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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 117, janvier-février 2018

Editorial

Lettre de « motivation » ? Non, mais carrément motivés, motivés

8 février 2018 Convergences Politique

Décidément, vraiment rien de bon dans le Macron. Il s’en prend maintenant aux quelque 700 000 jeunes des lycées qui devraient être étudiants à la rentrée 2018. Depuis le 22 janvier et d’ici le 10 mars, ils doivent entrer sur une plateforme internet d’admission à l’université, dite ParcourSup, un genre de curriculum vitae et dix « vœux » accompagnés de lettres de motivation. Ensuite... on leur écrira ! Cela rappelle quelque chose, tous ceux qui frappent à des portes pour trouver un emploi. On vous écrira...

Une partie de la jeunesse populaire connait malheureusement déjà cette situation, n’a pas accès à l’enseignement supérieur et bien en amont, se trouve « orientée » vers des formations professionnelles plus ou moins sérieuses, mais plus généralement vers des petits boulots ou Pôle emploi... Et comme pour tout ce qui touche aux droits des travailleurs, le gouvernement veut entériner, légaliser et généraliser la détérioration des situations, et tout particulièrement contre les jeunes il veut creuser l’injustice sociale existante.

Ça va mal... alors de mal en pis ?

De prétendus spécialistes expliquent qu’il n’y aurait plus de place pour tout le monde dans les lycées et les universités, plus exactement affirment que les enfants de milieu populaire n’y auraient plus leur place. Ils seraient en trop grande difficulté scolaire et c’est donc pour leur bien qu’on leur fermerait la porte. Point de vue crasse de l’élite – ou prétendue telle – qui entoure et soutient Macron.

Certes, cela va mal dans les écoles, les lycées et les universités. L’État ne veut pas consacrer les moyens humains et matériels nécessaires. Le nombre d’élèves augmente et le nombre d’enseignants diminue. Trop d’établissements sont vétustes et non équipés, dont des universités. Mais faudrait-il aggraver la situation en réduisant le nombre de places ? Est-ce que ce sont les jeunes qui ne sont pas à la hauteur des universités, ou les universités (et déjà les lycées) qui ne sont pas à la hauteur des jeunes et de leurs besoins ? Macron veut mettre de nouveaux barrages aux enfants des classes populaires, alors que la ségrégation sociale sévit déjà, qui les exclut par exemple des « classes prépas » et grandes écoles vers lesquelles sont orientés les rejetons de la bourgeoisie et petite bourgeoisie.

On sent poindre la colère

Colère de lycéens qui sentent mal d’avoir à entrer leurs vœux et motivations... Colère de profs des lycées qui sentent mal de mettre des appréciations dont ils savent qu’elles peuvent trancher dans une vie... Colère de profs d’universités qui sentent mal d’avoir à étudier plus de 7 millions de dossiers... ce qui, même à raison de 30 minutes pour chaque (un minimum), ferait plus de trois millions d’heures de boulot supplémentaires ! Colère de celles et ceux, jeunes ou adultes, qui savent que les vœux seront différemment exprimés selon la situation des familles, selon qu’elles maîtrisent les codes de l’enseignement supérieur ou non... Et comme les universités n’auront pas les moyens de dépouiller sérieusement les informations, on peut craindre qu’elles décident sur des préjugés, acceptent plus volontiers le lycéen d’un quartier chic que celui d’une cité de banlieue. On s’étonnera ensuite que les 20 % à 30 % de jeunes qui, à la rentrée prochaine ne trouveront pas de place dans les universités, appartiennent à la classe ouvrière.

Mais tant mieux que des boucliers se lèvent, qu’un bon nombre de syndicats et organisations du monde de l’éducation, enseignants comme élèves et parents, annoncent une journée de grève et de manifestation pour le jeudi 1er février. Un début de riposte, espérons-le. Car dans les entreprises comme dans le milieu scolaire, c’est le ras-le-bol du tri sélectif, ras-le-bol des machines à licencier, à exclure, à mettre à la poubelle, à reléguer au chômage et aux p’tits boulots.

Trop c’est trop et la motivation à lutter pourrait l’emporter. Ce n’est pas la première fois que la jeunesse sonnerait le départ d’un mouvement d’importance. Et pas seulement en mai 68 !

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