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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 106, juin-juillet-août 2016 > Cheminots : quatre mois de lutte malgré tous les obstacles

Gare de Toulouse : l’art de la division

À Toulouse, les responsables de la CGT-cheminots ont tenu lors de cette grève à maintenir une tradition toulousaine : les AG par « établissement », c’est-à-dire par service ou métier : les contrôleurs à l’établissement commercial trains, les conducteurs à l’établissement traction, les aiguilleurs, les réparateurs du matériel, des voies… à chacun sa mini assemblée si peu générale. Parce que, camarade, « on peut mieux se parler en étant moins nombreux ». Sauf, simple exemple, que les contrôleurs se réunissent dans le hall d’entrée exigu, traversé régulièrement par des cadres non-grévistes, où on ne s’entend guère parler. Sans parler du filet de voix du responsable CGT. Du coup, beaucoup de grévistes sortent pour papoter et fumer dehors.

Le tout atteint le ridicule quand ces petites assemblées se résument à des petits cercles distants de quelques mètres : la maintenance des voies d’un côté, à 20 mètres de là les aiguilleurs et quelques autres. De quoi « avoir les boules » comme disent certains.

Presque toutes ces mini-AG, entre soi, donc en principe sans secrets, se concluent par des votes de reconduction à bulletins… secrets.

Refusant cette dispersion, Sud et FO ont appelé quant à eux à une AG inter-services, mais, « dans un souci d’unité », après les AG de secteurs. D’accord pour participer à l’inter-services, a dit la CGT… à condition qu’on n’y vote pas la reconduction, mais uniquement sur le « comité des fêtes », c’est-à-dire les actions à proposer aux grévistes.

Concrètement, au fil des semaines, certains ne savaient pas où se tenait l’AG de leur service (ni même s’il y en avait une !). L’un d’eux a ainsi découvert vendredi 10 juin que son AG avait voté la reprise du travail… à cinq contre quatre, alors qu’il pensait qu’elle ne se réunissait même plus.

Plus la grève avançait, plus les AG d’établissement commençaient avec retard et s’allongeaient, retardant toujours plus l’AG inter-services, laquelle ne s’est même pas tenue le lundi 13 juin. Il est vrai que ce jour-là ses partisans étaient démoralisés par les discours des responsables CGT, annonçant la reprise pour le 15.

Correspondant

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