Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 125, mars-avril 2019 > Venezuela

Venezuela

Chávez, un adversaire des luttes ouvrières

Mis en ligne le 29 mars 2019 Convergences Monde

Le gouvernement de Chávez a réprimé de nombreuses grèves et fait la chasse aux militants syndicaux les plus combatifs.

Après 2002, une nouvelle centrale syndicale, en opposition à la bureaucratie syndicale de la CTV, se constitue l’UNT (Union nationale des travailleurs). Les chavistes comptaient bien contrôler cette nouvelle centrale et s’en servir comme d’un relais dans la classe ouvrière. Sauf que dans l’UNT, les militants trotskistes qui animaient le courant C-CURA (courant classiste unitaire révolutionnaire et autonome) avaient une audience certaine, et les chavistes craignaient de se retrouver en minorité dans l’UNT. Ils utiliseront toutes les manœuvres possibles pour les écarter (comme celle de tenir un congrès de l’UNT dans une caserne de l’armée), en n’hésitant pas à s’allier avec des bureaucrates syndicaux qui sentaient le vent tourner et qui avaient quitté la CTV pour rejoindre l’UNT.

Fin 2007, la direction de l’entreprise pétrolière PDVSA licenciait Orlando Chirino, un des principaux animateurs du courant syndical C-CURA. Un licenciement qui a été jugé illégal depuis mais sa réintégration n’a jamais été appliquée. Huit militants de C-CURA ont été assassinés, très probablement par des hommes de main des bureaucrates syndicaux, notamment dans l’État d’Aragua en 2008. Si Chávez avait promis que toute la lumière serait faite sur ces crimes, il n’en a rien été. En fin de compte, les chavistes ont fini par fonder leur propre centrale syndicale, la CBST (Centrale bolivarienne socialiste des travailleurs), en 2011.

En 2008, une longue lutte marque l’actualité, celle de l’usine Sidor, la plus grande usine sidérurgique du Venezuela qui employait alors 15 000 salariés dans l’État de Bolivar, dont une majorité avec un statut précaire. Cette entreprise avait été privatisée dans les années 1990, et les travailleurs se battaient pour des hausses de salaires, pour l’application de la convention collective à tous les salariés, ainsi que pour la renationalisation de l’entreprise. La première réponse fut l’envoi de la Garde nationale en mars 2008, le ministre du travail avait même qualifié la grève de « putschiste » mais cela n’arrêta pas la lutte. Au bout de trois mois de conflit, le gouvernement répondit à certaines demandes : Chávez se mettait en scène comme venant en aide aux travailleurs, licenciait le ministre du travail et renationalisait Sidor. Mais loin d’avoir été sauvés par Chávez, les travailleurs de Sidor ont dû à plusieurs reprises se remettre en grève depuis, en particulier pour faire face à des réductions d’effectifs importantes.

En janvier 2009, une intervention policière contre une occupation de l’usine Mitsubishi (à Barcelona) fit deux victimes parmi les grévistes.

En mars 2009, face à une possible grève du métro de Caracas, Chávez déclarait : « Je fais un appel aux travailleurs car il y a encore des vices du passé, du syndicalisme irresponsable. Ceux du métro de Caracas ont parlé d’arrêter le métro, je leur ai dit : s’ils arrêtent le métro, je le militarise, je n’accepterai pas qu’ils l’arrêtent. ».

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article