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Municipales à Lyon : derrière la peinture verte

14 juillet 2020 Article Politique

À Lyon, comme dans d’autres villes, les écologistes, avec Grégory Doucet, ont emporté la mairie, à la tête de listes « union de la gauche ». Ils ont également gagné la majorité à la métropole, maintenant dirigée par Bruno Bernard. Comme ceux de Bordeaux, de Strasbourg ou de Besançon, ils sont l’écume de cette « vague verte » qui aiguise bien des appétits pour les prochaines échéances, notamment les présidentielles de 2022.

Plutôt vaguelette que tsunami, surtout quand on voit les chiffres de l’abstention [1] et leur répartition entre les quartiers populaires et plus favorisés. Dans le sud du 7e arrondissement, l’abstention avoisine les 70 %, à la Duchère ou dans le 8e, elle dépasse les 75 % voire les 80 % ! Cette abstention se prolonge dans les banlieues populaires : 75 % à Vénissieux, Saint-Fons ou Vaulx-en-Velin, aux municipales de ces villes-là comme aux métropolitaines. En revanche, dans les 6e et 2e arrondissements, les quartiers bourgeois historiques, l’abstention tourne autour de 55 % voire moins. Idem sur le très « branché » plateau de la Croix-Rousse. En d’autres termes, ce sont plutôt les petits et moyens bourgeois lyonnais qui ont choisi, en leur sein, la nouvelle équipe de l’Hôtel de ville.

Tempête dans un vert d’eau

Et ils ont poussé vers la sortie le vieux Gérard Collomb, ex-Parti socialiste (PS), ex-La République en Marche (LREM), 19 ans après avoir posé ses valises à la mairie de Lyon. Sa défaite tient en partie aux divisions au sein de LREM, deux listes qui en émanaient s’étant maintenues au second tour – l’une officielle, soutenue par Collomb et ralliée à la droite après le premier tour, et l’autre dissidente. À elles deux, elles pesaient respectivement 27 % [2] au premier tour des municipales – faisant jeu égal avec les écolos – et 33 % [3] à celui des métropolitaines – les dépassant de plus de 10 points.

Collomb s’est emmêlé les pinceaux et est donc parti, laissant la place aux Verts. Mais pour la rupture, on repassera. Car les Verts sont de toutes les majorités « collombiennes » depuis 2001. Dans la nouvelle majorité municipale, on retrouve d’ailleurs… le PS avec des anciens de l’époque Collomb – comme Sandrine Runel, tête de la liste Gauche unie (PS, PCF) à ces municipales et adjointe aux solidarités et à l’inclusion sociale [4].

Du social ? Point trop n’en faut

Les Verts parlent de planter des arbres, de l’herbe dans les écoles, d’ouvrir des parcs. Tant mieux ! Espérons que tout le monde en profite et pas seulement les quartiers huppés.

Mais sur d’autres plans, on pourrait bien vite voir les effets de la politique « verte ». La trêve hivernale qui empêche les expulsions de locataires, s’est arrêtée le 10 juillet. Face à des militants pour le logement qui sont venus les confronter le soir même de leur victoire, exigeant une extension de cette trêve jusqu’à mars 2021 à l’échelle de la métropole, Bruno Bernard et Grégory Doucet ont bredouillé et finalement botté en touche [5]. Il faut dire que le programme des écolos sur le logement ne se démarque pas par son audace : l’encadrement des loyers – qui ne pourra jamais que « ralentir la hausse des loyers » [6] et sûrement pas les faire baisser –, l’encouragement des colocations ou du « logement contre service » pour les étudiants [7] et la mobilisation temporaire des espaces publics pour l’hébergement d’urgence. Pas question donc, de toucher aux quelque 24 000 logements vacants que compte Lyon et dont la réquisition permettrait de résoudre une bonne partie du problème [8]. Sur le logement comme sur les autres questions [9], méfions-nous des nouveaux venus qui promettent la lune mais qui se montrent toujours respectueux de la propriété privée et de l’ordre social.

Bastien Thomas


[6La formule est dans le programme des écolos pour les élections.

[7Dans le logement contre service, un propriétaire, par exemple une personne âgée, héberge quelqu’un en échange de services à la personne. Pas le meilleur moyen de réussir ses études.

[9On peut aussi citer la police où les manifestations contre les violences policières et le racisme n’ont pas empêché les écolos de promettre… plus de présence policière sur le territoire et de nouveaux recrutements dans la police municipale.

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