Contre la vie chère, il faut une augmentation de nos salaires, contre le chômage, il faut interdire les licenciements
18 décembre 2006 Éditorial des bulletins L’Étincelle
La conférence pour l’emploi et les revenus qui se tenait jeudi 14 décembre à Paris, a fait pschitt, comme il fallait s’y attendre. Villepin, qui avait convoqué les syndicats salariés et patronaux, n’a rien annoncé qui puisse améliorer notre sort. Même la rumeur sur l’avancement du relèvement du Smic était fausse, puisque Villepin a juste nommé un comité d’experts pour donner leur avis sur le niveau de ce relèvement !
Il a également souhaité - un vœu pieux n’a jamais coûté un sou - que les femmes à temps partiel qui souhaitent passer à temps plein puissent le faire. Quant au pouvoir d’achat, il a promis de créer un indice du coût de la vie qui prenne mieux en compte les dépenses des ménages. Une façon d’admettre que l’indice actuel ne reflète pas la réalité quotidienne, ce que l’on savait déjà, merci ! Enfin, il a annoncé la création d’une garantie des loyers, en faveur des... propriétaires.
Rien d’étonnant à ce que la seule à se réjouir à l’issue de la réunion ait été la patronne des patrons, Laurence Parisot, qui a trouvé cette journée « positive ». Ben voyons ! Aucune mesure qui risquerait de leur coûter le moindre centime d’euro n’a été annoncée.
Quant aux syndicats de salariés, ils ont affiché leur déception à l’issue de cette rencontre, en se plaignant d’y avoir joué les figurants. Comme s’ils ne savaient pas qu’en y participant à quelques mois des élections, ils cautionnaient une réunion juste prévue pour amuser la galerie !
La seule utilité de cette rencontre a été la publicité donnée à un rapport du CERC (Centre d’études sur les revenus et les coûts), qui constate, chiffres à l’appui, que la vie est devenue de plus en plus difficile pour les salariés de ce pays.
Il pointe du doigt l’aggravation de la précarité du travail : les jeunes, les femmes, les salariés les moins qualifiés sont les plus touchés subissant des contrats courts, en alternance avec des périodes de chômage. Près de 30 % des jeunes ont connu une période sans emploi dans l’année. Le temps partiel s’étend : 13,7 % des emplois en 1993, 29 % aujourd’hui. La baisse du salaire que cela entraîne concerne 40 % des salariés. Et la France se smicardise, puisque près de 20 % des travailleurs sont actuellement payés au Smic.
Pas de doute : il nous manque de plus en plus sur notre fiche de paie pour faire face aux flambées de prix de ces derniers mois : gaz, essence, loyers.
A quelques mois des élections, la droite essaie de se donner une image un peu sociale : Villepin avec sa conférence sur l’emploi et Sarkozy avec son « travailler plus pour gagner plus ». Comme si c’étaient les salariés qui choisissaient librement leur temps de travail ! Comme si ce n’étaient pas les entreprises qui empêchaient les salariés de travailler tout court, en multipliant les plans de licenciements : 10 000 suppressions d’emplois annoncées par Peugeot, entraînant des milliers de licenciements parmi les sous-traitants, 22 000 suppressions de postes prévues par France Télécom d’ici 2008, entraînant aussitôt une hausse de 2,8 % de son titre en Bourse. Pour ne parler que des exemples les plus marquants, car chaque semaine apporte son lot d’annonces de licenciements associés à des profits record.
Pour changer les choses et améliorer notre sort, nous ne pouvons pas nous reposer sur les politiciens. Ceux de droite bien sûr, qui s’attaquent sans relâche depuis qu’ils sont aux affaires à nos conditions de vie et de salaire et qui rêvent de détricoter complètement le code du travail. Mais on ne voit pas non plus la gauche faire des propositions en vue d’augmenter nos salaires et d’arrêter les licenciements. Ségolène Royal se contente de parler de vie chère... mais ne dit rien de la nécessaire augmentation de nos salaires, qu’il faudrait imposer aux patrons.
Il faudra bien pourtant obliger grandes entreprises et actionnaires à utiliser leurs énormes profits à garantir les emplois de tous et notre niveau de vie.
Mais cela, ce serait vraiment croire au père Noël que de penser que les politiciens de droite comme de gauche pourraient le faire à notre place !

