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L’urgence vitale : embauches et salaires

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, l’a annoncé, la troisième dose de vaccin sera obligatoire pour les pompiers et le personnel de santé dès le 30 janvier. Et l’obligation vaccinale se précise pour tous : « Se poser la question d’un passe sanitaire pour aller travailler est une question légitime », a déclaré le ministre. Et Castex d’en rajouter en décidant de transformer le « passe sanitaire » en « passe vaccinal ».

Le saccage de la santé…

Le gouvernement ne manque pas d’énergie pour appliquer des mesures autoritaires, mais reste muet sur les salaires, les embauches et les fermetures de lits. Et pour cause, il continue imperturbablement à organiser la dégradation du service public de la santé : d’après la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), ce ne sont pas moins de 27 000 lits qui ont disparu depuis 2013, dont 5 800 en 2020, en pleine pandémie ! En raison du manque de personnel, les lits restants ne peuvent pas être tous opérationnels : selon le professeur Delfraissy, jusqu’à 20 % d’entre eux seraient fermés pour cause de sous-effectif. Pour tenter tant bien que mal de faire face à la cinquième vague du Covid, les ARS (agences régionales de santé) et les directions hospitalières usent d’expédients dérisoires : les « plans blancs » sont en passe de se généraliser à tout le territoire, entraînant surcharge de travail pour les soignants et report des opérations prétendument non urgentes pour les malades ; à l’AP-HP (Hôpitaux de Paris), et plutôt que d’embaucher, la direction demande aux agents de renoncer à leurs congés de fin d’année, leur proposant en échange des primes pouvant aller jusqu’à 2 000 euros.

… et les attaques contre tous les travailleurs

La situation dramatique dans la santé est la parfaite illustration de notre sort à tous et à toutes : la loi du profit s’applique partout et le monde du travail tout entier subit le manque d’effectif et les salaires de plus en plus insuffisants.

Malgré le ralentissement économique dû à la pandémie, on compte en 2020 540 000 accidents du travail, dont 550 mortels, des chiffres restés pratiquement stables par rapport à l’année précédente. Deux morts par journée travaillée ! En cause, l’intensification des cadences et la dégradation des conditions de travail dus à l’insuffisance de personnel.

Quant à nos revenus, le gouvernement est bien décidé à continuer de les faire baisser et montre l’exemple au patronat : en plein redémarrage de l’inflation, gel du point d’indice pour les fonctionnaires, pas de « coup de pouce » au Smic et une augmentation des retraites largement inférieure à l’indice officiel de la hausse des prix, pourtant sous-évalué. En guise de consolation, on nous octroierait une misérable aumône de cent euros.

Pour un mouvement d’ensemble

Heureusement, des réactions se font jour. Les sages-femmes ont obtenu une revalorisation conséquente de leur salaire après plus d’un an de manifestations et de journées de grève ; les travailleurs du social oubliés du Ségur descendent dans la rue pour réclamer des augmentations ; les cheminots ont entamé des mouvements de grève pour les salaires, encore dispersés mais qui pourraient rapidement « coaguler » ; les travailleurs et travailleuses d’Auchan étaient en grève le 18 décembre, là aussi pour réclamer des augmentations ; le groupe de la chimie Arkema est paralysé depuis dix jours par une grève pour les salaires qui touche toutes les usines ; ce sont quelques exemples parmi d’autres.

Même à l’approche des fêtes, les travailleurs ne seront pas les dindons de la farce et nous ne nous laisserons pas plumer. Par nos réactions et nos grèves, nous avons les moyens de faire reculer patrons et ministres, les moyens de bloquer la source des profits. Un mouvement d’ensemble pourra et devra arracher des embauches massives dans tous les secteurs, une augmentation générale d’au moins 400 euros et pas un salaire, allocation ou pension en dessous de 1 800 euros.

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