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Archives > Autres archives > Tribunes de la fraction dans l’hebdomadaire « Lutte Ouvrière » > 1999 > octobre > 8

L’enjeu du 16 octobre

8 octobre 1999

Les Verts ont donc décidé finalement de participer à la manifestation nationale du 16 octobre prochain. D’autres parmi les tenants ou les soutiens, ouverts, discrets ou déguisés, du gouvernement de la gauche plurielle pourraient suivre, syndicats, associations, voire une partie du Parti Socialiste lui-même.

Ce dernier épisode (au moment où nous écrivons) dans la préparation du 16 octobre est évidemment un succès pour Robert Hue. Car parmi les diverses raisons qui ont amené la direction du PCF a lancé cette manifestation il y avait la volonté de reprendre la main sur les Verts qui, durant tout l’été, avaient eux-mêmes pris la place du PCF en tant que fraction se voulant - dans des limites bien précises - la plus turbulente et la plus critique de la gauche plurielle.

Depuis la fête de L’Humanité, et l’appel de Hue à interpeller le gouvernement en manifestant « contre le chômage et pour le plein emploi », le PCF peut à nouveau se targuer d’être l’enfant terrible (mais au fond si gentil et si obéissant) de cette gauche plurielle. Son principal concurrent pour ce rôle, après avoir un peu boudé dans son coin, n’a eu d’autre solution finalement que de lui emboîter le pas.

Et il n’y a pas que la satisfaction d’avoir marqué un point sur le concurrent. Les Verts tombent à point, si l’on peut dire, pour justifier la politique du PCF, ses ambiguïtés et ses prétentions. Prétentions à marier l’eau et le feu, le soutien au gouvernement qui piétine les intérêts des travailleurs, et la défense de ces derniers ; à appeler les « citoyens » à faire pression sur ce gouvernement aux décisions desquelles le PCF participe et dont il est solidaire. A ceux qui pouvaient s’inquiéter de voir le PCF jouer avec le feu en s’associant à LO et la LCR, la présence des Verts, après celle du MDC, peut-être d’autres encore dans les jours qui viennent (il ne manquera bientôt plus que les Radicaux de gauche parmi tous les satellites du PS), vient rappeler à bon escient que Robert Hue entend bien que son parti garde sa place parmi les pompiers de la gauche plurielle. Mais qui a pu sérieusement croire qu’interpeller le gouvernement pouvait signifier s’opposer à lui ?

Cette présence des Verts, pas plus qu’une présence encore plus large d’autres secteurs de la gauche plurielle, encore possible, ne change évidemment rien à la nécessité pour l’extrême gauche de participer et d’appeler à la manifestation. Elle ne fait que souligner la nécessité de le faire sur les bases qui sont les siennes (et la nécessité d’éviter de cautionner ou masquer la politique de Robert Hue, même involontairement, par des appels dont l’ambiguïté vise justement à servir cette politique, comme celui signé en commun la semaine passée par les organisateurs de la manifestation, dont le PCF, LO et la LCR).

L’immense majorité de ceux qui participeront au 16 octobre, y compris et d’abord les militants et sympathisants du PCF, le fera pour dire sa colère devant un chômage dont sont responsables les patrons bien sûr, mais tout autant le gouvernement. Reste à savoir comment, par qui et au profit de qui ces sentiments seront finalement utilisés et canalisés.

A profit du gouvernement (et donc en dernière analyse des patrons) ? Grâce aux bons soins de partis de la gauche plurielle, et en premier lieu le PCF, déjà décidés par exemple à abandonner le combat contre la loi Aubry - qui résume à elle seule la politique anti-ouvrière de Jospin - en se limitant en la circonstance à présenter des amendements à l’Assemblée nationale, pour finalement la voter ou au mieux s’abstenir ?

Ou pour aider à franchir une première étape dans la nécessaire mobilisation vers un mouvement d’ensemble et la grève générale ?

Mais pour cela il faut que ces sentiments de colère contre le patronat et le gouvernement trouvent des objectifs, un programme. Des objectifs et un programme qui ne peuvent venir que du côté de l’opposition sans ambiguïté au gouvernement de la gauche plurielle, de LO et la LCR. Des objectifs et un programme qu’il est vital de voir exprimés le plus largement possible et le plus fortement possible dans cette manifestation.

  • Interdiction des licenciements
  • Contrôle de la population sur les comptes publics comme ceux des entreprises
  • Non à la loi Aubry ! Les 35 heures avec embauches correspondantes, sans flexibilité ni perte de salaire.
  • Imposer au gouvernement et aux patrons le Plan d’urgence

Le 16 octobre, il faut faire en sorte que les cortèges LO-LCR soient le plus nombreux possible. Mais surtout il faut manifester derrière les banderoles, pancartes et slogans, où qu’ils puissent être dans le cortège, qui reprennent ces objectifs et ce programme.

J. M.

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