de signer le décret des nominations judiciaires. La classe politique libanaise, claniste et corrompue, fait donc tout pour que cette affaire n’arrive jamais en justice.
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