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Les trotskystes et « l’expérience » Lula

20 novembre 2003 Monde

Voici un an, le 27 octobre 2002, Luis Inácio da Silva, dit Lula, était élu à la présidence de la république fédérale brésilienne, avec 61 % des voix au second tour. L’élection d’un ancien ouvrier métallurgiste, ayant acquis sa popularité comme dirigeant syndical radical sous un régime militaire, a sans doute éveillé bien des espoirs dans les milieux populaires.

Mais pour la bourgeoisie brésilienne et l’impérialisme américain, le succès de Lula - d’ailleurs obtenu grâce au soutien de personnalités et de partis de droite - n’a jamais représenté un danger, tout juste une autre option politique que celle des politiciens dont ils avaient l’habitude : celle d’un président susceptible d’user de son prestige auprès des classes populaires et de ses relais dans les mouvements sociaux pour museler toute contestation sociale, tout en imposant le respect d’engagements pris, tant vis-à-vis des possédants brésiliens que de la finance internationale et du FMI. Et c’est bien ce à quoi s’emploie Lula depuis sa prise de fonctions, début janvier.

Les travailleurs et des paysans brésiliens déçus dans leurs attentes vont-ils réagir face aux sacrifices que le gouvernement entend leur imposer et à la patience qu’il leur demande. Certes, pour une large part, la réponse à cette question ne dépend pas des révolutionnaires. Pourtant l’extrême gauche trotskyste représente une force militante non négligeable au Brésil, notamment dans la classe ouvrière, et jusqu’à la direction de la principale confédération syndicale, la Central Única dos Trabalhadores (Centrale unique des travailleurs, CUT) . L’intérêt d’examiner sa politique aujourd’hui dépasse donc le débat traditionnel sur les divergences entre courants trotskystes.

Tous (ou presque) derrière Lula

Une partie de l’extrême gauche souffre d’un lourd handicap : celui d’avoir lié son sort à celui du parti de Lula, le Partido dos Trabalhadores (Parti des travailleurs, PT).

Plusieurs groupes trotskystes militent en effet au sein du PT de longue date, voire depuis sa fondation, certains avec une influence reconnue : Democracia Socialista (Démocratie socialiste, DS), tendance liée au Secrétariat Unifié de la IVe Internationale (représenté en France par la LCR) a par exemple occupé des postes importants dans l’État du Rio Grande do Sul (la mairie de la capitale, Porto Alegre ; le poste de vice-gouverneur de l’État...) et est, depuis les élections d’octobre 2002, représentée par 6 députés au parlement fédéral ainsi que par 2 sénatrices ; le Corrente Socialista dos Trabalhadores (Courant socialiste des travailleurs, CST), tendance issue du morénisme, compte un député fédéral réélu l’an dernier dans l’État de Pará, João Batista Oliveira de Araújo, dit Babá ; le Movimento Esquerda Socialista (Mouvement de la gauche socialiste, MES), également issu du courant moréniste, a aussi obtenu la réélection, dans le Rio Grande do Sul, d’une députée fédérale, Luciana Genro ; quant au courant « lambertiste », O Trabalho (Le travail, OT), s’il n’a pas de représentation parlementaire au niveau fédéral, son principal dirigeant, Markus Sokol, siège à la direction nationale du PT.

Ces différents courants de la gauche pétiste - quelles que soient leurs divergences par ailleurs - ont tous présenté le succès du PT aux élections présidentielle et parlementaires comme une victoire contre la bourgeoisie, les latifundistes et l’impérialisme, même s’ils ont aussi critiqué l’orientation de la campagne de Lula ou les alliances sur sa droite (le Parti libéral a fourni le candidat à la vice-présidence).

DS estimait ainsi au lendemain de l’élection de Lula que « La victoire du PT est une victoire populaire et une défaite grave du néolibéralisme brésilien » représentant « un déplacement majeur dans le rapport de forces au Brésil », quoique « limité [...] par les alliances avec des secteurs de la droite et les engagements de continuité sur les questions essentielles de la politique économique », et concluait : « Le mouvement démocratique et populaire entreprend une expérience historique inédite et décisive, de tous les points de vue, pour notre avenir. La tendance Démocratie socialiste du PT se considère partie intégrante de ce processus en partageant tous les défis qui s’imposent au PT et à la gauche brésilienne. » Dans la foulée, DS obtenait la nomination de l’un de ses dirigeants, Miguel Rossetto, au poste de ministre en charge de la réforme agraire. L’idée que « la gauche a la légitimité pour réclamer une place dans le futur gouvernement » était d’ailleurs partagée par d’autres courants, comme le MES.

De son côté le CST, tout en considérant pendant la campagne que Lula et le PT « se proposent d’honorer tous les engagements de la bourgeoisie », expliquait qu’« une victoire de Lula signifierait [...] un encouragement à la lutte pour tous les secteurs de la classe ouvrière. », sachant que « la classe ouvrière du Brésil va devoir se mobiliser et lutter pour s’opposer aux plans du FMI et pour que Lula ait une politique économique diamétralement opposée à celle de l’impérialisme » !

Si le courant « lambertiste » estimait pour sa part, en mai 2002, que « Le PT et la CUT sont dirigés par un appareil lié à Lula, qui développe une politique [...] d’alliance avec la bourgeoisie, sur un programme électoral qui prétend poursuivre, pour l’essentiel, la politique du président Fernando Henrique Cardoso, soumise au FMI », p.20, il déclarait néanmoins, le surlendemain de l’élection : « ce 27 octobre a été tournée une page de notre histoire. [...] Ceux qui, depuis toujours, ont opprimé et exploité le peuple ont été balayés » ! A noter que les « balayés »... n’ont pas tardé à réapparaître à la vice-présidence, au gouvernement, à la tête de la Banque centrale.

Principale organisation trotskyste hors du PT, dont elle s’est séparée il y a une douzaine d’années, le Partido Socialista dos Trabalhadores Unificado (Parti socialiste des travailleurs - Unifié, PSTU) vient lui aussi du courant moréniste. Pour l’élection présidentielle, il a d’abord mené campagne « pour la constitution d’un Front des Travailleurs [...] qui aurait présenté Lula candidat à la présidence et un candidat issu du MST [Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra (Mouvement des travailleurs ruraux sans-terres, MST) ] à la vice-présidence, sur un programme de rupture avec le FMI et le modèle néolibéral. » Cette proposition s’étant heurtée à un refus du PT, le PSTU a présenté au premier tour son propre candidat, José Maria de Almeida, dit Zé Maria, syndicaliste de la métallurgie, l’un des fondateurs du PT et de la CUT, et a appelé à voter Lula au second tour.

L’élection passée, le PSTU estimait « totalement erronée la position de ceux qui présentent la victoire de Lula comme le »changement possible«  » et appelait « les travailleurs brésiliens à ne pas [placer , au lieu de : déposer] leur confiance, si minime soit-elle, dans le gouvernement. », expliquant que dans la situation présente au Brésil « il n’y a pas de place pour des concessions au mouvement ouvrier ; bien au contraire Lula devra renforcer les attaques menées contre le niveau de vie du peuple. »

Comment se présente le bilan, dix mois plus tard ?

La réforme agraire et le ministre « trotskyste »

La question agraire reste brûlante au Brésil, où, de l’aveu même de Miguel Rossetto, « il est raisonnable d’estimer que 4 millions de personnes ont besoin de terres » . Et selon la Comissão Pastoral da Terra (Commission pastorale de la terre, CPT, organisation paysanne liée à l’Église), plus du quart des terres cultivables en propriété privée (lesquelles représentent plus de 40 % de la superficie du pays), laissées inexploitées, pourraient être expropriées moyennant l’indemnisation des latifundistes dans le cadre de la réforme agraire prévue par la Constitution de 1988.

Les attentes étaient donc pressantes, ce qui explique peut-être que les occupations de domaines par des paysans sans terres aient été plus nombreuses dans les six premiers mois de l’année (110) que pour toute l’année 2002. Le gouvernement Lula prétendait d’ailleurs poursuivre la réforme. Mais, la priorité étant donnée aux restrictions budgétaires, la réforme agraire marque le pas : l’objectif gouvernemental de 60.000 installations en 2003 se réduit à moins de 5.000 réalisations en 10 mois. En fait le gouvernement cède sur toute la ligne aux pressions des latifundistes : en déclarant que Lula n’a « absolument pas l’intention » d’abroger le décret de l’ancien président Cardoso excluant pour deux ans du programme de réforme agraire toute terre occupée par des paysans ; en obtenant de Miguel Rossetto l’éviction de Marcelo Resende, ancien membre de la CPT dénoncé par les grands propriétaires comme trop proche des Sans-Terres, de la direction de l’office gouvernemental gérant la réforme agraire, l’INCRA ; en laissant le ministre de l’agriculture soutenir publiquement l’armement de milices privées qui assassinent des travailleurs ruraux : déjà 53 cette année, contre 43 en 2002.

Ainsi, alors que, le 14 août, par le Tribunal suprême fédéral (la Cour suprême) annulait un décret permettant l’expropriation de 13.200 hectares au profit de quelque 500 familles - ce qui, provoquant en réponse l’occupation des terres, conduisait Miguel Rossetto à déclarer que « dans un État de Droit démocratique, les décisions de la Cour suprême doivent être respectées. » - José Rainha, dirigeant du MST, arrêté le 11 juillet pour sa participation à une occupation, en 2000, pour laquelle il encoure plusieurs années de prison, était maintenu plusieurs mois en préventive.

Nous sommes là loin des « certitudes dogmatiques » que Inprecor craignait de voir opposées à une « expérience concrète » susceptible d’« enrichir la réflexion stratégique ». Si celle-là est bien « riche d’enseignements pour la gauche radicale et révolutionnaire de par le monde », c’est, hélas, plutôt comme illustration du rôle d’un gouvernement bourgeois et de la signification d’une participation gouvernementale, fût-elle « trotskyste ».

La réforme des retraites et des députés d’extrême-gauche

Avec la classe ouvrière c’est sur la question des retraites des fonctionnaires que le gouvernement Lula a engagé le bras de fer.

L’attaque s’inscrit dans une politique qui consiste à réduire toutes les dépenses « sociales » de l’État (réforme agraire, programme « faim zéro », sécurité sociale...) et donc évidemment les salaires et retraites des fonctionnaires présentés comme des privilégiés face aux nombreux travailleurs ne bénéficiant d’aucune couverture sociale. D’où la reprise d’un projet reprenant les grandes lignes de ceux que le PT avait combattus sous Cardoso : attaques contre les droits à la retraite et le montant des pensions, impôts sur ces retraites, rupture de parité avec le traitement des actifs, ouverture complémentaire à des fonds privés...

Au congrès de la CUT, début juin, malgré la volonté de la direction luliste de transformer la confédération syndicale, dont la majorité des militants est liée au PT, en simple relais de la politique gouvernementale, aucun délégué n’a osé soutenir en l’état le projet de réforme des retraites. Mais contre la demande de syndicats de fonctionnaires affiliés à la CUT, la majorité s’est cependant opposée à un rejet du texte, pour ne demander que la négociation d’amendements, d’ailleurs refusés par avance par le gouvernement. Ceci n’a pas empêché le courant syndical animé par DS de constituer une liste commune avec la majorité luliste et de voter, pour la présidence de la confédération, en faveur de Luiz Marinho, soutenu par Lula. Une autre liste présentée en commun par les syndicalistes liés à OT, à d’autres courants de « gauche » du PT et au PSTU, a permis le maintien d’oppositionnels à la direction nationale.

Au lendemain du congrès, le 11 juin, avait lieu la première marche de fonctionnaires sur Brasilia, contre le projet gouvernemental. Prenant la parole lors du meeting qui a suivi, le président du groupe PT à la Chambre des députés et le nouveau président de la CUT ont été hués. À l’inverse, les « radicaux » (la sénatrice Heloísa Helena (DS) et des députés fédéraux Babá (CST), Luciana Genro (MES) et João Fontes, les seuls parlementaires du PT à avoir annoncé qu’ils ne voteraient en aucun cas la réforme des retraites) ont été « les étoiles du meeting anti-réforme ».

En fait la majorité de la gauche du PT a cédé face à l’offensive gouvernementale. Ainsi, en première lecture le 5 août, en pleine grève générale des fonctionnaires, les seuls députés pétistes à voter contre la réforme des retraites furent les 3 « radicaux » . Et en seconde lecture, le 27 août, deux députés de DS (Walter Pinheiro, vote contre, Orlando Fantazzini, abstention) ont dû s’opposer à la consigne de vote donnée par la direction de DS de s’aligner sur la majorité du groupe PT... ce qui revenait bien à choisir le camp du gouvernement contre celui des fonctionnaires.

La vraie nature du PT

Le dilemme exprimé par les députés du PT qui se sont abstenus sur la réforme des retraites - voter contre leur parti ou contre leur conscience - résume assez bien l’impasse où la politique de certaines tendances d’extrême gauche a conduit toute une génération de militants qui a participé à la construction du PT.

La naissance de ce dernier a coïncidé avec la fin du prétendu « miracle économique », période d’investissements impérialistes massifs réalisés sous la protection de la dictature militaire instaurée en 1964. Avec l’industrialisation, le Brésil avait vu l’essor d’un prolétariat jeune et concentré, accompagné d’une urbanisation à grande échelle, surtout autour des grandes métropoles du sud. Des luttes importantes marquèrent le tournant des décennies 70-80. L’usure de la dictature militaire conduisait alors le régime à initier une libéralisation contrôlée, s’appuyant sur des partis politiques corrompus et sur une bureaucratie syndicale subordonnée à l’État (la législation en vigueur plaçant les syndicats officiels sous la tutelle directe du ministère du travail).

Dans un contexte de montée des luttes populaires - ouvrières, mais aussi paysannes -, l’obtention de véritables droits syndicaux et démocratiques devint alors l’objectif d’une génération de militants combatifs, Lula en tête, qui s’engagèrent dans la construction du PT. Mais pour différents courants politiques, opposés à la dictature comme ceux liés à la Théologie de la Libération, ou ayant même composé avec elle, comme des politiciens du PMDB (le parti de l’opposition tolérée par les militaires), participer à la construction du nouveau parti représentait avant tout un moyen de s’inviter, sur leurs objectifs politiques propres, dans le processus de libéralisation engagé par le régime. Pour ceux-là il ne s’agissait ni de parti révolutionnaire, ni même de « parti ouvrier indépendant », mais de la mise en place d’un appareil politique capable de canaliser une éventuelle radicalisation dans un sens démocratique bourgeois.

Ce sont eux qui ont déterminé dès le début la nature du PT, quel qu’ait été le rôle de minorités révolutionnaires, comme le courant moréniste, dans la constitution du parti. Ainsi, dès la première rencontre nationale de mai 1980 (tenant lieu de congrès de fondation) disparaissaient des documents du PT les références au socialisme et à un « gouvernement des travailleurs » qui figuraient dans la Charte des principes, texte fondateur du parti. La composition de la direction, alors saluée par la presse comme une victoire des modérés et de Lula sur l’extrême gauche, conduisait d’ailleurs Raúl Pont (aujourd’hui dirigeant de DS) à déplorer que « la conception qui a présidé au lancement du PT : celle selon laquelle notre parti est un mouvement pour l’indépendance politique des travailleurs [est] aujourd’hui exclue de la commission de direction provisoire. »

Les illusions et les adaptations de « Démocratie Socialiste »

Au moment de cette première rencontre nationale, le PT revendiquait 26.000 adhérents dans 22 États ; en octobre 1980, près de 70.000. Réunissant les conditions pour obtenir sa légalisation, il devenait de fait le seul parti d’envergure nationale indépendant des appareils politiques compromis avec la dictature - l’appareil stalinien s’étant, lui, fondu dans le PMDB.

La question se posait, pour de petits groupes révolutionnaires, de militer au sein du PT. Cela pouvait répondre à un souci légitime : celui de se lier à des fractions militantes dans la classe ouvrière et la paysannerie pauvre, et, au-delà, aux franges des couches populaires qui pouvaient se tourner vers un parti revendiquant l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et la reconnaissance de droits démocratiques.

Mais en aucun cas cela pouvait changer la nature du PT qui n’avait aucune chance de devenir le parti communiste révolutionnaire ni même au fond de rester ce qu’il prétendait être « le parti des travailleurs ». Pour les groupes révolutionnaires, outre la possibilité de faire largement connaître leurs idées, l’enjeu ne pouvait être que d’y gagner une minorité de militants et de sympathisants. Car au-delà des compromis tactiques et temporaires qu’impose l’entrée dans une semblable organisation, la nécessité pour une opposition communiste révolutionnaire de défendre ses perspectives politiques, non seulement dans des publications de tendance mais surtout dans l’arène de la lutte de classes réelle, rendait inéluctable à terme une rupture avec les secteurs majoritaires du PT (même si rien ne permettait d’en décider par avance les échéances et les conditions - ce qu’il ne s’agit pas ici de chercher à faire rétrospectivement).

Or, c’est dès le lancement du PT que le SU a entretenu des illusions à son sujet, ne voulant alors y voir que « une expression directe de la mobilisation pour une organisation de classe indépendante » et expliquant que « quelle que soit l’orientation initiale d’un tel parti ouvrier de masse, son existence même créera une dynamique qu’il sera difficile de limiter à la collaboration de classes. » Dès lors, pour le SU, l’objectif d’un tel parti, présenté comme capable d’évoluer, par-delà « les tâtonnements inévitables de l’inexpérience », vers des positions révolutionnaires, imposait aux militants de « prendre toute leur place dans le PT, pour le construire et non pour y faire de l’entrisme comme dans un parti réformiste, pour contribuer à la formation de son programme au feu de la pratique et non pour lui faire ingurgiter de force un programme préfabriqué. »

Une décennie plus tard , le PT apparaissait de plus en plus comme une machine électorale, ouverte à des alliances avec des partis bourgeois et soucieuse de donner des gages vis-à-vis de l’État. À l’occasion du premier congrès, en 1991, le SU constatait bien « un danger de cristallisation de la bureaucratisation et de l’institutionnalisation du parti ». Mais il affirmait néanmoins qu’« avec notre poids au sein du PT et la qualité de nos cadres, nous pouvons être la force motrice pour gagner la majorité du parti à une conception révolutionnaire. »

Cette illusion a depuis fait long feu. Et DS, pour se maintenir dans le PT, a adapté son discours à l’évolution de plus en plus ouvertement bourgeoise de celui-ci. Ainsi, tout en critiquant l’orientation de la campagne électorale, la Coordination nationale de DS déclarait, en juillet 2002 : « Notre objectif est que le Parti des travailleurs (PT) reste un parti socialiste et démocratique » ; elle défendait « l’articulation entre une perspective de gouvernement et un processus de changements plus vaste, la construction du socialisme », cette « articulation » se résumant à ce qu’« un gouvernement de gauche au Brésil ouvrirait de nouvelles possibilités pour la lutte pour le socialisme. » - formulations vagues à souhait que ne renieraient pas les dirigeants de l’Internationale socialiste avec qui Lula vient de fêter le premier anniversaire de son élection !

Le militantisme de DS au sein du PT depuis plus de vingt ans a certainement permis à cette tendance d’obtenir une audience nationale, alliée à une représentation parlementaire dont ne bénéficie pas, par exemple, le PSTU. Mais ce succès, acquis au prix d’un renoncement croissant à combattre la ligne de plus en plus anti-ouvrière et anti-populaire du PT, est finalement plus un obstacle qu’une aide au développement d’un courant révolutionnaire : la participation gouvernementale et le vote de la loi sur les retraites en témoignent ; la récente déclaration de la sénatrice PT/DS Ana Júlia annonçant que, bien qu’opposée à un nouvel accord avec le FMI, elle voterait sur ce point avec la majorité pétiste le souligne encore.

Même le prétendu « succès » de la mise en œuvre, par la municipalité DS de Porto Alegre, du « budget participatif » - applaudi par la Banque mondiale pour son respect des contraintes budgétaires imposées par la dette - en contribuant au renforcement des illusions institutionnelles, a certainement plus favorisé l’aile bourgeoise du PT que sa minorité révolutionnaire.

Le mythe du « Parti ouvrier indépendant »

Pour le courant « lambertiste », la question du type de parti à construire ne semble même pas posée... puisqu’elle est considérée comme résolue par l’existence du PT. « Le PT du Brésil a été constitué comme un parti ouvrier indépendant, et le PT oscille. Au Brésil, l’expression indépendante existe. Nous sommes un courant officiel de la IVe Internationale dans le PT. Il est certainement inscrit que cette place va nous être disputée, mais nous devons rester fermes sur la défense du parti ouvrier », déclarait ainsi Pierre Lambert, début 2002.

La politique menée au gouvernement en alliance avec des partis de droite - et que OT ne se prive pas de critiquer - serait l’expression des pressions de l’impérialisme sur la direction d’un parti qui « oscille », alors que l’existence du PT comme parti rassemblant « tous les courants du mouvement ouvrier » constituerait le dernier rempart contre les plans destructeurs du FMI ! D’où une défense inconditionnelle de l’unité du PT et de la CUT au nom « du front unique pour la défense des organisations construites par la classe ouvrière et attaquées par l’impérialisme (donc, du PT et de la CUT) » ! C’est ainsi au nom d’une illusoire unanimité du congrès de la CUT, en juin, que OT a soutenu une motion ne demandant la suspension de la discussion parlementaire sur la réforme des retraites dans l’attente de négociations, ce qui revenait à accepter par avance un texte amendé au lieu de le rejeter. C’est encore « la division des travailleurs et du peuple » que La Vérité voyait dans la « candidature présidentielle »alternative« , candidature de division » du PSTU, face à Lula.

OT contribue donc à entretenir les illusions sur la nature du PT, soi-disant « parti ouvrier indépendant », en fait largement intégré à l’État bourgeois, et qui ne peut que s’y intégrer davantage en accédant au pouvoir fédéral. Dans ces conditions, l’unité du parti et sa démocratie interne de façade subordonnent en fait des militants qui chercheraient réellement à défendre les intérêts des classes populaires aux secteurs majoritaires, liés à l’État et à la bourgeoisie brésilienne (qui est loin de n’être qu’un simple relais des intérêts impérialistes).

Où vont les radicaux ?

L’alignement du PT sur une politique aussi ouvertement pro-capitaliste que celle du gouvernement Lula ne peut se faire sans heurts, ni sans calculs de courants réformistes hostiles à certains aspects de cette politique, ou simplement de politiciens cherchant à s’éviter un discrédit qu’ils sentent venir. Une des tâches des révolutionnaires est donc aussi de clarifier les perspectives politiques, entre ceux qui au sein du PT cherchent à rompre avec une orientation faillie en renouant avec des conceptions socialistes et de lutte de classe, et ceux qui ne visent qu’à préserver leur avenir en prônant un retour illusoire à un passé où le PT apparaissait plus radical mais n’était pas moins réformiste.

Or, après des critiques justes de la politique gouvernementale, le manifeste « Se réapproprier le PT », lancé le 11 août à l’initiative d’un collectif comprenant les principaux dirigeants de OT, va exactement en sens inverse en demandant, au nom de « militants du PT, de différentes trajectoires ou courants [...qui] avons fondé ce parti, l’avons construit et l’avons mené à la victoire », que « le PT demeure comme PT, tel qu’il a été fondé et construit ». Il ne dénonce les sanctions dont la direction pétiste menace les « radicaux » hostiles à la réforme des retraites qu’au nom du risque de scission.

Commentant le succès électoral de Lula, La Vérité de mars 2003 écrivait : « Pour que la classe ouvrière, rassemblant autour d’elle toutes les couches de la nation opprimée, impose un tel raz-de-marée, il fallait qu’un profond mouvement soit engagé. [...] Ce mouvement, c’est celui de la révolution prolétarienne. » Dans cette direction, « la solution la plus économique, aujourd’hui, pour la classe ouvrière et la nation brésiliennes serait que le PT fasse un pas sur la voie de la rupture avec la bourgeoisie [...] Et si un gouvernement du PT faisait cela, il aurait le soutien inconditionnel de la IVe Internationale. Même s’il n’instaurait pas le socialisme demain matin. Nous garderions nos propres positions, mais nous soutiendrions un tel gouvernement, parce que ce serait un pas en avant réel dans le sens des intérêts de la classe ouvrière brésilienne et de la nation. » Et à la question « Est-ce possible ? », La Vérité répondait : « L’expérience passée a plusieurs fois démontré la validité du pronostic contenu dans le programme de la IVe Internationale : placées dans des circonstances exceptionnelles [...], des directions petites-bourgeoises [...] peuvent être amenées à aller plus loin qu’elles ne le veulent elles-mêmes dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie, poussées à le faire par le mouvement de millions de travailleurs. Nous sommes pour cette solution et nous combattons pour. »... Omettant de préciser que pour Trotsky, loin d’un pronostic, il n’y avait là qu’une « possibilité théorique » qu’il était « impossible de nier catégoriquement par avance » mais qui était « pour le moins peu vraisemblable », que l’histoire, c’est le moins qu’on puisse en dire, a rarement corroboré... et que l’expérience Lula n’est certainement pas en train de vérifier.

Car le PT ne s’est manifestement pas engagé dans la voie de la rupture avec la bourgeoisie et l’impérialisme. Et continuer à faire croire qu’il pourrait s’y résoudre sous la pression populaire, comme le suggère OT, ne vaut guère mieux que de prétendre infléchir de l’intérieur la politique du gouvernement Lula, ce que fait DS !

Retour au PT des origines

Quelles qu’aient été les illusions de militants révolutionnaires brésiliens, l’expérience du gouvernement Lula montre que la construction d’une alternative socialiste au Brésil ne passera pas par le PT et rappelle qu’elle nécessitera - comme ailleurs - la construction d’un parti véritablement communiste et révolutionnaire. Un pas dans cette direction est-il possible à court terme ?

Les parlementaires « radicaux » sont aujourd’hui menacés d’exclusion du PT. La cause semble entendue pour Luciana Genro, Babá et João Fontes ; par contre le report de la décision au-delà du vote sur les retraites au Sénat apparaît comme une tentative de pression sur Heloísa Helena, qui maintient publiquement son opposition au texte mais que le PT semble hésiter à exclure.

Rien ne nous permet de savoir si les évictions annoncées conduiront dans l’immédiat à une scission importante à la gauche du PT. Cela ne modifierait sans doute pas l’orientation politique de Lula. Si elle se faisait sur une base de classe, face à un gouvernement qui piétine les intérêts des masses populaires, alors de nouvelles perspectives pourraient s’ouvrir aux révolutionnaires prolétariens.

Les 3 députés « radicaux » ont en tout cas engagé le 1er septembre, par une « Note publique aux militants du PT », un débat sur les perspectives de l’extrême gauche. Estimant que le PT « s’est complètement intégré au régime politique bourgeois brésilien » et que « ce cours du parti est irréversible », ils annoncent qu’ils vont « appeler à la construction d’un nouvel outil politique, un nouveau parti anticapitaliste, anti-impérialiste, démocratique, de lutte et de classe, qui reflète la pluralité de la gauche socialiste en intégrant tous les secteurs du PT désireux d’y participer, ainsi que les camarades du PSTU qui ont déjà appelé à la construction d’un nouveau parti. »

Le PSTU avait en effet déclaré, dès début août, à l’adresse des opposants de gauche à la politique gouvernementale, que « l’heure est venue de construire ensemble un Mouvement pour un Nouveau Parti unissant tous les militants (sans parti, radicaux du PT, PSTU, militants des mouvements sociaux) afin que nous puissions lutter en faveur d’une alternative militante et de masse pour les travailleurs brésiliens. »

Des rencontres et discussions ont eu lieu depuis entre le PSTU, différents groupes, des responsables syndicaux et des militants de mouvements sociaux, et un « Manifeste pour un nouveau parti » a été lancé le 14 août, reprenant, quant aux perspectives politiques, de nombreux points de la « Note publique aux militants du PT ». Initialement signé notamment par Zé Maria et José Domingues de Godoi Filho, dirigeant du syndicat de l’enseignement supérieur et figure de la grève des fonctionnaires de juillet-août, le manifeste aurait recueilli 2.600 signatures fin octobre alors que des réunions publiques se tiennent dans de grandes villes du Brésil, qui regrouperaient de quelques dizaines à quelques centaines de participants. Le « Mouvement pour un nouveau parti » a été proclamé, dans la foulée, le 8 novembre, à l’occasion du Forum social brésilien tenu à Belo Horizonte.

Le PSTU, qui revendique aujourd’hui quelque 2.400 militants, estime que le nouveau parti pourrait en regrouper une dizaine de milliers. Une organisation de cette taille, regroupant sur une base clairement socialiste et révolutionnaire des militants et des sympathisants dans la classe ouvrière et les milieux populaires, constituerait assurément un pas en avant.

Chercher à « unifier la gauche socialiste » ou à intégrer « tous les secteurs du PT désireux d’y participer » peut être dans la situation brésilienne une préoccupation légitime. Pourtant cette situation ne semble pas celle, improbable, où émergerait un « parti de masse » à la gauche du PT. L’un des pièges serait donc de renoncer à une délimitation politique claire, communiste et révolutionnaire, au nom de la prétention à reconstruire un parti du type de ce qu’a été le PT à ses origines et en oubliant de faire le bilan de l’expérience de celui-ci.

Car contrairement à ce que veulent croire les « radicaux » - qui ne se sont finalement pas associés à l’initiative du « Mouvement pour un nouveau parti » et envisagent de leur côté la création d’un Parti des travailleurs socialistes (PTS) -, la politique gouvernementale de Lula n’indique pas « un changement brusque dans l’orientation du parti ». Elle traduit seulement le franchissement d’un cap dans la dégénérescence réformiste d’un parti qui n’a jamais été révolutionnaire, quoique né sous des couleurs radicales dans un créneau politique laissé vide par l’absence de grand parti ouvrier traditionnel. Quand on lit que « les bannières levées par la classe des travailleurs et par le PT ces vingt dernières années sont des bases solides afin de commencer la construction [d’un nouveau parti] » on se prend donc à douter de l’avenir de l’entreprise.

Certes, le « Manifeste pour un nouveau parti » comme la « Note publique aux militants du PT » affirment, dans une perspective socialiste, la nécessité de rompre « avec cette »démocratie« du capital » pour instaurer un gouvernement des travailleurs, sans collaboration de classe, et un État fondé sur l’organisation démocratique des classes populaires. Ils rappellent qu’il s’agit de « privilégier la lutte et l’action directe des travailleurs, et non les élections », tout en soulignant que la lutte politique se mène aussi sur le terrain électoral... Il reste que ces textes, avec leur flou - comme l’absence notable de toute référence explicite à la révolution -, ne font qu’ouvrir une discussion à propos du programme, des conceptions politiques et du fonctionnement du parti qu’ils se proposent de construire.

Mais où est la Quatrième Internationale ?

Au niveau de sa direction internationale, le courant « lambertiste » se contente de dénoncer les morénistes pour leur « renoncement à la lutte pour la PT », et le « centrisme réactionnaire » de DS pour sa politique de « budget participatif » et sa participation gouvernementale...

Quant au SU, il a pris le parti d’esquiver toute discussion de fond. Pas une condamnation ni même une réserve sur la présence d’un dirigeant de son groupe brésilien dans le gouvernement Lula, dans les résolutions du XVe Congrès du SU, tenu en février 2003. Livio Maitan s’est contenté de déclarer, dans son discours d’ouverture : « Miguel [Rossetto] a assumé une responsabilité cruciale avec la tâche d’accomplir une réforme agraire radicale, susceptible de déclencher une dynamique plus générale de rupture du système. Nous allons suivre et soutenir sa bataille, [...] et, en faisant taire une angoisse sous-jacente pour la difficulté extrême de l’entreprise, nous lui exprimons dans ce congrès notre solidarité la plus chaleureuse » !

Le seul article de Rouge consacré au Brésil depuis l’été, s’il mentionne, concernant le vote parlementaire sur les retraites que « quatre [députés] - dont notre camarade Walter Pinheiro, député de Bahia - ont voté contre », se garde bien d’indiquer la position de DS en faveur du vote ! De même qu’il vante les mesures prises au ministère du développement agraire par Miguel Rossetto, « dénoncé [par la droite] comme le ministre des hors-la-loi », en évitant de souligner ce qu’elles représentent de simple caution à une politique générale placée sous le signe des restrictions budgétaires et des attaques contre les classes populaires, que l’article évoque par ailleurs.

Tirer à boulets rouges sur les frères ennemis et fermer les yeux sur les errements de ses camarades ou se borner à signer, à l’adresse de la direction pétiste une « Pétition internationale contre les mesures d’expulsion du Parti des travailleurs » - surtout pour y réaffirmer « l’espérance dont il est porteur » - : est-ce vraiment-là le rôle de directions qui se veulent les héritières de la Quatrième Internationale ? Mais le veulent-elle encore ?

Notes

1 - Le Brésil est une république fédérale composée de 26 États plus le District fédéral constitué par la capitale, Brasilia.

2 - En pleine campagne électorale, le 7 août 2002, le Fonds monétaire international (FMI) annonçait un prêt d’environ 30 milliards de dollars à l’État brésilien. Les conditions d’austérité conditionnant le versement, en 2003, de la seconde tranche du prêt ont été acceptées par avance par Lula.

3 - On trouve ainsi, parmi les 25 titulaires de la Direção Executiva Nacional de la CUT (l’équivalent de la commission exécutive confédérale) élue lors du dernier congrès de juin 2003, Rafael Freire et Rosane da Silva, membres de DS, Júlio Turra de OT, et José Maria de Almeida, dirigeant du PSTU (site internet de la CUT).

4 - À l’issue des élections, le PT représentait, avec 91 députés fédéraux sur 513 (contre 59 aux précédentes élections de 1998), le groupe parlementaire le plus nombreux ; il constituait le second groupe au Sénat, avec 14 sénateurs contre 8 précédemment et devenait, avec 147 députés contre 90 auparavant, le parti le plus important dans les Assemblées législatives d’États. Il a par contre perdu le poste de gouverneur de l’État de Rio Grande do Sul dont le gouverneur sortant, Olívio Dutra, considéré comme proche de DS, est aujourd’hui ministre de la ville dans le gouvernement Lula. Parmi les députés fédéraux du PT, 28 représentent la « gauche » du parti, dont les 6 membres de DS, Babá du CST et Luciana Genro du MES. ( d’après João Machado - Inprecor, n°475/476, octobre-novembre 2002)

5 - La Commune (publication en France de l’Unité internationale des travailleurs, à laquelle est lié le CST), juin 2002.

6 - Interview de Babá à La Commune, décembre 2002.

7 - « Chronique des événements mondiaux - Brésil : le mouvement ouvrier à la croisée des chemins » - La Vérité, n°30, mai 2002.

8 - Déclaration de O Trabalho, le 29 octobre 2002 (La Vérité, n°32, mars 2003).

9 - « Le PSTU présente un candidat à la présidence » - Euclides de Agrela - Courrier International (publication de la LIT), n°95, août 2002.

10 - « Que signifie la victoire de Lula ? » - Courrier International (publication de la LIT), n°97, novembre 2002.

11 - « Le gouvernement de Lula et les défis de la gauche révolutionnaire » - Mariúcha Fontana - Le Marxisme Vivant, n°6, novembre 2002.

12 - João Pedro Stédile, dirigeant du MST, au quotidien espagnol El Pais, 5 octobre 2002 (Inprecor, n°475/476, octobre-novembre 2002) cite le chiffre de 16 millions de paysans sans terre, soit 4 millions et demi de familles, chiffre proche de celui donné par la CPT : 4,8 millions de familles (cf. note ).

14 - Information de la CPT, 1er septembre 2003 (site internet de la revue Rebelión).

15 - Chiffres du ministère du développement agraire (« La question de la terre au Brésil » - Misa Boito - La Vérité, n°33, août 2003).

16 - MST Informa, n°50, 20 octobre 2003.

17 - José Dirceu, ministre de la Casa Civil (le cabinet présidentiel), cité par Folha de São Paulo, 6 septembre 2003.

18 - Interrogé sur l’armement de milices par des latifundistes, Roberto Rodrigues - lui-même grand propriétaire terrien - déclarait à la Folha de São Paulo, le 5 juillet 2003 : « Je pense que celui qui possède un bien se doit de le défendre, sinon il n’a pas le droit de le posséder. » (« La question de la terre au Brésil » - Misa Boito - La Vérité, n°33, août 2003).

19 - Information de la CPT, 1er septembre 2003 (site internet de la revue Rebelión) & note du Correio da Cidadania, n°364, 20 septembre 2003.

20 - Folha Online, 15 août 2003 (Avanti !, n°7, août-septembre 2003).

21 - « Un révolutionnaire, ministre, face à la presse » - Jan Malewski - Inprecor, n°480/481, mars-avril 2003.

22 - Folha Online, 11 juin 2003 (Avanti !, n°6, juin-juillet 2003).

23 - « La peur triomphe de l’espérance » - Daniel Bensaïd - Rouge, n°2033, 2 octobre 2003

24 - « Après la grève des métallos, le premier congrès du PT » - Daniel Bensaïd - Inprecor, n°81, 10 juillet 1980.

25 - « XIe Congrès mondial de la IVe Internationale - novembre 1979 » - Inprecor, numéro spécial.

26 - « Les portes étroites de la »libéralisation« et la construction du PT » - Daniel Jebrac - Inprecor, n°91, 15 décembre 1980.

27 - « Premier congrès du PT » - Alfonso Moro - 10 décembre 1991 - Inprecor, n°343, 20 décembre 1991.

28 - « XIIIe Congrès mondial de la IVe Internationale » - Quatrième Internationale, n°40-41, avril-juin 1991.

29 - Déclaration de la Coordination nationale de DS, le 21 juillet 2002, publiée dans Em Tempo, n°324, juillet-août 2002 (Inprecor, n°474, septembre 2002).

30 - Folha Online, 29 octobre 2003.

31 - « Rapport sur la question du front unique » - Pierre Lambert - La Vérité, n°30, mai 2002.

32 - « Chronique des événements mondiaux - Brésil : le mouvement ouvrier à la croisée des chemins » - La Vérité, n°30, mai 2002.

33 - « Le VIIIe Congrès de la CUT, le premier sous un gouvernement Lula » - Júlio Turra - La Vérité, n°33, août 2003.

34 - « Le morénisme de nos jours » - Manuel Luna - La Vérité, n°30, mai 2002.

35 - « Le Brésil à un carrefour » - Jean-Pierre Raffi - La Vérité, n°32, mars 2003.

36 - « Programme de transition » - Léon Trotsky - septembre 1938.

37 - « C’est l’heure d’un Mouvement pour un Nouveau Parti » - Zé Maria - Opinião Socialista, n°156, 8 août 2003 (Avanti !, n°7, août-septembre 2003).

38 - Sites internet du PSTU et du « Movimento por um novo partido ».

39 - « Note publique aux militants du PT » - Luciana Genro, Babá & João Fontes - 1er septembre 2003 (Avanti !, n°8, octobre 2003).

41 - « La peur triomphe de l’espérance » & « Où en est la réforme agraire ? » - Daniel Bensaïd - Rouge, n°2033, 2 octobre 2003

42 - Rouge, n°2033, 2 octobre 2003.

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